Dans le cadre de la bataille juridique en cours pour préserver le statut de protection temporaire (TPS) des ressortissants haïtiens, cinq plaignants ont déposé vendredi un avis important auprès du tribunal fédéral du district de Washington.
De nouveaux éléments soumis à la juge
Rudolph Civil, Vilbrun Dorsainvil, Marica Merline Laguerre, Fritz Emmanuel Lesly Miot et Marlene Gail Noble, représentés par leur avocat Geoffrey Pipoly, ont informé la cour qu’ils soumettaient de nouvelles déclarations personnelles sous serment ainsi qu’une demande de recours alternatifs.
Ce dépôt intervient à environ huit jours de l’expiration prévue du TPS, alors que la juge Ana C. Reyes doit statuer avant le 2 février.
Mieux comprendre la teneur de ces documents déposés
Bien que la rédaction de CTN n’ait pas accès aux documents du tribunal, ces déclarations sous serment pourraient être des témoignages écrits et signés, dans lesquels les plaignants expliquent leur situation et pourquoi la fin du TPS représenterait un danger pour eux et leurs familles.
Ces documents permettent aux bénéficiaires du TPS de présenter directement à la juge leur vécu, leurs craintes et les conséquences concrètes qu’aurait un retour forcé en Haïti. Il peut s’agir de témoignages sur leur intégration aux États-Unis, leur emploi, leurs enfants scolarisés, ainsi que sur les menaces qu’ils affronteraient en cas de renvoi dans un pays en proie à la violence des gangs. Le grand public n’a pas accès aux documents en cours de traitement devant les juges des tribunaux de première instance à Washington, D.C.
La mention de « recours alternatifs » pourrait signifier que les avocats des plaignants demandent à la juge d’examiner d’autres options juridiques pour les protéger, en plus de leur demande initiale.
Dans les affaires d’immigration, cela peut inclure :
- Une injonction préliminaire pour bloquer temporairement la fin du TPS pendant que le procès se poursuit
- Une ordonnance d’urgence empêchant les expulsions immédiates
- Des mesures de protection provisoires garantissant que les bénéficiaires du TPS ne seront pas arrêtés ou déportés pendant l’examen de l’affaire
- D’autres formes de relief juridique adaptées à l’urgence de la situation
Cette stratégie juridique vise à offrir à la juge plusieurs moyens d’intervenir pour protéger les plaignants, même si elle estime ne pas pouvoir accorder leur demande principale.
Le dépôt de ces nouveaux documents survient à un moment critique. La juge Reyes s’est imposé un délai du 2 février pour statuer sur l’affaire National TPS Alliance et al. v. Noem et al., soit un jour seulement avant l’expiration officielle du programme.
Les plaignants et leurs avocats multiplient les efforts pour présenter tous les arguments et preuves avant l’échéance. Une décision favorable bloquerait la fin du TPS et offrirait un répit à des centaines de milliers de familles haïtiennes.
Contexte de l’affaire
L’affaire conteste la légalité de la décision de l’administration Trump de mettre fin au TPS pour Haïti. Les plaignants soutiennent que le Département de la Sécurité intérieure n’a pas procédé à une évaluation appropriée des conditions en Haïti — notamment la violence des gangs qui contrôlent 85% de Port-au-Prince et ont causé plus de 5 000 morts en 2025 — avant de décider de résilier le programme.
Si la juge donne raison aux plaignants, elle pourrait ordonner au gouvernement de prolonger le TPS ou de reprendre entièrement le processus d’évaluation sur des bases juridiquement solides.
Tous les regards sont maintenant tournés vers le tribunal fédéral de Washington, D.C.
La décision de la juge Reyes, attendue d’ici le 2 février, pourrait déterminer l’avenir immédiat de quelque 560 000 Haïtiens vivant légalement aux États-Unis sous protection temporaire.
En parallèle, les efforts se poursuivent au Congrès, où la représentante Ayanna Pressley a lancé une pétition de décharge pour tenter de sauver le TPS par voie législative, et où la représentante Frederica Wilson a adressé une lettre au président Trump demandant une prolongation immédiate du programme.
Caribbean Television Network continuera de suivre cette affaire de près et informera la communauté de tout développement.



