Violences faites aux femmes et aux filles : Le MCFDF lance un atelier interinstitutionnel de coordination

CTN News

Port-au-Prince, 20 février 2026 — Le Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) a ouvert jeudi un atelier de trois jours consacré au renforcement de la coordination de la prise en charge multidisciplinaire des femmes et des filles survivantes de violences. Organisée avec des partenaires nationaux et internationaux sous le haut patronage de la Primature, cette initiative vise à redynamiser la réponse face aux violences basées sur le genre (VBG).

La cérémonie d’ouverture a réuni des représentants des secteurs gouvernemental, judiciaire, sanitaire, sécuritaire et humanitaire, ainsi que des organisations internationales, des associations féminines et féministes, et des membres de la presse.

Intervenant au nom du représentant résident du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en Haïti, Madame Na Gnima Konte a salué le leadership de la ministre du MCFDF et les avancées dans la lutte contre les VBG. Elle a renouvelé l’engagement de son institution à accompagner le ministère pour lever les obstacles entravant la prise en charge effective des survivantes.

La représentante d’ONU Femmes, Marie Goretti Nduwayo, a réaffirmé le soutien de son organisation et appelé à une mobilisation collective contre toute forme de violence faite aux femmes et aux filles.

La représentante de l’UNICEF, Geeta Narayan, a mis en avant les axes d’appui de son institution : renforcement de l’accompagnement, augmentation des ressources allouées, soutien à la ligne d’écoute gratuite 8919, et intégration de mesures de prévention et de réinsertion.

Prenant la parole au nom du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, le directeur des Affaires judiciaires du MJSP, Jean Nesly Elie, a félicité le MCFDF pour ces assises rassemblant acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux. Il a assuré de l’engagement de son ministère à veiller à l’application des recommandations issues des travaux.

La représentante du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), Dr Cassandre Milord Michel, a réitéré l’engagement de son institution à soutenir la mise en place de mécanismes concrets et d’un appui institutionnel renforcé.

Redynamiser la table sectorielle VBG

Dans son discours, la ministre Pedrica Saint Jean a souligné que la redynamisation de la table sectorielle VBG constitue un levier stratégique pour renforcer la coopération entre les secteurs de la santé, de la justice, de la sécurité publique, des affaires sociales et de l’action humanitaire. L’objectif, a-t-elle indiqué, est de garantir à chaque survivante, sur l’ensemble du territoire national, un accès rapide à des soins médicaux appropriés, à un accompagnement psychosocial de qualité, à une protection effective et à la justice.

Selon la titulaire du MCFDF, ces trois journées visent à : renforcer la compréhension commune des enjeux liés aux VBG dans le contexte sécuritaire et humanitaire actuel ; améliorer les compétences techniques des acteurs de la chaîne de prévention, de protection et de prise en charge ; harmoniser les outils et protocoles de coordination ; structurer la cellule interinstitutionnelle de prise en charge ; redynamiser les Maisons des Femmes ainsi que la ligne d’écoute 8919

La ministre a conclu en réaffirmant sa volonté de poursuivre les efforts de réforme et de coordination afin de bâtir un système de protection « plus solide, plus accessible et plus juste ».

La cérémonie a été marquée par la projection d’un documentaire donnant la parole à des survivantes de violences sexuelles, qui ont partagé leurs témoignages sur les conditions difficiles dans les sites de personnes déplacées de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

La première journée s’est achevée par deux panels de discussion portant sur les instruments juridiques relatifs aux droits des femmes, le concept de genre et la typologie des violences, ainsi que sur les dispositifs et mécanismes de réponse du MCFDF — dont la fiche d’enregistrement des cas, les Maisons des Femmes, le site web institutionnel et la ligne d’urgence 8919.

Les échanges ont permis aux participants de mieux cerner les enjeux liés à la coordination des interventions et de contribuer activement au renforcement d’une prise en charge concertée et efficace des survivantes de violences.

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