Port-au-Prince, vendredi 23 janvier 2026_Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé l’admission de plus de 100 blessés en l’espace de deux semaines à l’hôpital de Drouillard, dans un contexte de recrudescence des affrontements entre la Police nationale d’Haïti (PNH) et des groupes armés, principalement dans des quartiers densément peuplés de Port-au-Prince.
Entre le 29 décembre 2025 et le 17 janvier 2026, 101 patients victimes de violences ont été pris en charge par MSF, dont 66 atteints par des tirs d’armes à feu, déclare l’organisation dans un communiqué de presse publié le jeudi 22 janvier 2026.
Ce bilan, enregistré en seulement deux semaines, dépasse déjà largement la moyenne mensuelle de 54 blessés par balle admis en 2025 à l’hôpital de Drouillard. Parmi les patients, 30 % étaient des femmes et 9 % des enfants âgés de moins de 15 ans.
Les patients nécessitant une prise en charge chirurgicale sont référés vers l’hôpital traumatologique MSF de Tabarre, l’un des derniers établissements de la capitale encore en mesure de fournir gratuitement des soins chirurgicaux spécialisés. Toutefois, ces évacuations se déroulent dans des conditions particulièrement difficiles, indique le communiqué.
« Beaucoup de patients arrivent avec des lésions aggravées, car elles n’ont pas pu être prises en charge plus tôt, en raison des difficultés d’accès aux structures de soins. Ces deux dernières semaines, la majorité des admissions liées à la violence concernent des blessures par balle, souvent graves, entraînant des fractures ouvertes ou des traumatismes abdominaux », explique le Dr Dembélé Dionkounda, référent médical à l’hôpital MSF de Tabarre.
En 2025, 686 patients victimes de violences ont été hospitalisés à l’hôpital MSF de Tabarre, dont près de 90 % souffraient de blessures par balle.
Parmi eux figuraient 193 femmes et 47 enfants de moins de 14 ans. La tendance se poursuit en ce début d’année : pour la seule journée du 6 janvier, l’hôpital de Tabarre a accueilli huit blessés par balle, illustrant la persistance et l’intensité de la violence qui frappe la capitale depuis plus de quatre ans.
Dans un communiqué le 15 octobre 2025 Médecins Sans Frontières avait annoncé être contraint de fermer définitivement son Centre d’Urgence situé à Turgeau, face à l’insécurité grandissante dans le centre-ville de Port-au-Prince.
Cette structure sanitaire avait temporairement fermé ses portes en mars à la suite d’un grave incident visant MSF.
Décision prise en mars 2025 à la suite d’un grave incident ayant mis en danger la vie du personnel MSF.
Depuis la suspension, plusieurs évaluations techniques de protection balistiques ont été menées afin d’identifier des solutions de protection adaptées, mais aucune option n’a permis de garantir un niveau de sécurité suffisant pour poursuivre les activités, disait le communiqué.
Le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, s’exprimant lors d’une rencontre avec la presse ce mardi 20 janvier 2026, a affirmé que la police déploie toutes les stratégies nécessaires pour permettre le retour de la paix dans les zones.
Appuyée par la Task Force, la PNH a récemment intensifié ses actions dans le quartier de Delmas 6, considéré comme un bastion de Jimmy Chérisier, alias « Barbecue », chef de la coalition criminelle Viv Ansanm, classée organisation terroriste par les États-Unis.


