Une large coalition d’organisations religieuses et de défense de droits de l’homme écrivent à l’administration de Joe Biden hier (jeudi 15 Septembre 2022) pour lui demander de cesser tout support au premier ministre de facto Ariel Henri. Selon ces organisations, Ariel Henri et le parti Haitien Tet Kale (PHTK) sont responsables de la crise Haïtienne.
La situation en Haïti “s’est détériorée jusqu’à atteindre une “nouvelle normalité” caractérisée par une peur constante des enlèvements et de la violence, une absence quasi totale de responsabilité et une crise humanitaire croissante sur tous les fronts”, indiquent les responsables des organisations dans une lettre envoyée jeudi au président Biden, au secrétaire d’État Antony Blinken et au secrétaire d’État adjoint Brian Nichols, selon le journal Américain the Hill.
Les signataires de la lettre estiment que “cette crise est le résultat direct du règne corrompu et répressif du Pati Ayisyen Tèt Kale (PHTK) et de ses associés au cours de la dernière décennie. Le PHTK a systématiquement démantelé les institutions démocratiques, commis des crimes contre l’humanité, procédé à des arrestations arbitraires et destitué des juges légitimes, ciblé des journalistes, pillé le trésor public, soutenu des gangs et généré une inflation massive.”
Ils ont également plaidé pour une approche non interventionniste en Haiti. Ce qui, selon eux, permettrait à Haiti d’éviter le chaos.
“Il est louable que le gouvernement américain veuille aider la démocratie haïtienne et nous saluons le soutien des États-Unis à une solution véritablement dirigée par les Haïtiens. Cependant, le rôle principal du gouvernement américain est très simple : il doit se retirer et laisser le peuple haïtien reprendre en main son propre gouvernement. Les États-Unis ne doivent pas soutenir un parti ou un secteur particulier, ni exiger que les Haïtiens empruntent une voie particulière vers la démocratie”, ont-ils écrit.
Conduits par Faith In Action International et la Haiti Response Coalition, les responsables de ces organisations regrettent que le gouvernement Américain continue de supporter le régime PHTK en dépit des nombreux actes de corruption et de violations des droits de l’homme commis par le parti de Michel Martelly. ” “En fait, les États-Unis ont effectivement installé l’actuel Premier ministre de facto, le Dr Ariel Henry, en juillet, et ont depuis constamment soutenu son gouvernement, même s’il n’a aucun mandat constitutionnel ou populaire et malgré les preuves croissantes impliquant le PM de facto Henry et d’autres responsables du PHTK dans l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet”, selon un extrait de la lettre dont le journal de Hill a obtenu une copie.
Les représentants des organisations ont également déploré le fait que l’équipe de Joe Biden n’avait pas fait cas de l’accord trouvé par le groupe de Montana. ” “Après des négociations approfondies, des organisations issues de l’ensemble des spectres politiques et sociaux d’Haïti sont parvenues à un accord sur un plan consensuel pour une transition vers la démocratie, et ont commencé à mettre en œuvre ce plan”, ont écrit les groupes rappelant que: ” Les Haïtiens ont demandé à l’administration Biden de cesser de soutenir le gouvernement de facto de M. Henry et, plus généralement, le PHTK. Ils ne demandent pas non plus au gouvernement américain de soutenir un autre parti. Ils veulent simplement que les États-Unis cessent d’interférer et permettent l’émergence d’une solution dirigée par les Haïtiens.”
La démarche des représentants d’organisations est également supportée par des membres du congrès Américain dont le député de Michigan Andy Levin, co-fondamenteur du caucus Haïtien à la chambre des représentants. Le député de New-York Adriano Espaillat s’est lui aussi dit inquiet de la détérioration de la situation en Haiti. “Haïti est peut-être dans son état le plus fragile depuis longtemps”, a déclaré le représentant Adriano Espaillat, selon le journal The Hill.
L’article du journal The Hill peut être lu à travers le lien ci-dessous.


