Manifestation aux Cayes: Un journaliste agressé et au moins 5 blessés par balles

CTN News
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Plusieurs centaines de personnes étaient descendues ce lundi 17 octobre 2022 dans les rues de la ville des Cayes. Ces citoyens ont manifesté à l’occasion de la commémoration de l’anniversaire de l’assassinat du père fondateur de la nation, Jean Jacques Dessalines. Visiblement décidée à contrecarrer les Cayens qui organisent sans arrêt des mobilisations anti-gouvernementales, la police nationale était sur pied de guerre.

Durant cette manifestation contre l’équipe au pouvoir, des agents de l’ordre ont fait usage de balles réelles et de gaz lacrymogènes à outrance. Ils ont du coup blessé plusieurs personnes dont Jameson Agenor, Leonord Titi, Jeannot Joissaint qui ont été conduits à l’hôpital afin de recevoir des soins appropriés.

Des journalistes ont également été la cible des policiers qui ont gazé des travailleurs de la presse, dédiés à la couverture de cette manifestation. Le journaliste Jacklin François a été agressé une nouvelle fois par au moins un policier qui lui a menacé avant d’essayer d’en venir aux mains avec lui, selon les informations recueillies par notre correspondant aux Cayes, John Philosca.

Les protestataires exigeaient de meilleures conditions de vie, le déblocage de Martissant occupé par les gangs, le retrait de la mesure sur l’augmentation du prix du carburant, la démission du premier ministre de facto Ariel Henry et son gouvernement qui se sont révélés, jusque là, des plus incapables et cyniques.
Cette nouvelle manifestation n’a pourtant pas pu atteindre sa destination finale, tant les policiers étaient déterminés à disperser la foule. Ce qui fait rejaillir sur le tapis l’incapacité criante des forces de l’ordre à tenir tête face aux bandits qui terrorisent la population. En effet, le terminal Varreux, stockant le Carburant demeure encore sous le contrôle de gangs armés, pendant que les quelques tentatives de reprise de contrôle des lieux par les forces de l’ordre sont soldées par des échecs.

Il convient de noter que les manifestants se font accompagner la plupart du temps de pancartes, lançant des slogans qui traduisent leur calvaire. Ce qui, pour certains, n’est pas proportionnelle aux forces de frappe des policiers. Ces derniers, en revanche, laissent les gangs armés régner en maître et seigneur dans le pays.

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