L’administration Trump s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa politique de répression migratoire.
D’après le Washington Post, cité par The Latin Times, l’agence fédérale de l’immigration (ICE) cherche des entrepreneurs pour transformer des entrepôts industriels en centres de détention pouvant accueillir plus de 80 000 personnes.
Ce projet représente un changement par rapport au système actuel, où les personnes arrêtées par l’ICE sont réparties selon les places disponibles. La nouvelle approche prévoit un système centralisé : les détenus seraient d’abord envoyés dans des sites de traitement, puis transférés vers de grands entrepôts en attendant leur expulsion.
Le plan inclut la construction de sept méga-centres de détention, chacun pour 5 000 à 10 000 personnes, ainsi que seize centres plus petits d’environ 1 500 places chacun. Ces structures seraient situées près de pôles logistiques dans six États : Virginie, Texas, Louisiane, Arizona, Géorgie et Missouri.
Des records de détention battus semaine après semaine
Cette annonce survient alors que l’ICE atteint des niveaux de détention sans précédent. Cela suscite des inquiétudes non seulement sur le plan national, mais aussi international. Le nombre croissant de détentions rappelle la nécessité de respecter les normes internationales sur la détention arbitraire. En effet, les Principes de base des Nations Unies pour la protection de toutes les personnes soumises à toute forme de détention ou d’emprisonnement soulignent l’importance de traiter les détenus avec dignité et d’éviter des détentions prolongées sans motif valable. Selon The Guardian, l’agence détenait plus de 68 400 personnes au 14 décembre 2025, un record dans ses données bihebdomadaires. Ce chiffre dépasse le seuil légal de lits fixé par le Congrès à 34 000. Comparé aux administrations précédentes, cette augmentation est significative et met en évidence une tendance croissante vers la surpopulation des centres de détention de l’ICE. Il est important de rappeler que le séjour sans papiers est une infraction civile, et non pénale, selon le droit américain. De nombreux détenus le sont uniquement pour des infractions liées à l’immigration, comme l’entrée non autorisée ou le dépassement de visa. Dans ce contexte, le chiffre qui dépasse le précédent record établi ce mois-ci prend une signification particulière, soulignant le besoin de reconsidérer la narration officielle. Depuis janvier 2025, l’administration a arrêté plus de 328 000 personnes et expulsé près de 327 000 autres, selon l’ICE.
Selon Axios, près de 579 000 personnes ont été arrêtées par le département de la Sécurité intérieure depuis le début du mandat du président Trump. Le rythme des arrestations a augmenté après la révision à la hausse des objectifs quotidiens cette année.
Tricia McLaughlin, porte-parole du département de la Sécurité intérieure, a déclaré le 3 décembre que la moyenne quotidienne atteignait environ 1 800 arrestations ces dernières semaines. Le département n’a pas publié de données complètes pour cette période.
La majorité des détenus n’ont aucun casier judiciaire
Bien que l’administration affirme cibler « les pires des pires », The Guardian note que la majorité des personnes détenues n’ont pas de casier judiciaire.
Selon CBS News, les arrestations de personnes sans antécédents criminels ont fortement augmenté. Depuis le début du second mandat de Donald Trump, le nombre de détenus sans inculpation ni condamnation pénale a augmenté de plus de 2 000 %. À la mi-novembre, près de la moitié des personnes détenues par l’ICE n’avaient aucun casier judiciaire aux États-Unis.
Il est important de rappeler que le séjour sans papiers est une infraction civile, et non pénale, selon le droit américain. De nombreux détenus le sont uniquement pour des infractions liées à l’immigration, comme l’entrée non autorisée ou le dépassement de visa.
La conversion d’entrepôts industriels en centres de détention suscite des préoccupations quant aux conditions d’hébergement des migrants. Les organisations de défense des droits des immigrants s’inquiètent déjà des conditions dans les centres existants, souvent gérés par des entreprises privées telles que Geo Group ou CoreCivic.
L’utilisation d’entrepôts reconvertis pourrait aggraver les conditions de vie des détenus. Ces structures, conçues pour le stockage, risquent de ne pas fournir les installations sanitaires, médicales et récréatives nécessaires pour des séjours prolongés.
Une politique migratoire de plus en plus répressive
Ce projet fait partie d’une stratégie plus large de l’administration Trump pour restreindre fortement l’immigration, qu’elle soit régulière ou irrégulière. Récemment, le gouvernement a suspendu la loterie des visas de diversité, élargi les restrictions de voyage et intensifié les arrestations à l’échelle nationale. Ces actions s’inscrivent dans une série de mesures exécutives précédentes, montrant un schéma clair dans la politique migratoire. Depuis son entrée en fonction, l’administration a, par exemple, imposé des quotas plus élevés pour les arrestations quotidiennes, mis en place des interdictions de voyage ciblant plusieurs pays majoritairement musulmans et introduit des programmes de contrôle accrus aux frontières. Une chronologie de ces événements met en évidence une doctrine d’application systématique visant à réduire considérablement le nombre d’immigrants aux États-Unis, en créant un cadre plus strict pour la gestion de l’immigration.
Pour la communauté haïtienne, particulièrement concernée par ces mesures, l’annonce de ces méga-centres de détention est une source supplémentaire d’inquiétude. Haïti fait partie des pays dont les ressortissants sont davantage surveillés, surtout depuis la désignation des gangs Viv Ansanm et Gran Grif comme organisations terroristes étrangères.
Les défenseurs des droits des migrants dénoncent une criminalisation accrue de l’immigration, sans prise en compte des situations individuelles ni des liens des personnes avec les communautés américaines.
L’ampleur du projet, avec 80 000 places de détention, reflète l’ambition de l’administration de maintenir un rythme élevé d’arrestations et d’expulsions, transformant durablement le paysage migratoire américain.
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Article rédigé à partir d’informations rapportées par The Washington Post, The Guardian, Axios et CBS News



