Vers la mise en place d’une nouvelle force de sécurité en Haïti : Une résolution introduite à l’ONU ce vendredi

Emmanuel Paul
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Emmanuel Paul est un journaliste chevronné et un conteur accompli, animé par un engagement profond envers la vérité, la communauté et l’impact social. Il est le...
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Une force internationale pourrait être bientôt déployée en Haïti.

Cette nouvelle unité, appelée « Force de suppression des gangs », réunira 5 500 militaires et 50 civils.

Elle prendra le relais de l’actuelle mission kényane. Un autre pays, encore non identifié, dirigera cette nouvelle opération.

Les détails de l’initiative

D’après Reuters et le Miami Herald, les États-Unis et le Panama ont soumis cette résolution à l’ONU vendredi.

En effet, António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a proposé ce plan face à la détérioration de la sécurité en Haïti. Cette décision fait suite à une réunion cruciale du Conseil de sécurité jeudi. Lors de cette session, Jean Jean Roosevelt, artiste haïtien célèbre, a fait une demande touchante. Il a notamment supplié la communauté mondiale de soutenir Haïti contre les gangs.

Actuellement, les gangs dominent presque toute la capitale. Par conséquent, 1,3 million d’habitants ont dû partir, ce qui aggrave la crise humanitaire.

Selon Reuters, le projet américano-panaméen vise à transformer la mission kényane actuelle. D’abord, une nouvelle structure remplacera l’ancienne. Ensuite, un Groupe permanent incluant les pays participants, les États-Unis et le Canada sera créé. Ce groupe choisira un nouveau chef et supervisera les opérations.

Le soutien international

De plus, l’ONU installera un bureau à Port-au-Prince pour appuyer la mission. Enfin, l’Organisation des États américains apportera son aide. Elle fournira notamment :

  • Des rations
  • Du matériel de communication
  • Des équipements militaires

Cette nouvelle approche marque un tournant dans la gestion de la crise haïtienne.

Cette transformation vise à combler les lacunes en ressources et en personnel qui affaiblissent la mission depuis son début. Cependant, les détails sur l’atteinte de l’objectif de 5 500 soldats et sur les pays participants restent flous. Comme aujourd’hui, le financement dépendra des dons volontaires des États membres. D’ailleurs, cette dépendance financière préoccupe plusieurs experts haïtiens qui remettent en question la viabilité de ce système. En effet, le manque de fonds garantis pourrait ralentir le déploiement ou limiter son efficacité.

Les experts du pays alertent sur un modèle imprécis aux aspects contradictoires

D’après Reuters, Ricardo Germain, expert indépendant en sécurité, souligne les zones d’ombre concernant le changement de direction. De plus, il note que les obstacles rencontrés par le Kenya pourraient freiner d’autres candidats potentiels.

James Boyard, enseignant à l’Université d’État d’Haïti, cité par Reuters, critique le manque de clarté sur la collaboration avec les forces locales. En outre, il dénonce l’absence d’Haïti du Groupe permanent. Pour lui, cela met en danger la souveraineté du pays. « Nous risquons de passer d’une démocratie à une dictature internationale », affirme-t-il. Aussi, Boyard insiste sur l’importance d’un organisme autonome pour surveiller les possibles excès des forces étrangères.

La situation sécuritaire

Port-au-Prince reste contrôlée par les gangs qui étendent leur influence partout. Cette emprise cause de nombreux décès, des déplacements massifs et une grave insécurité alimentaire.

Les initiatives récentes

En mars, le gouvernement haïtien a sollicité une entreprise militaire privée liée à Erik Prince. Celle-ci emploie des drones armés contre les zones contrôlées par les gangs et compte étendre ses actions.

Récemment, Jimmy « Barbecue » Chérizier, chef de gang, a déclaré le retrait de ses hommes de certains secteurs de Port-au-Prince. Sur les réseaux sociaux, il invite les habitants à rentrer chez eux.

D’après James Boyard, cette tactique cherche à revitaliser l’économie locale ravagée pour reprendre les activités d’extorsion et assurer une protection contre les drones. Dans le quartier de Delmas 30, plusieurs familles sont revenues avec peu de bagages, pour constater l’ampleur des dégâts : maisons détruites et voitures brûlées.

La mission internationale actuelle prendra fin le 2 octobre. Par conséquent, le Conseil de sécurité doit rapidement évaluer la nouvelle proposition. Notamment, les questions de financement, de coordination avec les forces haïtiennes et de respect de la souveraineté nationale restent à résoudre.

https://ctninfo.com/vers-la-mise-en-place-dune-nouvelle-force-de-securite-en-haiti-une-resolution-introduite-a-lonu-ce-vendredi/

Source: Reuters

 

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