Donald Trump étend l’interdiction de voyage à sept nouveaux pays, dont la Syrie

Emmanuel Paul
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Le président des États-Unis, Donald Trump, a signé mardi une nouvelle proclamation élargissant significativement la liste des pays soumis à une interdiction totale d’entrée sur le territoire américain.

Sept États supplémentaires sont désormais concernés, parmi lesquels figure la Syrie, ainsi que plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, selon une annonce officielle de la Maison-Blanche.

Dans un communiqué, le gouvernement américain précise que cette décision vise à « renforcer et étendre les restrictions d’entrée visant les ressortissants de pays présentant des défaillances persistantes et graves en matière de contrôle, de vérification et de partage d’informations », dans le but de protéger la sécurité nationale et la sûreté publique des États-Unis.

Sept pays désormais frappés par une interdiction totale

La nouvelle mesure interdit l’entrée aux États-Unis aux ressortissants du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Soudan du Sud et de la Syrie. Elle s’applique également aux personnes voyageant avec des documents délivrés par l’Autorité palestinienne.
Par ailleurs, le Laos et la Sierra Leone, jusque-là soumis à des restrictions partielles, sont désormais placés sous le régime d’une interdiction complète.

La Maison-Blanche a indiqué que ces nouvelles dispositions entreront en vigueur le 1er janvier, sans préciser si des exemptions humanitaires ou diplomatiques seront prévues dans certains cas spécifiques.

Le cas syrien au cœur des contradictions diplomatiques

L’inclusion de la Syrie dans cette liste intervient dans un contexte diplomatique particulièrement complexe. Ces derniers mois, Donald Trump avait pourtant affiché sa volonté de soutenir la reconstruction et la stabilisation du pays, à la suite de discussions inédites en novembre avec le président syrien Ahmed al-Sharaa.

Ancien chef rebelle et ex-commandant affilié à Al-Qaïda, Ahmed al-Sharaa avait longtemps figuré sur les listes de sanctions américaines avant de revenir sur le devant de la scène internationale. Après la chute de l’ancien président Bachar al-Assad, il a multiplié les déplacements à l’étranger afin de se présenter comme un dirigeant modéré, désireux de réunifier un pays ravagé par des années de guerre civile et de rompre avec son isolement diplomatique.

Cependant, la position de Washington s’est durcie après une attaque meurtrière survenue récemment en Syrie. Selon l’armée américaine, deux soldats de l’armée de terre des États-Unis ainsi qu’un interprète civil ont été tués lors d’une embuscade attribuée à un assaillant présumé de l’organisation État islamique, visant un convoi conjoint de forces américaines et syriennes. L’assaillant aurait été abattu sur place.

Dans une publication sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a promis une « riposte très sérieuse », qualifiant l’attaque de « terrible » lors d’une déclaration à la presse.

Des justifications sécuritaires avancées par la Maison-Blanche

Pour justifier l’interdiction visant la Syrie, la Maison-Blanche a mis en avant des taux élevés de dépassement de visas ainsi que des lacunes structurelles persistantes. Selon le communiqué officiel, le pays « ne dispose pas d’une autorité centrale adéquate pour la délivrance de passeports ou de documents civils » et ne serait pas en mesure d’assurer des procédures de contrôle et de vérification conformes aux standards américains.

Les autorités américaines reconnaissent que la Syrie coopère avec les États-Unis sur certaines questions de sécurité, tout en estimant que les conditions actuelles ne permettent pas de garantir une évaluation fiable des voyageurs.

Un durcissement continu de la politique migratoire

Cette nouvelle extension s’inscrit dans une stratégie migratoire déjà largement renforcée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier. En juin dernier, le président avait déjà signé une proclamation interdisant totalement l’entrée aux ressortissants de douze pays et imposant des restrictions partielles à sept autres, invoquant la menace de « terroristes étrangers » et d’autres risques sécuritaires.

Ces interdictions, qui concernent aussi bien les immigrants que les non-immigrants — touristes, étudiants ou voyageurs d’affaires — demeurent en vigueur, selon la présidence.

Par ailleurs, l’administration Trump a ajouté des restrictions partielles supplémentaires visant quinze autres pays, dont le Nigeria. Ce pays fait l’objet d’une attention particulière de la part du président américain, qui avait évoqué début novembre la possibilité d’une action militaire en raison du traitement réservé aux chrétiens. Les autorités nigérianes contestent ces accusations, estimant qu’elles simplifient à l’excès une situation sécuritaire complexe et ignorent les efforts menés pour garantir la liberté religieuse.

Un climat sécuritaire tendu aux États-Unis

L’escalade des mesures migratoires intervient également dans un contexte intérieur marqué par des violences récentes. Le mois dernier, deux membres de la Garde nationale ont été abattus à Washington. Les enquêteurs ont indiqué que l’attaque avait été perpétrée par un ressortissant afghan entré aux États-Unis en 2021 dans le cadre d’un programme de réinstallation.

Des responsables de l’administration Trump ont affirmé que ce programme souffrait d’un manque de vérifications suffisantes. Quelques jours après la fusillade, le président a déclaré vouloir « suspendre de manière permanente » la migration en provenance de ce qu’il a qualifié de « pays du tiers monde », sans fournir de liste précise ni de définition officielle.

Article rédigé à partir d’informations rapportées par Reuters, notamment par les journalistes Daphne Psaledakis, Jasper Ward et Bhargav Acharya.

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