Kristi Noem revendique plus de 10 000 arrestations à Minneapolis dans le cadre de l’offensive migratoire de l’administration Trump

Darbouze Figaro

La secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, affirme que plus de 10 000 personnes en situation irrégulière ayant un casier judiciaire ont été arrêtées à Minneapolis dans le cadre du durcissement de la politique migratoire menée par l’administration du président Donald Trump.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, Noem a justifié cette opération par des impératifs de sécurité publique, accusant les autorités locales démocrates de laxisme. Elle a décrit les personnes ciblées comme des « immigrants clandestins criminels », estimant que le gouverneur du Minnesota Tim Walz et le maire Jacob Frey « refusent de protéger leur propre population et choisissent de protéger des criminels ».

Des chiffres martelés par le DHS

Kristi Noem a également précisé qu’au cours des six dernières semaines, environ 3 000 arrestations supplémentaires avaient été effectuées par les forces fédérales. « Au cours des six dernières semaines, nos courageux agents des forces de l’ordre du DHS ont arrêté 3 000 immigrants clandestins criminels, y compris des meurtriers, des violeurs, des pédophiles et des individus extrêmement dangereux », a-t-elle écrit, qualifiant cette opération de « victoire énorme pour la sécurité publique ».

Ces déclarations interviennent dans un climat de fortes tensions à Minneapolis, où la présence massive d’agents fédéraux de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) est au cœur des débats depuis plusieurs jours, notamment après la fusillade mortelle d’un agent, Renee Good, qui a déclenché une vague de manifestations.

Pression accrue sur les agents de l’ICE

Selon une enquête du Wall Street Journal, les agents de l’ICE seraient soumis à une pression intense pour atteindre des objectifs chiffrés élevés. Le quotidien rapporte que l’agence se serait fixé un quota national de 3 000 arrestations par jour, assorti de récompenses pour les agents procédant aux interpellations, même lorsque les personnes arrêtées sont ensuite relâchées.

Toujours selon le journal, les agents patrouillent à pied et en véhicule dans plusieurs quartiers de Minneapolis à la recherche de personnes à interpeller. Cette stratégie expliquerait l’augmentation des confrontations avec les habitants, plus marquée que dans d’autres villes où l’ICE est déployée.

Renforts fédéraux et militaires envisagés

La situation pourrait encore s’intensifier. D’après NBC News, le FBI a demandé à des agents de ses bureaux régionaux à travers le pays de se rendre temporairement à Minneapolis. Cette mobilisation se ferait sur la base du volontariat, selon des sources citées par la chaîne.

Par ailleurs, CBS News rapporte qu’environ 1 500 soldats d’active stationnés en Alaska ont été placés en alerte en vue d’un éventuel déploiement. Interrogé à ce sujet, le porte-parole en chef du Pentagone a déclaré que « le Département de la Défense est toujours prêt à exécuter les ordres du commandant en chef s’il en reçoit l’instruction ».

Trump brandit la menace de la loi sur l’insurrection

Le président Donald Trump a, de son côté, durci le ton. Il a menacé d’invoquer la loi sur l’insurrection (Insurrection Act), qui permet le déploiement de troupes fédérales sur le sol américain, si les autorités locales « ne respectent pas la loi et n’arrêtent pas les agitateurs professionnels et les insurgés qui attaquent les patriotes de l’ICE, lesquels ne font que leur travail ».

Malgré cette rhétorique, le département de police de Minneapolis a indiqué samedi que les manifestants présents lors d’une récente mobilisation avaient protesté de manière pacifique, malgré la présence d’agents fédéraux.

Un débat national relancé

Les déclarations de Kristi Noem et l’ampleur de l’opération à Minneapolis ravivent le débat national sur les méthodes de l’ICE, l’usage de quotas d’arrestations et le recours potentiel à l’armée pour des missions de maintien de l’ordre intérieur.

Pour les défenseurs des droits civiques et des immigrés, ces mesures illustrent une escalade dangereuse. Pour l’administration Trump, il s’agit au contraire d’une démonstration de fermeté visant à restaurer l’ordre et à répondre aux inquiétudes sécuritaires d’une partie de l’opinion publique.

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