Les Haïtiens méritent une chance de déterminer leur avenir, plaident la Congresswoman Ayanna Pressley et le Révérend Dieufort Fleurissaint

CTN News
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La Congresswoman Ayanna Pressley, représentante du septième district du Congrès du Massachusetts et coprésidente de House Haiti Caucus, et le révérend Dieufort Fleurissaint, leader des Haïtiens américains unis, se sont accordés en se prononçant, ce mercredi 1er juin 2022, sur la nécessité pour les haïtiens de décider de leur avenir.

Dans une note rendue publique, ces deux défenseurs de droits des haïtiens mettent en exergue le “Mois de Mai choisi pour être celui du patrimoine haïtien” en reconnaissant les vastes contributions de la diaspora haïtienne à travers le Commonwealth et les Etats-Unis d’Amérique.

Et les auteurs de poursuivre que le 7e district du Congrès du Massachusetts abrite l’une des plus grandes communautés de la diaspora haïtienne à travers les États-Unis et “l’impact de nos voisins haïtiens est indéniable.” “De l’élection historique de Ruthzee Louijeune, la première haïtienne-américaine à siéger au conseil municipal de Boston, à Marie St. Fleur, la première immigrante haïtienne à occuper une fonction publique dans le Massachusetts, nos voisins haïtiens nous rappellent quotidiennement leur riche culture, leur histoire, réalisations et contributions”, indiquent
Ayanna Pressley et Dieufort Fleurissaint.

Plus loin, ils préconisent un engagement réel dans le cadre du plaidoyer pour le changement nécessaire et attendu depuis longtemps dans les politiques et relations de l’Oncle Sam avec le peuple haïtien, lesquelles, selon les auteurs, ont perpétué l’anti-noirceur et exacerbé l’injustice.

“En septembre dernier, la brutalisation des Haïtiens et d’autres migrants à la frontière de Del Rio, au Texas, a choqué le monde et jeté un nouvel éclairage sur le rôle que la politique américaine a joué dans la déstabilisation d’Haïti pendant des décennies. Nous avons vu des images poignantes de milliers de migrants haïtiens entassés sous le pont Del Rio et poursuivis avec des fouets à cheval par des agents des douanes et des patrouilles frontalières, établissant des parallèles frappants avec le traitement réservé par notre pays aux Noirs réduits en esclavage et les cas continus de violence d’État. Ces images dévastatrices n’ont fait que montrer au monde ce que les Haïtiens connaissent et vivent depuis longtemps’’, s’insurgent la congresswoman et le reverend.Mais, ils ne se sont pas arrêtés à ces faits uniquement. Et à juste titre, ils ont mentionné les calamités successives qui ont frappé Haiti, notamment l’assassinat du président Jovenel Moïse, le tremblement de terre de magnitude 7,2 qui a secoué la péninsule sud du pays et la tempête tropicale Grace. “Tous ces evenments de telle envergure ont exacerbé la destruction et la violence sur Haiti et la Republique dominicaine.”

La Congresswoman déclare regretter la politique migratoire des Etats-Unis vis-à-vis des Haïtiens, non sans mentionner que l’année dernière, l’administration Biden a prolongé le statut de protection temporaire pour les Haïtiens sur la base de « problèmes de sécurité, de troubles sociaux, d’une augmentation des violations des droits de l’homme, d’une pauvreté paralysante et d’un manque de ressources de base, qui sont exacerbés par la pandémie de COVID-19 ». “Nous avons fortement plaidé en faveur de cela et avons applaudi l’annonce de l’administration à l’époque ; cependant, malgré l’aggravation manifeste de ces conditions sur Haiti et le pays voisin, les États-Unis ont continué à expulser des milliers de migrants haïtiens dans le cadre de la politique, qu’elle qualifie de raciste et xénophobe du titre 42.”Ayanna Pressley et Dieufort Fleurissaint ne pouvaient être on peut plus clair et tranchants, déclarant qu’une solution durable à la crise haïtienne exigera que les États-Unis retirent leur soutien au dirigeant de facto Ariel Henry, qui manque de légitimité auprès du peuple haïtien, et s’associent plutôt à des membres de la société civile haïtienne travaillant à mettre fin à la corruption et à l’impunité qui poussent les gens à fuir Haïti/République Dominicaine.

Les militants des droits des haïtiens ont aussi souligné une sorte d’élan politique haïtiano-haïtien. En effet, ils exposent le fait que malgré la menace d’enlèvements et de meurtres d’activistes et de journalistes, les dirigeants civiques et politiques haïtiens de tous horizons se sont réunis pour créer l’Accord de Montana, assorti d’une feuille de route pour un gouvernement de transition qui organiserait des élections crédibles et rétablirait le gouvernement constitutionnel en Haïti. Dans une démonstration d’unité sans précédent, cet effort a recueilli le soutien de plus de 900 signataires, représentant des millions d’Haïtiens, y compris la plupart des principaux partis politiques, des groupes religieux et confessionnels, des syndicats, des organisations de la société civile et le monde des affaires. Cette mobilisation politique et populaire massive souligne les crises profondes et imbriquées qui affligent Haïti ainsi que la nécessité d’un processus inclusif dirigé par la société civile pour restaurer la stabilité et la démocratie.La note conjointe de la Congresswoman et du révérend ajoute qu’il est maintenant temps de réaffirmer que toutes les vies noires comptent, y compris les vies haïtiennes, et de poursuivre des politiques, tant étrangères que nationales, qui reflètent cette vérité. L’administration Biden devrait utiliser son autorité pour accorder une libération conditionnelle humanitaire aux migrants haïtiens aux États-Unis, libérer ceux qui sont coincés dans l’ICE et mettre fin aux expulsions illégales en vertu du titre 42 une fois pour toutes, comme l’a noté l’ancien Envoyé spécial Daniel Foote dans sa lettre de démission de septembre. “Je ne crois pas qu’Haïti puisse connaître la stabilité tant que ses citoyens n’auront pas la dignité de vraiment choisir leurs propres dirigeants de manière équitable et acceptable”. Les Haïtiens ont besoin d’entendre que les États-Unis soutiennent la société civile courageuse et les dirigeants politiques qui élaborent une transition inclusive vers la démocratie, et non le même cercle de politiciens corrompus et de riches oligarques responsables de la violence et des souffrances auxquelles Haïti est confronté.

En ce mois du patrimoine haïtien, nous sommes solidaires pour célébrer la communauté et travailler ensemble pour des progrès véritables et significatifs, conclut la note.

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