Le sénateur démocrate du Massachusetts, Edward J. Markey, a salué la décision rendue lundi 2 février 2026 par le tribunal fédéral du district de Columbia suspendant la révocation du Statut de protection temporaire (TPS) pour Haïti décidée par l’administration Trump.
Cette décision judiciaire intervient à la veille de l’expiration programmée du TPS, fixée au 3 février. Dans son ordonnance, le tribunal fait notamment référence au mémoire d’amicus curiae déposé par le sénateur Markey dans le cadre de cette affaire.
Dans une déclaration publiée le jour même, l’élu démocrate a qualifié la décision de « victoire » pour les bénéficiaires haïtiens du programme.
« La décision d’aujourd’hui est une victoire pour les quelque 350 000 bénéficiaires haïtiens du TPS dont le statut devait expirer demain », a déclaré le sénateur Markey.
« En offrant un refuge sûr à ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux en toute sécurité, le TPS incarne la promesse américaine d’une terre de liberté et de refuge », a ajouté Ed Markey.
Le sénateur a également mis en avant l’ancrage de la communauté haïtienne dans son État.
« Les bénéficiaires haïtiens du TPS sont profondément enracinés dans nos communautés du Massachusetts — de Mattapan à Brockton. Ce sont nos amis, les membres de nos familles, nos voisins, nos collègues. Je continuerai à me battre pour protéger la communauté haïtienne », a-t-il ajouté.
L’administration Trump annonce un appel
La satisfaction exprimée par le sénateur Markey pourrait toutefois être de courte durée.
Quelques heures après la décision de la juge Ana C. Reyes, l’administration Trump a annoncé son intention de faire appel, jusqu’à la Cour suprême si nécessaire.
Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe du département de la Sécurité intérieure, a vivement critiqué la décision sur les réseaux sociaux.
« Cour suprême, nous voilà. Il s’agit d’un activisme illégal dont nous serons vindiqués », a-t-elle écrit. Elle a également remis en cause le fondement du TPS pour Haïti.
« Le TPS d’Haïti a été accordé à la suite d’un tremblement de terre survenu il y a plus de 15 ans. Il n’a jamais été conçu comme un programme d’amnistie de facto, mais c’est ainsi que les administrations précédentes l’ont utilisé pendant des décennies », a-t-elle affirmé.
Elle a conclu en contestant l’autorité de la juge Reyes : « Temporaire signifie temporaire, et le dernier mot ne viendra pas d’une juge activiste qui légifère depuis son banc. »
Ces déclarations laissent entrevoir une bataille judiciaire prolongée autour de l’avenir du TPS haïtien.
Un engagement ancien en faveur des Haïtiens sous TPS
L’an dernier, le sénateur Markey avait déposé un mémoire d’amicus curiae dans l’affaire Miot v. Trump, exhortant le tribunal à suspendre ce qu’il qualifiait de révocation illégale du TPS pour Haïti. Le document soulignait l’intérêt public majeur que représente la présence des bénéficiaires haïtiens du TPS au Massachusetts et dans l’ensemble des États-Unis.
La décision rendue lundi fait explicitement référence à ce mémoire, reconnaissant les arguments avancés par le sénateur et ses collègues.
Le 20 janvier dernier, Edward J. Markey et la représentante Ayanna Pressley, élue du 7ᵉ district du Massachusetts et coprésidente du Caucus haïtien à la Chambre des représentants, avaient organisé une audience publique à la Jubilee Christian Church de Mattapan.
Cette rencontre visait à souligner l’importance de prolonger le TPS pour Haïti. Les élus y ont entendu les témoignages de bénéficiaires, de défenseurs des droits humains et de leaders communautaires affectés par la décision de l’administration Trump de mettre fin au programme.
Le Massachusetts accueille plus de 45 000 bénéficiaires du TPS haïtien, ce qui en fait la troisième plus grande communauté haïtienne des États-Unis.
Malgré la suspension ordonnée par la juge Reyes, l’annonce d’un appel par l’administration Trump maintient les bénéficiaires haïtiens du TPS dans l’incertitude. Si la décision judiciaire leur accorde un répit immédiat, l’issue définitive du dossier pourrait prendre des mois, voire des années, devant les tribunaux fédéraux.
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