La banque française ‘’Crédit Mutuel’’ entend étudier son rôle dans la pauvreté d’Haïti après les révélations du New York Times

CTN News
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Cette série d’articles du célèbre et populaire quotidien américain The New York Times continuent de susciter des réactions, notamment en France où plusieurs institutions financières sont pointées du doigt.
En effet une grande banque française va embaucher des chercheurs pour plonger dans son histoire en Haïti, a déclaré le directeur de cette société, après que le New York Times a publié ce qu’il a qualifié de “triste illustration” le rôle de la banque dans un “écosystème de colonialisme”.

Il s’agit de la banque intitulée ‘’Crédit Industriel et Commercial (CIC) qui selon le journal américain a siphonné des millions de dollars en frais et intérêts du Trésor haïtien vers la France à la fin du 19e et au début du 20e siècle.

‘’À une époque où la banque, connue sous le nom de C.I.C., contribuait au financement de la construction de la Tour Eiffel, ses dirigeants et ses investisseurs gagnaient tellement d’argent sur Haïti que leurs bénéfices dépassaient parfois l’ensemble du budget des travaux publics d’Haïti’’, écrit le New York Times.

Le Crédit Mutuel, une grande société financière européenne, a racheté le C.I.C. en 1998 et l’exploite en tant que filiale. Toutefois le Crédit Mutuel a commencé comme une organisation pour aider les agriculteurs ruraux à la fin du 19e siècle en Europe, créant ce que son président a décrit comme un affrontement potentiellement inconfortable avec les nouvelles révélations sur les activités du C.I.C. en Haïti au cours de la même période.

“C’est une sorte de situation délicate, plus d’un siècle plus tard, que cette banque mutualiste possède une banque dont l’histoire est liée au colonialisme”, a déclaré le président du Crédit Mutuel, Nicolas Théry, dans une interview au journal New-yorkais.

Presque toutes les archives du C.I.C. de cette époque ont été détruites a révélé l’enquête du New York Times. Pour élucider le rôle de la banque dans la pauvreté d’Haiti, Nicolas Théry a fait savoir qu’il avait déjà pris contact avec des universitaires pour financer une équipe, idéalement composée de chercheurs haïtiens et français, pour mettre en lumière toute l’histoire de la banque.

L’article du New York Times a retracé comment le C.I.C. a créé et géré la Banque nationale d’Haïti à partir de Paris. Les dossiers découverts par les enquêteurs montrent qu’elle n’a fait aucun investissement dans les entreprises haïtiennes et a facturé des frais sur presque toutes les transactions effectuées par le gouvernement haïtien.

À un moment donné, Haïti a affecté environ la moitié de sa source de revenus la plus importante – les taxes sur le café – au paiement du C.I.C. et ses investisseurs dans la Banque Nationale.
Les financiers parisiens ont également utilisé leurs alliés au sein du gouvernement français pour faire pression sur Haïti afin de ne pas perturber les opérations de la banque, a rapporté le New York Times, citant une correspondance diplomatique.

“C’était une très belle démonstration des liens entre les pouvoirs financier, militaire et politique en France à la fin du XIXe siècle”, a reconnu Nicolas Théry précisant qu’il s’agit d’une très triste illustration du sens de la colonisation et de la colonisation financière.

Le président du Crédit Mutuel, Nicolas Théry affirme qu’il n’a pas été au courant que la banque devait de l’argent à Haïti plus d’un siècle après avoir mis fin à ses opérations en Haïti. Il a déclaré que les chercheurs auraient un large mandat pour rechercher toute information sur n’importe quel sujet. Ce qui, dit-il, est “une question de principe pour nous”.

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