Une rencontre prévue mardi prochain par la délégation du Massachusetts au Congrès américain marquera une étape cruciale dans la lutte pour la protection des ressortissants haïtiens aux États-Unis.
Le sénateur Edward J. Markey (D-Mass.) et la représentante Ayanna Pressley (MA-07), coprésidente du House Haiti Caucus, ont annoncé la tenue d’une audience de terrain le 20 janvier 2026 à Boston, à l’occasion du premier anniversaire de l’entrée en fonction de l’administration Trump.
Une course contre la montre pour 350 000 personnes
Cette audience intervient à un moment critique : le Statut de Protection Temporaire (TPS) pour Haïti doit expirer le 3 février 2026. Cette décision, prise le 28 novembre 2025, menace d’expulsion environ 350 000 Haïtiens, dont 4 700 résident dans le Massachusetts.
Pour les législateurs, l’objectif est clair : recueillir des témoignages directs de leaders communautaires et de familles impactées pour les inscrire au registre du Congrès (Congressional Record) afin d’appuyer les efforts législatifs et de surveillance. Des discussions sont en cours au niveau du Congrès à Washington en vue d’adopter une « pétition de décharge » qui contraindrait le gouvernement fédéral à se retirer de la décision de ne pas renouveler le statut de protection temporaire pour les Haïtiens. Mais les démocrates auront besoin du soutien d’au moins cinq républicains pour approuver une telle résolution.
Pendant que le Congrès se mobilise, une bataille féroce se déroule devant les tribunaux fédéraux. L’affaire National TPS Alliance c. Kristi Noem conteste la légalité de cette résiliation, que les plaignants jugent « arbitraire et capricieuse« .
Les documents judiciaires du 15 janvier 2026 révèlent un conflit intense sur la transparence du gouvernement :
- Dissimulation de preuves : Les plaignants accusent le gouvernement de vouloir restreindre la recherche de documents à une fenêtre de trois mois seulement, excluant ainsi les discussions politiques ayant suivi l’investiture du 20 janvier 2025.
- Influence politique suspectée : Les avocats des droits de l’homme insistent pour examiner les communications de Corey Lewandowski, conseiller principal au DHS et ancien directeur de campagne de Donald Trump. Sa participation suggérerait que la fin du TPS est motivée par une idéologie politique plutôt que par les conditions réelles en Haïti.
Des enjeux humains dévastateurs
Le Massachusetts compte environ 46 000 Haïtiens et Haïtiens-Américains, dont plus de la moitié vivent dans la zone métropolitaine de Boston.
Pour ces familles, dont beaucoup sont installées depuis plus de dix ans et ont des enfants citoyens américains, la fin du TPS signifie un retour forcé vers un pays toujours dévasté par l’instabilité politique et par des crises humanitaires persistantes.
La structure administrative même du Département de la Sécurité intérieure (DHS) est remise en question. Des clarifications obtenues le 15 janvier montrent que les analystes ayant rédigé la note de décision finale n’ont pas participé à l’évaluation des conditions sur le terrain en Haïti. Cette fragmentation fait craindre que les rapports techniques des experts de carrière aient été ignorés au profit de décisions politiques prédéterminées.
L’urgence est absolue. Les avocats de l’ACLU soulignent le « préjudice imminent » pour leurs clients et travaillent jour et nuit pour obtenir une intervention judiciaire avant le 3 février.
La rencontre de mardi prochain à Boston servira non seulement de plateforme pour les sans-voix, mais aussi de rappel au gouvernement fédéral : derrière les termes juridiques et les batailles de procédure se cachent des milliers de vies humaines. La Cour d’appel du 9e circuit de la Californie et la juge Ana C. Reyes à Washington devront trancher rapidement pour déterminer si les plus de 350 mille immigrants haïtiens peuvent rester aux États-Unis au-delà du 3 février 2026.
https://ctninfo.com/fr/tps-pour-haiti-la-delegation-du-massachusetts-au-congres-se-mobilise-alors-que-lecheance-du-3-fevrier-approche/



