L’entrée sud de la capitale haïtienne continue de subir la domination des gangs armés qui tuent, kidnappent et détournent des camions de marchandises à longueur de journée. Un an après, cette situation persiste encore sous le regard passif des autorités gouvernementales et policières.
Ce 1er Juin 2022 marque un an depuis que les gangs opérant à Martissant et dans les zones avoisinantes occupent la périphérie sud de la capitale sans être inquiétés. D’ailleurs, aucune nouvelle opération policière n’a été menée pour démanteler les gangsters après celle ratée à Village de Dieu le 12 mars 2021 où six policiers des unités d’élite ont été pris dans un guet-apens s’agissant de Georges Renoit, Ariel Poulard, Wislet Désilus, Lucdor Pierre, Georges Vivender et Stanley Eugène. Ils ont été tués, profanés, mutilés et brûlés.
Ajouté à cela, des affrontements entre gangs rivaux ont été recensés dans les quartiers de Fontamara et de Martissant poussant des milliers de familles à fuir leurs foyers en quête de sécurité. Une partie de ces déplacés a pris refuge au centre sportif de Carrefour.
Les gangs des quartiers de Gran Ravin et Ti Bwa, dirigés respectivement par Ti lapli et Krisla se sont affrontés dans la nuit du 1er juin 2021 pour un contrôle de territoire. Des dizaines de personnes ont été tuées et des maisons incendiées.
Depuis lors, la violence des gangs s’est intensifiée à l’entrée sud de Port-au-Prince. Elle provoque la paralysie des activités scolaires et commerciales dans la troisième circonscription. Ce climat de terreur affecte également les activités dans le grand sud du pays. Des marchandises restent souvent bloqués, car, il est impossible pour les chauffeurs de traverser la route de Martissant à cause de la présence des bandits.
Pour se rendre à leurs activités quotidiennes ou pour rentrer chez eux, certains entrepreneurs évoluant dans le sud obligent de prendre la route de Saint Jude pour éviter la banlieue de Martissant où les gangs tirent sur tout ce qui bouge.
« Cette situation est intenable » a déclaré le porte-parole du regroupement des associations du grand sud Jean Calixte Ferguston qui annonce que toutes les entreprises commerciales dans la région garderont leurs portes fermées ce mercredi 1er juin 2022 en vue de protester contre la situation de terreur qui s’installe à Martissant depuis environ un an.
Le 6 décembre 2021, les gangs avaient envahi le sous-commissariat de Martissant puis y ont mis le feu . Des observateurs estiment que les gangs entendent, par ces actes de barbarie, humilier l’institution policière et assurer leur hégémonie criminelle.
Alors que des entrepreneurs dans le sud se préparent à organiser une grande mobilisation ce mercredi 1er juin contre la flambée de violence qui prévaut au sud de la capitale, les gangsters ont ouvert le feu, ce lundi 30 mai 2022, sur un autobus de la compagnie « Voix des anges » assurant le trajet Port-au-Prince -Cayes. Bilan : un mort et deux blessés.
Un an après l’éclatement des violences à Martissant, des secteurs déplorent le fait qu’aucun signal clair n’ait été envoyé par les autorités pour mettre fin aux actes de violences. Ils questionnent également les raisons pour lesquelles les gangs exercent leurs forfaits contre une population paisible et sans défense.
Pour tenter d’apporter une réponse appropriée, l’ancien président défunt, Jovenel Moïse avait, en mars 2021, réactivé la commission nationale de désarmement , de démantèlement et de réinsertion (CNDDR) en vue de faciliter le rétablissement de la paix et la sécurité dans les quartiers chauds.
Cette commission était constituée de Lucien Jean Chenet, Edwine Florexil, Jean Rebel Dorcenat, Jude Jean Pierre , Frantz Toyo, Abler Roudy Lalane, Greatz Marie Lydie Sironel Charles , Innocent Joseph et Rodiny Jean Baptiste.
Pour plus d’un, cette commission n’a pas fait long feu.


