Insécurité: Le kidnapping en hausse, Frantz Elbé dresse un bilan satisfaisant de ses 6 premiers mois à la tête de la Police Nationale d’Haïti

CTN News
Categories: Français Haïti

 

Alors que l’insécurité prend sérieusement de l’ampleur dans le pays avec la persistance du phénomène du kidnapping, le directeur général de la Police Nationale d’Haïti, Frantz Elbé s’est décerné un satisfecit lors de la présentation de son bilan après ses 6 premiers mois à la tête de l’institution. Ce bilan fait état de la mort de 94 bandits dans des échanges de tirs avec les forces de l’ordre, 4 mille 9 cents 98 arrestations pour kidnapping, vol à mains armées, homicides, viol, association de malfaiteurs entre autres.
234 armes à feu ont été également saisies ainsi que 21 véhicules, 25 kilos de cocaïne, 658 kilos de marijuana et un bateau dans le cadre de la lutte contre le trafic des stupéfiants.
En ce qui concerne la terreur imposée par les gangs à la population de la plaine du cul-de-sac, Frantz Elbé a informé que la police est très active sur le terrain. Il a ainsi fait état de 54 arrestations, la confiscation de 16 armes à feu et 7 véhicules alors que 3 policiers ont été blessés lors des opérations pour mettre les malfrats hors d’état de nuire. Il a réitéré dans la foulée la volonté de son administration de poursuivre son effort dans la lutte contre les gangs.

Plusieurs cas d’enlèvement ont été signalés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, le patron de la PNH a osé parler d’une baisse considérable du kidnapping au cours du mois d’avril, indiquant que les policiers livrent un combat permanent contre les bandits armés.
À titre de comparaison, le directeur général de la PNH a lui-même confirmé l’enlèvement des 8 ressortissants étrangers et trois compatriotes haïtiens le dimanche 8 mai 2022 au niveau de la commune de Croix-des-Bouquets. En outre, le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme, dans son dernier rapport, a indiqué avoir recensé 225 cas de kidnapping dans le pays au cours des 3 premiers mois de l’année 2022. Ce qui constitue une augmentation de 58,45% par rapport à l’année dernière, pour la même période. Le CARDH a souligné que les ravisseurs retiennent désormais les otages plus longtemps, évaluant la durée moyenne entre un mois et 15 jours.

La réhabilitation de plusieurs bâtiments de la police nationale dans le grand Sud et dans le département de l’ouest fait également partie du bilan de Frantz Elbé. Sur ce point, il n’a cependant pas été en mesure de fournir des précisions sur la reprise de service des commissariats de Cité Soleil, la Saline, et Martissant laissés à la traîne des malfrats.

Sur le cas Martissant, le directeur général de la PNH a appelé à la patience soulignant que la police dans un délai pas lointain trouvera la formule pour mettre les malfrats à l’écart tout en promettant de renforcer la présence de l’institution au niveau de la plaine pour chasser les bandits et garantir la sécurité de la population.

Pour faire face au phénomène de l’abandon au niveau de la PNH, Frantz Elbé a indiqué que son administration travaille de concert avec le gouvernement en vue d’un meilleur accompagnement des agents de l’ordre. Il a fait état de primes de risque pour les policiers qui combattent les gangs armés tout en appelant à un meilleur encadrement des agents pour éviter les abandons en série au niveau de la PNH.
Parallèlement, Frantz Elbé a relaté que 1013 policiers et 174 employés civils ont été renvoyés dont la majorité pour abandon.

Le directeur général de la police nationale, Frantz Elbé a annoncé dans la foulée, la création bientôt d’une coopérative au niveau de la police nationale entre autres mesures visant l’amélioration des conditions de travail des policiers.
Des pourparlers sont en cours avec les responsables des institutions financières et techniques dont le gouverneur de la banque centrale sur la mise en place de cette structure informe le patron de la PNH.

Sur les questions relatives à la participation des bandits recrutés pour combattre aux côtés des agents de l’ordre lors des opérations spéciales, le patron de la PNH n’a fourni aucune précision. Dossier sensible dirait-on. À quand un contrôle total de la capitale? À quand la fin du phénomène du kidnapping? La solution se fait attendre.

Share This Article