Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présidé, ce lundi 23 février à la Villa d’Accueil, la cérémonie officielle de présentation du Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections. Cette rencontre a rassemblé membres du gouvernement, corps diplomatique, partis politiques, secteur économique et société civile, tous réunis autour d’une même ambition : sortir le pays de l’impasse institutionnelle.
Ce Pacte constitue une étape décisive dans la transition. Il vise à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles, inclusives et transparentes, tout en renforçant la stabilité institutionnelle et la sécurité nationale.
Dans son allocution, le Chef du gouvernement a salué l’engagement des signataires, soulignant qu’ils ont fait le choix du dialogue et de l’intérêt supérieur de la Nation. « Destin tout Pèp chita nan desizyon ak angajman pitit li pran pou sèvi li », a-t-il déclaré, insistant sur le devoir de chaque génération à servir son pays au-delà des intérêts personnels.
Le Premier ministre a rappelé que cet accord est l’aboutissement d’intenses consultations. « Pi gwo viktwa a, se viktwa pou demokrasi a. Se viktwa tout peyi a », a-t-il poursuivi, appelant à faire de cette unité le ciment de la stabilité nationale.
Plusieurs personnalités diplomatiques et politiques ont pris part à la cérémonie officielle de présentation du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections.
Côté diplomatie, ont notamment répondu présents les ambassadeurs des États-Unis, du Canada, de la France et du Mexique, ainsi que Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef du BINUH.
Parmi les signataires et participants de la classe politique figuraient Claude Joseph, leader du parti « Les Engagés pour le développement » (EDE), Jerry Tardieu du parti « En Avant », et Maryse Narcisse de « Fanmi Lavalas ».
Leader du parti « En Avant », Jerry Tardieu, s’est exprimé au nom des formations politiques signataires. Il a salué un moment historique où les forces vives ont su mettre de côté leurs différends. « Les signataires seront des compétiteurs farouches aux prochaines élections, mais ils ont accepté de s’entendre sur les règles du jeu », a-t-il déclaré, voyant dans cette diversité un gage d’avenir.
Carlos Ruiz Massieu, représentant de l’ONU en Haïti, a qualifié cette signature d’« acte politique majeur », recentrant les priorités sur la sécurité, des élections crédibles et le retour à la gouvernance démocratique. « Cet engagement commun doit se traduire rapidement en actions concrètes », a-t-il insisté, réaffirmant le soutien des Nations Unies tout en rappelant que « la responsabilité première est entre les mains des Haïtiennes et des Haïtiens ».
Selon le communiqué de la Primature, ce Pacte établit les bases d’une sortie coordonnée de la transition. Le gouvernement s’engage à garantir sa mise en œuvre effective en mettant l’accent sur plusieurs axes : le renforcement de la sécurité publique, la consolidation institutionnelle, la transparence électorale, l’implication de la jeunesse et la relance économique.
Toutefois, de nombreux autres acteurs politiques et de la société civile et d’ores et déjà dénoncé ce Pacte, avertissant qu’il ne pourra aider à sortir le pays de la crise multidimensionnelle dans laquelle il s’est embourbé.


