Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a officiellement pris les commandes de l’exécutif haïtien samedi 7 février 2026, à l’occasion d’une cérémonie à la Villa d’Accueil marquant la fin du mandat de 22 mois du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Désormais seul maître à bord, Fils-Aimé a bénéficié du plein soutien de la communauté internationale, notamment des États-Unis, pour mener une nouvelle phase de transition dont les contours et la durée n’ont pas été définis. Cette prise de fonction intervient alors que la classe politique et les acteurs de la société civile engagés dans la recherche d’une solution à la crise s’étaient montrés incapables de trouver un consensus pour remplacer le CPT.
Une cérémonie marquée par l’absence de plusieurs conseillers-présidents
La cérémonie consacrant la fin du mandat du CPT et le transfert de tous les pouvoirs exécutifs à Fils-Aimé s’est déroulée en présence de seulement cinq conseillers-présidents, dont le coordonnateur Laurent Saint-Cyr, ainsi que de membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique et d’autres personnalités.
Les autres conseillers-présidents, qui s’étaient engagés dans un dialogue « inter-haïtien » pour pourvoir au remplacement du Conseil et désigner un nouveau Premier ministre, n’y ont pas assisté. Bien que Lesly Voltaire ait fait une brève apparition avant le début des événements et que Louis Gerald Gilles soit arrivé sur la fin, Égard Leblanc et Fils Alphonse Jean ont brillé par leur absence totale.
Saint-Cyr défend le bilan du CPT
Dans son allocution, le coordonnateur Laurent Saint-Cyr a d’entrée de jeu brandi l’article 28.1 du décret portant création du Conseil pour justifier que le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre, assurerait désormais la gestion de l’exécutif.
Il a rappelé que le CPT avait été institué en avril 2024 pour éviter l’effondrement du pays et lui permettre de retrouver la voie de la normalité institutionnelle. Alors que la situation sécuritaire demeure critique et qu’aucune élection n’a été organisée, il a affirmé que le Conseil avait réussi à empêcher le chaos et la désagrégation totale de l’État, et avait « mis en branle le chantier des élections.
Sur le plan sécuritaire, M. Saint-Cyr a indiqué que des progrès avaient été réalisés, notant que certaines zones contrôlées par les gangs armés, particulièrement au centre-ville de Port-au-Prince, ont été reprises par les forces de l’ordre .
Appel à l’unité et passage de relais
En quittant le pouvoir, Laurent Saint-Cyr a lancé un appel à l’unité nationale. Notant qu’un consensus sur la mise en place d’un exécutif bicéphale semblait se dessiner, il a encouragé le Premier ministre à poursuivre le dialogue et demandé aux acteurs nationaux d’observer une trêve pour trouver une solution dans l’intérêt du peuple.
« Il nous faut parvenir à un accord politique solide et un pacte de gouvernabilité permettant d’établir clairement les règles du jeu démocratique », a-t-il déclaré.
M. Saint-Cyr a assuré qu’après le départ du CPT, il n’y a pas de vide institutionnel , les fonctions exécutives étant assumées par le Conseil des ministres. Tout en disant être certain que M. Fils-Aimé mesurait l’étendue de la grande responsabilité qui lui incombe, il l’a invité à se concentrer sur les priorités : sécurité, dialogue, élections et stabilité. Il a enfin lancé un appel au calme à la population face aux risques de troubles liés à cette transition.
Un nouveau chef de l’exécutif qui s’adressera à la nation
Dans une brève allocution, le désormais seul chef de l’exécutif a salué le travail et le sens des responsabilités des membres du CPT. Alix Didier Fils-Aimé a annoncé qu’il s’adresserait à la nation dans la soirée, à l’issue d’un conseil des ministres tenu dans la journée.
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