Dans une Note de clarification rendue publique ce 13 janvier 2026, Mgr Dumas, évêque du diocèse d’Anse-à-Veau et Miragoâne, a annoncé son retrait officiel de toute implication directe dans un éventuel processus de médiation nationale en Haïti. Cette décision intervient après plusieurs jours de rumeurs et de « récupérations politiques » ayant associé son nom à une initiative de dialogue en pleine crise nationale.
L’évêque tient à rappeler qu’il ne s’est jamais autoproposé comme médiateur et n’a jamais agi au nom de la Conférence des évêques d’Haïti. Ses échanges avec diverses coalitions politiques, organisations de la société civile et personnalités nationales ou internationales relevaient, selon lui, d’une démarche strictement pastorale, guidée par la « culture de la rencontre » prônée par l’Église.
Face aux interprétations erronées et aux malentendus générés dans l’opinion publique, Mgr Dumas a choisi de se désengager « après discernement dans la prière et conseils avisés ». Il précise que ce retrait n’est pas un renoncement à son engagement pour Haïti, mais un acte de responsabilité visant à préserver l’apaisement et la crédibilité du dialogue.
L’évêque d’Anse-à-Veau et de Miragoâne avait accepté de conduire ce dialogue à la demande d’une quinzaine de coalitions issues des mondes politique, économique et de la société civile. Il avait indiqué avoir répondu positivement à cette sollicitation dans l’objectif de rapprocher les positions des différents acteurs pour parvenir à un accord avant la date butoir du 7 février 2026 et ainsi éviter au pays un périlleux vide institutionnel.
Cette initiative avait été saluée par de nombreux responsables nationaux et par la communauté internationale. Des acteurs politiques et sociaux y voyaient « un signal fort de responsabilité morale ».
Le choix de Mgr Dumais pour médier le dialogue inter-haïtien avait également rencontré une opposition virulente de la part de certains responsables politiques et de la société civile haïtienne.
L’ancien Premier ministre Jean Henry Céant avait particulièrement jugé que l’évêque « ne présente pas les garanties de neutralité nécessaires ».
Dans une note publiée mercredi sur la page Facebook officielle de la présidence, le CPT a informé que le Conseiller-Président Louis Gérald Gilles, accompagné des Conseillers-présidents Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire, Fritz Alphonse Jean, Frinel Joseph et Leslie Voltaire, a rencontré ce même jour, à la Villa d’Accueil, des représentants de la Société civile, dont le Dr Charles Tardieu et le pasteur Wilson André, autour des enjeux du dialogue interhaïtien.
Selon la note, les échanges ont porté sur la nécessité de garantir la stabilité politique, d’assurer la continuité de l’État et de mener à terme le processus électoral.
Dans son message de clarification, l’évêque Pierre André Dumas a exprimé une foi inébranlable en la capacité des Haïtiens à trouver une issue à la crise. Il en a appelé à la souveraineté nationale et à la responsabilité collective pour ouvrir une ère de réconciliation, de justice et de fraternité.
« Une solution haïtienne est possible », affirme-t-il, tout en réaffirmant sa disponibilité à soutenir toute initiative sincère de paix et à continuer son travail d’éveil des consciences.
Le texte du prélat se conclut par un appel solennel à choisir la vie, la responsabilité et l’espérance, en hommage aux ancêtres et à l’idéal des Pères fondateurs d’Haïti.


