Evans Lescouflair a été appréhendé au Panama samedi par des agents d’Interpol a appris Zoom Haïti News de sources concordantes. L’information est relayée notamment par Radio Télé Métronome et Haiti Tempo. L’ancien secrétaire d’état au sport faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour des accusations d’abus sexuels et de viols sur mineurs.
Evans Lescouflair reste aux travers de la gorge de Claude Alix Bertrand, ancien capitaine de l’équipe nationale haïtienne de Polo, qui l’accuse de l’avoir violé alors qu’il était mineur.
Les faits se seraient produits à la fin des années 80 lorsque Claude Alix Bertrand fréquentait l’Institution Saint-Louis de Gonzague et Evans Lescouflair officiait comme moniteur des sports.
Claude-Alix Bertrand, âgé aujourd’hui de 48 ans, a révélé qu’il a commencé à subir les abus sexuels d’Evans Lescouflair à l’âge de 11 ans. «Des attouchements sexuels suivis de viols répétés pendant environ 2 ans”, a-t-il dénoncé.
Il a expliqué que son calvaire a commencé, un après-midi, quand à la fin d’une séance d’activité physique, l’ancien ministre des sports lui demande de l’attendre à son bureau, prétextant qu’il n’avait pas été trop « enthousiaste ». En arrivant, il lui demande d’enlever son pantalon et commence à toucher ses parties intimes. Des attouchements sexuels pendant quelques rencontres avant de le pénétrer et le violer sans se préoccuper de ses pleurs et de ses cris.
Le petit Claude Alix Bertrand a dit vivre un cauchemar, car ne trouvant pas les moyens d’alerter ses parents, arguant l’influence de M Lescouflair. Il est tombé malade et est contraint de rester quelque temps éloigné de l’école. Un jour, a-t-il relaté, le professeur s’est même rendu à son domicile pour rencontrer ses parents afin de proposer son aide car ses notes scolaires chutent. De là, Evans Lescouflair a pu mieux assouvir ses besoins sexuels, a témoigné Claude Alix Bertrand, soulignant avoir été meurtri sur le plan psychologique.
Il a souligné que les séquelles des actes de M Lescouflair l’ont poursuivi durant toute sa jeunesse, indiquant avoir fait des cauchemars tout le temps en plus d’avoir considérablement maigri. Il a attendu beaucoup d’années avant d’informer ses parents de ces brutalités et a trouvé le réconfort nécessaire grâce notamment aux soutiens de psychanalystes et psychiatres.
Aujourd’hui, Claude Alix Bertrand dit éprouver une grande tristesse à parler de cette situation. Mais il affirme se sentir soulagé. Il entend ainsi sensibiliser sur les méfaits du viol, un fléau qui ne touche pas que les femmes, a-t-il assuré. Il nourrit aussi le devoir de responsabilité et de protection envers les jeunes, surtout les jeunes garçons et espère que son histoire aidera les enfants et les parents à être plus vigilants.
Claude-Alix Bertrand, actuel représentant d’Haïti à l’UNESCO et propriétaire de Polo Life Style, peut compter sur le soutien des anciens de Saint-Louis de Gonzague, qui s’est dit ‘’consternée par ce témoignage douloureux d’un ancien élève et condamne, avec la plus grande rigueur, toute forme de violence et d’agression perpétrées sur toute personne et notamment sur les enfants’’.
L’ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC), avait réfuté ces accusations, indiquant qu’il faisait face à une machination bien orchestrée.
En 2010, Evans Willio Dor, un ex-employé du Centre d’appui à la jeunesse (CDAJ), dirigé par Lescouflair, avait porté plainte pour viol et pédophilie contre l’ancien ministre des Sports. La plainte a été classée sans suite par le Parquet de Port-au-Prince


