Kristi Noem ouvre une porte aux 600 000 migrants vénézuéliens dont le statut de protection temporaire a été révoqué, tandis que l’avenir politique du Venezuela demeure incertain après la capture de Maduro.
Au lendemain de l’opération militaire américaine qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro, l’administration Trump envoie un signal aux centaines de milliers de Vénézuéliens présents sur le sol américain : une voie légale leur reste ouverte.
La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré dimanche que les Vénézuéliens qui bénéficiaient auparavant du statut de protection temporaire (TPS) aux États-Unis peuvent désormais déposer une demande d’asile.
« Chaque individu qui était sous TPS a la possibilité de demander le statut de réfugié et cette évaluation sera menée à bien », a affirmé Noem lors d’une interview accordée à l’émission Fox News Sunday« , animée par Gillian Turner.
Une annonce qui fait suite à la révocation du TPS
Cette déclaration intervient après que Noem a mis fin, plus tôt cette année, au statut de protection temporaire dont bénéficiaient environ 600 000 migrants vénézuéliens. Ce statut leur avait été accordé par le ministère de la Sécurité intérieure sous l’administration Biden, leur permettant de vivre et travailler légalement aux États-Unis sans crainte d’expulsion.
La fin du TPS avait plongé ces centaines de milliers de personnes dans l’incertitude quant à leur avenir sur le territoire américain. L’annonce de dimanche leur offre une alternative, bien que le processus de demande d’asile soit notoirement long et complexe, sans garantie d’aboutissement.
Après la capture de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores aux premières heures de samedi matin, des migrants vénézuéliens du sud de la Floride sont descendus dans les rues pour célébrer la chute du dirigeant qu’ils considèrent comme responsable de l’effondrement économique et politique de leur pays d’origine.
Ces scènes de liesse contrastent avec l’incertitude qui plane sur l’avenir à long terme du Venezuela. Le président Trump a déclaré samedi que les États-Unis « dirigeront [le Venezuela] jusqu’à ce que nous puissions effectuer une transition sûre, appropriée et judicieuse », ajoutant que les compagnies pétrolières américaines allaient « réparer » l’infrastructure pétrolière du pays sud-américain.
Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, un fait qui n’échappe pas aux observateurs qui questionnent les véritables motivations de l’intervention américaine.
Caracas refuse de reconnaître la capture de Maduro
Malgré les annonces de Washington, le gouvernement vénézuélien maintient sa position. La vice-présidente Delcy Rodríguez a déclaré samedi, lors d’une allocution télévisée adressée aux Vénézuéliens : « Il n’y a qu’un seul président au Venezuela et son nom est Nicolás Maduro Moros. »
Cette défiance n’a pas ébranlé l’administration Trump. Le président américain, qui a confirmé que le secrétaire d’État Marco Rubio s’était entretenu avec Rodríguez après la mise en détention de Maduro, a lancé un avertissement sévère à la vice-présidente lors d’un entretien accordé dimanche à Michael Scherer du magazine The Atlantic.
« Si elle ne fait pas ce qui est juste, elle paiera un prix très élevé, probablement plus élevé que Maduro », a prévenu Trump.
Washington pose ses conditions pour la transition
Le secrétaire d’État Marco Rubio a précisé les priorités américaines lors d’une interview sur l’émission « Meet the Press » de NBC, animée par Kristen Welker.
Selon Rubio, les États-Unis doivent d’abord s’attaquer au flux de drogues, aux gangs et au pétrole sous sanctions en provenance du Venezuela avant de confier le pays à une nouvelle direction.
Le président Trump a justifié cette approche prudente : « Nous ne voulons pas nous retrouver impliqués à faire entrer quelqu’un d’autre et nous retrouver dans la même situation que celle que nous avons connue pendant ces longues années », a-t-il déclaré samedi.
Un avenir incertain pour les Vénézuéliens des deux côtés
Pour les 600 000 Vénézuéliens aux États-Unis dont le TPS a été révoqué, l’annonce de Kristi Noem représente un espoir, mais aussi un parcours semé d’embûches. Le processus de demande de statut de réfugié implique de démontrer une crainte fondée de persécution dans son pays d’origine — une démonstration qui pourrait s’avérer complexe dans un contexte où le régime Maduro vient d’être renversé.
Quant aux Vénézuéliens restés au pays, ils font face à un avenir tout aussi incertain, avec un gouvernement américain qui affirme vouloir « diriger » leur nation de manière temporaire et des compagnies pétrolières étrangères prêtes à exploiter leurs ressources naturelles.
La communauté internationale, largement divisée sur la légalité de l’intervention américaine, observe avec inquiétude l’évolution d’une situation qui pourrait redéfinir les règles de l’ordre mondial et les relations entre les grandes puissances et les nations riches en ressources naturelles.

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Source : The Hill


