Le rang des victimes des mouvements de protestation dans le Sud-Est d’Haïti continue de grossir. Diego Jean Charles (alias Jacky) et Sony Jacques sont les deux jeunes garçons tués à Jacmel, en marge des mouvements de protestation antigouvernementale, selon plusieurs témoignages recueillis par notre correspondante Marie Vesta Desameaux, Jeudi 22 septembre 2022.
Alors que l’opération Lock (bloquage des routes et des principales activités socioéconomiques par des barricades), se diminue dans la Capitale, certaines villes de province comme Jacmel, tiennent encore allumé le flambeau de la mobilisation contre le gouvernement d’Ariel Henry. Les banques, les principales entreprises commerciales du centreville sont restées fermées et la circulation paralysée.
Deux jeunes tués à Jacmel chez eux
Sonny Jacques a rendu l’âme ce 22 septembre 2022 après que des agents du Service départemental de la Police judiciaire (SDPJ), tentant de rétablir l’ordre, ont fait feu de tout bois dans la localité de Zoranje la veille, atteignant ainsi la victime au niveau de l’abdomen. Conduit à l’hôpital, le jeune homme qui était simplement chez lui au moment des tirs, n’a pas survécu à ses blessures, racontent des proches.
Diego Jean Charles (Jacky), autant que la première victime, était chez lui, quand il a été tué le 20 septembre dernier, selon des informations parvenues à la Rédaction de ZoomHaïtiNews. Des agents de la PNH ont fait usage abusif de gaz lacrymogènes qui ont causé les difficultés respiratoires du jeune garçon jusqu’à sa mort, ont expliqué ses parents.
Arrivé à ce stade, il convient de mentionner que plus il y a de victimes tant dans le rang des manifestants que celui des citoyens chez eux, plus la ville reste bloquée, et encore plus sous tension, sans compter le fait que la crise politique et économique demeure aggravée.
Il faut dire que les manifestations à Jacmel enregistrent un lourd bilan. En effet, plus d’une vingtaine de blessés longent le rang des victimes durant les manifestations contre la hausse des prix de l’essence à la pompe, la vie chère, l’insécurité et pour exiger le départ du premier ministre de facto Ariel Henry. Pour ce qui est des blessés, pour la plupart, des informations font état d’individus lourdement armés ayant fait feu sur des manifestants qui apparaissaient hostiles à certaines entreprises privées de la ville de Jacmel appartenant à la famille Kawly. Ce qui a soulevé encore plus la colère des protestataires, gagnant ainsi les rues jour après jours avec plus de ferveur.
Par ailleurs, plusieurs organisations sociopolitiques locales ont déclaré vouloir continuer à maintenir la pression dans les rues jusqu’à ce que le neurochirurgien, Ariel Henry, à la tête du pays puisse entendre raison en quittant le pouvoir.
L’incertitude prend place
À souligner que la ville de Jacmel, depuis le mois d’août 2022, est sur sa quatrième semaine d’arrêt total sinon presque des activités économiques dans le secteur formel, principalement à cause des barricades de toutes sortes.
Un tel blocage n’est pas sans conséquence la vie des citoyens privés d’eau potable, d’électricité et de nourriture pour beaucoup. Le plus grand centre hospitalier du département, l’hôpital Saint Michel est pratiquement dysfonctionnel. Pas de carburant, pas d’oxygène ni d’intrants, a précisé Dr Newton Jeudi, directeur départemental du Ministère de la santé publique et de la population en conférence de presse. Les petits.tes commerçants.tes et les catégories vulnérables de la région en font aussi les frais de cette crise multidimensionnelle, vu qu’ils arrivent à gagner leur vie au jour le jour.
Les acteurs politiques restent jusque là silencieux, opérant dans le secret et laissant la population dans l’expectative, pendant que l’équipe gouvernementale joue sur le temps et les circonstances. Ce qui laisse présager qu’un dégel de la situation sociopolitique demeure incertain.
Avec Marie Vesta Desameaux





