Les États-Unis ont annoncé la fin du Temporary Protected Status (TPS) accordé aux ressortissants de Birmanie (Myanmar). La mesure, rendue publique mardi par la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem, prendra effet le 26 janvier 2026, date à partir de laquelle les Birmans bénéficiant de ce statut humanitaire devront quitter le pays ou trouver un autre fondement légal à leur présence sur le territoire américain.
Un statut conçu pour être « temporaire »
Le TPS permet aux ressortissants d’un pays confronté à un conflit armé, une catastrophe naturelle ou des conditions extraordinaires et temporaires de résider et de travailler légalement aux États-Unis, sans risque d’expulsion, pendant une période déterminée. La loi impose toutefois un réexamen régulier de la situation dans le pays concerné.
Au moins 60 jours avant l’expiration d’une désignation, le ou la secrétaire à la Sécurité intérieure doit, après consultation avec les agences fédérales compétentes, évaluer si les conditions à l’origine du TPS sont toujours réunies. Si c’est le cas, la protection peut être prolongée pour 6, 12 ou 18 mois. Dans le cas contraire, la désignation doit être levée.
C’est précisément ce qu’affirme avoir fait Kristi Noem. Selon le communiqué du Department of Homeland Security (DHS), la responsable « a conféré avec ses partenaires interministériels » et s’est appuyée sur une analyse de l’USCIS, l’agence fédérale chargée des services d’immigration, en consultation avec le Département d’État.
« Restaurer le caractère temporaire du TPS »
En annonçant la fin de la protection pour la Birmanie, la secrétaire à la Sécurité intérieure a insisté sur la vocation limitée de ce dispositif.
« Cette décision restaure le TPS dans son rôle originel de statut temporaire », a déclaré Kristi Noem. « La situation en Birmanie s’est suffisamment améliorée pour qu’il soit sûr pour les citoyens birmans de rentrer chez eux, c’est pourquoi nous mettons fin au Temporary Protected Status. »
La responsable américaine met en avant ce qu’elle décrit comme des progrès notables dans le pays :
« La Birmanie a réalisé des avancées significatives en matière de gouvernance et de stabilité, notamment la fin de l’état d’urgence, des plans pour des élections libres et équitables, des accords de cessez-le-feu réussis et une amélioration de la gouvernance locale qui contribue à de meilleurs services publics et à la réconciliation nationale. »
Sur la base de ces éléments, le DHS estime que les conditions qui avaient justifié l’octroi du TPS ne sont plus remplies.
Une décision jugée conforme à « l’intérêt national »
Le communiqué précise que la secrétaire Noem a conclu que la Birmanie « ne répond plus aux critères statutaires » pour une désignation au TPS. Selon l’évaluation menée par les services d’immigration, « les conditions dans le pays se sont globalement améliorées au point que les citoyens birmans peuvent rentrer chez eux en sécurité ».
La secrétaire va plus loin en estimant que maintenir ces ressortissants sur le sol américain ne serait pas conforme aux priorités de Washington. Elle « a déterminé que permettre aux ressortissants birmans de rester temporairement aux États-Unis va à l’encontre de l’intérêt national des États-Unis », indique le texte.
Le gouvernement fédéral n’a pas détaillé dans l’immédiat combien de personnes sont directement concernées par cette décision ni quelles seront les options mises à leur disposition pour régulariser autrement leur statut migratoire.
Un calendrier serré pour les bénéficiaires du TPS
Avec une date de fin fixée au 26 janvier 2026, les bénéficiaires actuels disposent de quelques mois pour envisager leurs options juridiques : dépôt d’une autre demande de protection, changement de statut s’ils y sont éligibles, ou préparation d’un retour dans leur pays d’origine.
Les autorités américaines encouragent d’ores et déjà les personnes qui décideront de quitter le territoire à signaler leur départ via une application gouvernementale. « Les ressortissants birmans qui rentrent chez eux sont invités à utiliser l’application CBP Home de l’agence des douanes et de la protection des frontières (CBP) pour déclarer leur départ des États-Unis », précise le DHS.
Un revirement lourd de conséquences humaines
Au-delà du langage administratif, la fin du TPS pour la Birmanie pourrait avoir des conséquences majeures pour des familles installées depuis plusieurs années aux États-Unis. Le statut permet en effet d’obtenir un permis de travail, de louer un logement et, dans certains cas, de scolariser des enfants qui ont grandi sur le sol américain.
Si l’administration met en avant les « progrès » accomplis à l’intérieur du pays, de nombreuses organisations de défense des droits humains soulignent, de leur côté, la fragilité persistante de la situation politique et sécuritaire en Birmanie. Le DHS ne répond toutefois qu’aux obligations prévues par la loi : dès lors qu’il considère que les critères d’« conditions extraordinaires et temporaires » ne sont plus réunis, il doit mettre fin à la protection spéciale.
Un signal pour l’ensemble des bénéficiaires du TPS
La décision concernant la Birmanie s’inscrit dans un débat plus large sur l’avenir du Temporary Protected Status, un outil que les administrations successives ont utilisé de façon différente au fil des crises internationales. En rappelant que le TPS « doit rester temporaire », Kristi Noem envoie un signal à d’autres communautés bénéficiant de ce dispositif, lesquelles suivent de près les réexamens périodiques de leurs propres désignations.
Pour les ressortissants birmans concernés, l’annonce marque le début d’une course contre la montre sur le plan administratif et personnel. À mesure que la date du 26 janvier 2026 approchera, la tension risque de monter entre la volonté de Washington de clore ce chapitre et l’angoisse de ceux qui redoutent un retour dans un pays où, malgré les progrès évoqués par le DHS, l’avenir reste incertain.



