Les États-Unis se disent prêts à travailler avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et son gouvernement intérimaire, saluant le transfert pacifique des responsabilités exécutives en Haïti, intervenu le 7 février 2026 avec la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Washington reconnaît ainsi la nouvelle configuration institutionnelle menée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et son Conseil des ministres, désormais chargés d’exercer l’autorité exécutive à titre intérimaire, rappelant que la stabilisation durable dépend d’une gouvernance responsable et d’une amélioration concrète de la sécurité.
« Les États-Unis prennent acte du transfert pacifique du pouvoir par le coordinateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, au Premier ministre Fils-Aimé et au Conseil des ministres, agissant à titre intérimaire afin de préparer les élections générales en Haïti », peut-on lire dans le communiqué du Département d’État. Cette formulation, tout en notant le caractère « pacifique » de la passation, évite soigneusement de qualifier le nouveau dispositif de « gouvernement de transition » ou de lui accorder une légitimité politique au-delà de son rôle intérimaire. Elle s’aligne sur le cadre constitutionnel invoqué par Port-au-Prince, tout en maintenant une certaine réserve diplomatique.
L’administration américaine exprime sa volonté de collaboration sous condition. « Les États-Unis se disent disposés à travailler avec le Premier ministre et le Conseil des ministres à la réalisation de notre priorité commune, à savoir la stabilisation d’Haïti », précise le texte. Cette disposition est toutefois immédiatement encadrée par un rappel des responsabilités haïtiennes : « Nous reconnaissons la responsabilité qui incombe aux autorités appelées à guider le pays à un moment décisif et soulignons l’importance des efforts menés par les Haïtiens eux-mêmes pour rétablir la stabilité, renforcer la sécurité et faire progresser les aspirations du peuple haïtien. »
La déclaration américaine reprend les conditions-cadres énoncées récemment par le Secrétaire d’État, Marco Rubio, soulignant que des « progrès durables en Haïti dépendent » de trois éléments clés :
Une gouvernance responsable : Un appel transparent à la transparence, à la lutte contre la corruption et à une administration au service de la population.
L’amélioration des conditions de sécurité : Une attente explicite de résultats concrets dans la lutte contre les gangs armés et le rétablissement de l’ordre public, préalable indispensable à toute élection crédible.
Un partenariat international soutenu en faveur de la souveraineté d’Haïti : Une référence au rôle de la Mission internationale de sécurité et à l’appui de la communauté internationale, tout en insistant sur le principe de souveraineté et de leadership haïtien.
« Les États-Unis demeurent engagés à travailler aux côtés des dirigeants haïtiens et des partenaires régionaux afin de contribuer à la stabilisation d’Haïti », conclut la déclaration, réaffirmant ainsi un engagement qui reste, selon les observateurs, fortement tributaire des actions menées sur le terrain par les nouvelles autorités de fait.
Alors que l’incertitude régnait sur la gouvernance politique du pays après l’échéance du 7 fevrier, les Etats-Unis avaient clairement exprimé leur soutien à Alix Didier Fils-Aimé pour assurer la continuité de l’Etat haïtien jusqu’à la tenue d’élections.


