
Du 24 avril au 6 mai 2022, le gang armé des 400 Mawozo a attaqué la base de Chen Mechan dans son fief, à la Croix-des-Missions. Au cours d’affrontements violents qui s’en sont suivis, 191 personnes ont été assassinées soit 107 hommes, 76 femmes, 6 filles et 2 garçons. Au moins 18 femmes ont été violées note le RNDH.
Dans un long rapport de 33 pages rendu public ce lundi 27 Juin 2022, le Réseau National de Défense des Droits Humains s’insurge contre le fait que dès le premier jour de l’attaque soit le 24 avril 2022, du matériel ainsi que des équipements policiers dont au moins un (1) blindé affecté à l’Unité Départementale pour le Maintien de l’Ordre (UDMO), aient été utilisés par les membres du G-9 an Fanmi e Alye pour venir en aide à la base des Chen Mechan qui faiblissait. Chen mechan étant allié à la coalition armée. Or, selon l’organisme, il a fallu attendre cinq (5) jours avant que l’institution policière ne décide de patrouiller dans la zone.
Pour le RNDDH, il est clair que les équipements et matériels affectés à l’UDMO ont été acquis par les autorités étatiques au bénéfice du G-9 an Fanmi e Alye. Le RNDDH en veut pour preuve le fait que ces matériels soient toujours utilisés lors des luttes entre gangs armés, non pas pour venir en aide à la population civile et la protéger, mais pour prendre fait et cause pour les bandits membres du G-9 an Fanmi e Alye. Les responsable du RNDDH rappelle que des blindés affectés à l’UDMO
ont été utilisés à maintes reprises dans de nombreux autres massacres enregistrés dans le pays, depuis 2018.
Dans le cadre du Carnage de la Plaine du
Cul-de-Sac, le RNDDH juge clairement que, l’institution policière a opté pour une posture non-interventionniste, en dépit des nombreux appels en détresse qui ont été lancés par la population aux abois. Pour le réseau, attendre cinq (5) jours avant d’intervenir sur le terrain, c’est tout simplement choisir délibérément de livrer la population à la fureur des gangs.
Deux (2) mois après le Carnage, le RNDDH déplore le fait que les autorités judiciaires, pataugent dans des poursuites qui ne sont pas encore vraisemblablement engagées. Pourtant, la chasse aux sorcières continue avec les membres de la base des Chen Mechan qui, sous prétexte que des membres de la population fournissent des informations au gang des 400 Mawozo, assassinent des jeunes.
Par ailleurs, le RNDDH ne comprend pas que dans ce contexte de terreur où des membres de la population sont assassinés chaque jour, des journalistes ainsi que d’autres personnalités publiques mènent campagne pour des bandits armés dans une tentative échouée d’avance de les présenter comme des citoyens paisibles ou comme des groupes armés défendant une vision.
Pour le RNDDH, les gangs armés qui sèment le deuil dans les familles depuis tellement longtemps, constituent de véritables associations de malfaiteurs, qui comptent en leur sein des criminels qui veulent contrôler des zones stratégiques pour préserver leurs intérêts politiques, économiques, électoralistes et financiers, tout en permettant à leurs proches au pouvoir, de s’y maintenir.


