Arrêté le vendredi 13 mai 2022 à la 5e Avenue Bolosse, dans la capitale, le Dominicain Molaï Ortiz Mieses est actuellement gardé à vue à la Direction Centrale de la Police Judiciaire, où il répond aux questions des enquêteurs de la DCPJ. Molaï Ortiz Mieses (32 ans) est présenté comme un puissant chef de gang opérant en Haïti et est affilié aux groupes de gang de Ti Lapli et Ti Makak, selon la Police Nationale d’Haïti, citant les propos du présumé bandit.
‘’Il a été appréhendé pour son implication présumée dans des actes de kidnapping et d’association de malfaiteurs’’ informe la PNH, avant de relater que ‘’ses révélations et aveux sont choquants et fracassants’’.
Molaï Ortiz Mieses a reconnu avoir participé dans l’assassinat de l’inspecteur Divisionnaire Dan Jerry Toussaint, le 1er Janvier 2022, à Laboule 12, zone de Fessard. “José Lito, de nationalité Dominicaine, Venel alias Ti Blan, Tossou, Francilié, Dieu-Pifort, Hubert, sont quelques-uns de mes acolytes qui ont participé dans ce crime”, a-t-il avoué avant d’ajouter qu’il a commis un nombre incalculable de kidnapping.
Molaï Ortiz Mieses travaillait pour le compte du gang de ‘’Ti Makak’’ selon la PNH. Il serait également un bras droit de ‘’Ti Lapli’’.
Le présumé coupable a déjà fait de la prison en République dominicaine, après avoir été appréhendé pour plusieurs infractions.
Il a décidé de s’installer en Haïti il y a 10 ans, intégrant par la suite le gang de Carlos Petit-Homme, alias “Ti Makak”, basé à Laboule, un quartier de Pétion-Ville.
“Ils sont légions les dominicains qui font partie intégrante des gangs armés opérant actuellement en Haïti.” a déclaré Molaï Ortiz Mieses, avançant que chaque groupe de gangs opérant en Haïti compte dans ses rangs des ressortissants dominicains, en prenant l’exemple du gang de Village de Dieu du fameux ‘’Izo’’.
Molaï Ortiz Mieses, surnommé ‘’Nèg atè a’’, pour sa capacité à manoeuvrer divers types de véhicules, est soupçonné d’avoir participé à l’enlèvement de plusieurs de ses compatriotes dominicains en Haïti.
Début mai, le diplomate dominicain Carlos Guillen Tatis avait été enlevé avant d’être libéré quatre (4) jours plus tard. Le groupe des 400 mawozo évoluant aux environs de la Croix-des-Bouquets était soupçonné d’avoir réalisé le coup.
Le 21 février 2021, les deux frères dominicains, Michael Enrique et Antonio Gérer Campusano Feliz, techniciens de cinéma ainsi que leur traducteur haïtien, Junior Albert Augusma, avaient été kidnappés à Martissant, et allaient être libérés après six (6) jours de séquestration.
À l’époque, le gouvernement haïtien avait été accusé par la presse dominicaine de faire du chantage dans ce dossier. Il aurait exigé l’extradition de l’ancien maire de Port-au-Prince, Ralph Youri Chevry, en échange de la libération des deux techniciens dominicains selon un éditorial de la publication dominicaine, Listin Diario. Dans son éditorial, Miguel Franjul avait appelé à la fermeture de la frontière jusqu’à ce que, avait-il écrit cette «politique de chantage et d’extorsion de la part d’Haïti » cesse et avait exigé la libération sans condition des techniciens dominicains.
L’éditorialiste avait souligné que l’enlèvement des deux dominicains en Haïti était le résultat de la profonde crise politique, sociale et d’insécurité que traverse le pays, ce qui représente une grande inquiétude pour l’autre partie de l’île Hispaniola.


