Une place publique au nom de Hugues Saint Pierre aux Gonaïves

CTN News
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L’Alliance gonaïvienne d’Outre Mer (AGO-M), a remis aux autorités municipales, dimanche 26 juin 2022, en présence des membres de la famille de l’ancien président de la Cour d’Appel des Gonaïves, le feu Hugues Saint Pierre, les clefs de la place publique qui porte son nom.


Située à Carrefour Turenne, entre la nationale numéro 1 et Biennac, la Place Hugues Saint-Piere est l’œuvre de la diaspora gonaïvienne à l’étranger regroupée
au sein de l’AGO-M qui a financé à 100% les travaux de réhabilitation réalisés par la firme Xplò Group dont le coût s’élève à 26 000 dollars américains.

La réhabilitation de la place Bouteille et du terrain de Football situé à l’arrière du Commissariat des Gonaïves constitue le nouveau projet pour lequel l’AGO-M a déjà lancé un appel d’offre.


Dirigée par l’ancien journaliste à Signal FM, désormais capitaine à l’armée américaine, Charles Hubert Zamor, originaire des Gonaïves, l’Alliance gonaïvienne d’Outre Mer (AGO-M), comprend également un comité local qui entreprend des activités en vue de rehausser l’image positive de la cité de l’Indépendance.

Cette nouvelle place publique au nom de Hugues Saint-Pierre voit le jour à un moment où la mémoire de ce juriste, également évangéliste et professeur à l’Ecole de Droit et des Sciences économiques des Gonaïves, est jeté aux oubliettes. Réputé pour son intégrité sans faille, Mèt Ti Twàn (pour ses élèves) qui a aussi enseigné au Lycée Fabres Nicolas Geffrard, le plus ancien de l’Artibonite, aurait été tué dans un accident de voiture, à Port-au-Prince.

Alors qu’il a été président à la Cour d’Appel des Gonaïves, le juge devait rendre un arrêt definitif autour de l’instruction du massacre présumé de plusieurs partisans de l’Opposition politique à La Scierie, quartier de Saint-Marc, peu avant la démission et le départ pour l’exil de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide en février 2004.

Des informations ont fait croire que Hugues Saint-Pierre, 75 ans, aurait fait une chute en montant à bord d’un véhicule de transport en commun qui a démarré à la va-vite. Le magistrat a été convoqué à Port-au-Prince, à l’initiative des autorités judiciaires, pour discuter de l’arrêt définitif de l’instruction du « Massacre de la Scierie ». Les autorités compétentes à l’époque ne se sont même pas données la peine d’établir la vérité judiciaire autour des circonstances de la mort du magistrat survenue le 24 avril 2007.

Il faut souligner qu’un procès a été intenté par des parents de victimes contre des officiels de l’ancien régime dont l’ex-premier ministre Yvon Neptune et Amanus Mayette qui a été député à la 47e législature contestée. Des audiences publiques tenues en mai 2006, sous le gouvernement provisoire de Bonniface-Latortue ont abouti à la libération de Jocelerme Privert, ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales.
Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a recensé une cinquantaine de personnes, tuées lors d’une manifestation organisée par l’Opposition à Saint-Marc, deux semaines avant la chute de l’ex-président Lavalas, Jean-Bertrand Aristide.

Hugues Saint-Pierre, de son vivant, a marqué plusieurs générations gonaïviennes, par sa crédibilité, sa valeur, son humilité, sa moralité et son mode de vie simple. En dépit de ses multiples fonctions, le juge n’avait pas de voiture, circulait souvent à bord d’une bicyclette et prenait du transport pour des voyages inter-urbains.

Avec cette place publique réhabilitée au nom de l’ancien magistrat exemplaire Hugues Saint-Pierre, l’Alliance gonaïvienne d’Outre Mer (AGO-M) déclare vouloir perpétuer la mémoire de cet éminent juriste, une façon de faire l’éloge de l’intégrité, de moralité, et crédibilité qui doivent caractériser les juges au niveau du système judiciaire haïtien, qui, 15 ans après, se retouve dans un état de pourrissement des plus spectaculaires en 2022.

 

 

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