Statut TPS des Haïtiens : une audience cruciale devant un tribunal fédéral à Washington ce mardi

Emmanuel Paul
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Emmanuel Paul est un journaliste chevronné et un conteur accompli, animé par un engagement profond envers la vérité, la communauté et l’impact social. Il est le...

Le dossier du Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux immigrants haïtiens aux États-Unis sera examiné par un tribunal fédéral ce mardi 6 janvier 2026, lors d’une audience très attendue à Washington, D.C.. L’enjeu est majeur pour des centaines de milliers de ressortissants haïtiens menacés de perdre leur protection légale et leur droit de travailler sur le territoire américain.

Selon un communiqué diffusé par l’Institut de Services aux Familles d’Immigrants (IFSI), une organisation communautaire engagée dans la défense des droits des immigrants, une séance d’audition se tiendra ce mardi devant un juge fédéral. L’IFSI appelle les membres de la communauté haïtienne et leurs alliés à se mobiliser et à assister à cette audience, qu’elle qualifie de « capitale pour l’avenir des Haïtiens aux États-Unis ».

Une contestation judiciaire du non-renouvellement du TPS

Lors de cette audience, les avocats représentant les bénéficiaires haïtiens du TPS présenteront leurs arguments contre la décision de l’administration Trump de ne pas renouveler ce statut humanitaire. Le TPS protège temporairement contre l’expulsion et permet l’obtention d’un permis de travail pour les ressortissants de pays confrontés à des conflits armés, des catastrophes naturelles ou d’autres conditions extraordinaires.

Haïti bénéficie du TPS depuis janvier 2010, à la suite du séisme dévastateur qui avait fait plus de 200 000 morts. Depuis, le statut a été renouvelé à plusieurs reprises par des administrations démocrates et républicaines, en raison de la persistance de l’instabilité politique, de l’insécurité et de crises humanitaires successives.

La décision actuelle de ne pas prolonger le TPS pour les Haïtiens s’inscrit dans une politique migratoire plus restrictive menée par l’administration Trump, qui affirme que les conditions dans plusieurs pays bénéficiaires du TPS ne justifient plus le maintien de cette protection.

Pressions croissantes du DHS sur les bénéficiaires haïtiens

Parallèlement à la procédure judiciaire, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a commencé à diffuser des messages officiels demandant aux Haïtiens bénéficiant du TPS de se préparer à quitter le pays dans un délai d’environ un mois, selon les informations relayées par des organisations communautaires et des avocats spécialisés en immigration.

Pour les représentants légaux des bénéficiaires du TPS, cette audience constituera une occasion cruciale de démontrer que les conditions ne sont absolument pas réunies pour un retour massif de plus de 500 000 personnes vers Haïti, un pays plongé dans une crise multidimensionnelle sans précédent.

Les arguments des avocats s’appuient notamment sur les évaluations des Nations unies, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et d’organisations humanitaires internationales. Haïti est actuellement confronté à une insécurité extrême, marquée par la prolifération de gangs armés, l’effondrement des institutions étatiques et une crise humanitaire aiguë.

Selon les données des Nations unies, plus de 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince est sous le contrôle de groupes armés. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, tandis que l’accès aux soins de santé, à l’éducation et à l’alimentation reste fortement compromis.

Les États-Unis eux-mêmes ont reconnu, à travers leurs propres avis aux voyageurs, que la situation sécuritaire en Haïti demeure extrêmement dangereuse, recommandant à leurs ressortissants d’éviter tout déplacement vers le pays.

Une audience sous la présidence de la juge Ana C. Reyes

La séance d’audition sera présidée par la juge Ana C. Reyes, nommée en 2023 par le président Joe Biden à la Cour fédérale de district de Washington, D.C. D’après un document d’information distribué par l’IFSI, la juge Reyes entendra les arguments des deux parties avant de déterminer si la décision de l’administration respecte le droit fédéral et les obligations humanitaires des États-Unis.

Les défenseurs du TPS soutiennent que la fin de cette protection exposerait des familles entières à l’expulsion, y compris des personnes vivant aux États-Unis depuis plus d’une décennie, parfaitement intégrées, travaillant légalement et contribuant à l’économie américaine.

Au-delà du débat juridique, cette affaire soulève des questions humanitaires et sociales majeures. La fin du TPS pour les Haïtiens pourrait entraîner des séparations familiales, la perte de milliers d’emplois et une pression supplémentaire sur un pays incapable, à l’heure actuelle, d’accueillir dignement un retour massif de sa diaspora.

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Source : Institut de Services aux Familles d’Immigrants (IFSI), Département de la Sécurité intérieure (DHS), Nations unies

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