Le président Vénézuélien Nicolas Maduro a été capturé tot ce samedi matin par des forces américaines lors d’une opération militaire d’envergure qui a bouleversé la situation politique au Venezuela.
Le président Donald Trump affirme que Nicolas Maduro, dirigeant du pays depuis 2012, a été capturé avec son épouse et sera jugé sur le sol américain.
Aux premières heures de samedi, vers 2h00 du matin heure locale, les habitants de Caracas ont été réveillés par des déflagrations massives. Les bombardements américains ont ciblé des installations militaires stratégiques pendant près d’une heure, transformant la nuit en cauchemar pour des millions de Vénézuéliens.
Maria Eugenia Escobar, habitante de La Guaira, décrit des moments de terreur : “Les explosions m’ont littéralement soulevée de mon lit. J’ai tout de suite compris que ce jour tant redouté était arrivé”, a rapporté l’Agence France Press.
Dans l’est de Caracas, Francis Pena, 29 ans, raconte comment sa petite amie l’a alerté : » Ils bombardent. » Le jeune professionnel s’est immédiatement mis à préparer un sac d’urgence contenant passeport, argent liquide, conserves et vêtements de rechange.
Les installations visées comprennent Fort Tiuna, le principal complexe militaire vénézuélien situé au sud de la capitale, ainsi que la base aérienne de Carlota. Le port et l’aéroport de La Guaira ont également essuyé des frappes.
Washington revendique l’arrestation de Maduro
Environ deux heures après le début des bombardements, Donald Trump a publié sur Truth Social une déclaration fracassante confirmant l’opération et annonçant la capture du couple présidentiel vénézuélien.
La procureure générale Pamela Bondi a promis que Maduro affrontera » toute la colère de la justice américaine » pour des accusations liées au narcotrafic et au terrorisme. Le secrétaire d’État adjoint Christopher Landau a salué » une nouvelle aube pour le Venezuela « , déclarant qu’ » un tyran est parti. «
Le sénateur Mike Lee a révélé que selon Marco Rubio, secrétaire d’État, Maduro » sera jugé » aux États-Unis, où des mandats d’arrêt le visent pour trafic de stupéfiants.
Trump doit s’exprimer lors d’une conférence de presse prévue à 11h00 depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. Dans un bref entretien téléphonique avec le New York Times, il a qualifié l’opération de » brillante « , impliquant » beaucoup de planification et de grandes troupes. «
Caracas dénonce une agression et demande des preuves
Le gouvernement vénézuélien a vivement réagi, qualifiant l’opération d’ » agression militaire extrêmement grave » et réclamant une session d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
La vice-présidente Delcy Rodriguez, s’exprimant par téléphone à la télévision vénézuélienne, a admis ignorer où se trouvent Maduro et son épouse Cilia Flores. Elle a exigé que Washington fournisse une » preuve de vie » du président.
Le ministère de la Défense vénézuélien a accusé les forces américaines d’avoir ciblé des quartiers résidentiels et annoncé un » déploiement massif » de ses ressources militaires. Maduro aurait décrété l’état d’urgence, bien que le dirigeant de 63 ans n’ait fait aucune apparition publique depuis le début de l’opération.
Une escalade qui se préparait depuis des mois
Cette intervention militaire représente l’aboutissement d’une stratégie de pression maximale menée par l’administration Trump. Depuis des mois, les Vénézuéliens anticipaient une action militaire américaine face aux menaces répétées du président américain.
En fin d’année 2025, Washington avait déployé un porte-avions et plusieurs navires de guerre dans les Caraïbes, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue. Mais l’intention réelle de déloger Maduro était devenue évidente au fil des semaines.
Lundi dernier, Trump avait suggéré qu’il serait » intelligent » pour Maduro de démissionner, tout en annonçant la destruction d’installations portuaires vénézuéliennes prétendument utilisées pour le trafic de drogue.
L’administration américaine justifie son action en accusant Maduro de diriger un cartel de narcotrafiquants. Caracas rejette ces allégations, affirmant que les véritables motivations américaines concernent le contrôle des immenses réserves pétrolières vénézuéliennes, les plus importantes au monde.
Dans les semaines précédant l’opération, Washington avait considérablement intensifié sa campagne : fermeture informelle de l’espace aérien vénézuélien, nouvelles sanctions économiques, saisie de pétroliers transportant du pétrole vénézuélien.
Depuis septembre, l’armée américaine a également multiplié les frappes contre des embarcations dans les Caraïbes et le Pacifique oriental, tuant au moins 107 personnes selon des chiffres officiels américains, dans le cadre de ce qui est présenté comme une lutte anti-drogue.
Réactions internationales contrastées
La communauté internationale réagit de manière divisée à cette intervention militaire unilatérale.
Moscou, allié stratégique de Caracas, a condamné cette » agression armée » et réclamé des éclaircissements immédiats sur le sort de Maduro. L’Iran et Cuba, partenaires traditionnels du Venezuela, ont également dénoncé l’opération américaine.
Le président colombien Gustavo Petro a annoncé le déploiement de troupes à la frontière avec le Venezuela, tandis que l’Espagne s’est proposée comme médiateur pour tenter de trouver une solution négociée.
Le haut représentant de l’Union européenne a appelé à la retenue lors d’un échange avec Marco Rubio.
L’opposition vénézuélienne, dirigée par Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et soutenue par Washington, n’avait pas encore réagi publiquement aux événements au moment de la rédaction de cet article.
Le 31 décembre, Machado avait exprimé sa confiance que 2026 apporterait » la consolidation de la liberté de notre nation.
Les chiffres de victimes n’ont pas été communiqués dans l’immédiat. Les réseaux sociaux vénézuéliens affichent des réactions partagées entre ceux qui célèbrent la chute potentielle de l’impopulaire Maduro et ceux qui dénoncent ce qu’ils perçoivent comme un bellicisme de Trump.
L’élection de Maduro en 2024 avait été massivement contestée par la communauté internationale comme frauduleuse, alimentant une crise de légitimité qui perdure.
Pour les Vénézuéliens ordinaires, l’incertitude reste totale quant à l’avenir de leur pays alors que les bombardements ont cessé mais que la situation politique demeure extrêmement volatile.
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Credit: AFP



