Le Ministre de la Justice met le cap sur la sécurité et les élections

CTN News
Par CTN News
Categories: Haïti Justice Politique

Port-au-Prince, 20 février 2026 –Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), Patrick Pélissier, a tenu, mercredi 18 février 2026, une importante séance de travail avec les commissaires du gouvernement près les tribunaux de première instance d’Haïti. Cette rencontre stratégique visait à harmoniser les actions des parquets autour des grandes priorités nationales : le rétablissement de la sécurité et l’organisation des prochaines élections, révèle une note du ministère publiée sur sa page Facebook.

Au cours des échanges, le titulaire du MJSP a passé des instructions « claires et précises » aux chefs des parquets, insistant sur la nécessité d’intensifier les efforts contre l’insécurité et de garantir un climat stable, indispensable à la tenue du scrutin à venir.

Selon le calendrier du Conseil électoral provisoire (CEP), le premier tour des élections législatives et présidentielles est prévu le 30 août 2026. Le second tour, qui devrait coïncider avec les élections des collectivités territoriales, est programmé pour le 6 décembre 2026, dans la perspective de doter le pays de nouveaux dirigeants élus autour du 20 janvier 2027.

La campagne électorale pour le premier tour s’étendra du 15 mars au 29 août 2026, tandis que les résultats définitifs du premier tour seront publiés le 3 octobre 2026.

Les griefs des commissaires
De nombreuses préoccupations ont été soulevées par les commissaires du gouvernement, venus notamment du Nord-Est, de la Grand’Anse, du Nord, du Nord-Ouest, de l’Artibonite, du Plateau Central, de l’Ouest, des Nippes, du Sud et du Sud-Est. Tour à tour, ils ont exposé les difficultés rencontrées dans la gestion quotidienne de leurs juridictions.

Parmi les principaux obstacles évoqués figurent les mouvements de grève des substituts des commissaires du gouvernement et des greffiers. Selon plusieurs intervenants, ces arrêts de travail fragilisent considérablement le fonctionnement des parquets et compromettent leur mission d’autorité de poursuite et de garant de l’ordre public.

L’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH) avait, dans une lettre adressée au ministre début février, attiré son attention sur la situation des greffiers qui, depuis octobre, n’ont perçu aucune des prestations auxquelles ils ont régulièrement droit : chèques de primes, carte de débit annoncée mais jamais mise à disposition, allocations scolaires et allocations de fin d’année. L’ANAGH avait brandi la menace d’un arrêt de travail pour manifester son mécontentement et rappeler l’urgence de régulariser le versement des primes.

Insécurité foncière et complicité présumée
Par ailleurs, les commissaires du gouvernement ont dénoncé la recrudescence des atteintes à la propriété privée dans différentes juridictions. Certains ont pointé du doigt la complicité présumée de divers acteurs du système judiciaire — notaires, arpenteurs, avocats et policiers — dans des dossiers liés à l’insécurité foncière.

En réaction, le garde des Sceaux a affirmé que « l’insécurité foncière ne peut, en aucun cas, être tolérée dans une société de droit ». Accompagné de son chef de cabinet et du directeur des Affaires judiciaires, le ministre a exhorté les commissaires à prendre toutes les mesures nécessaires pour freiner ces atteintes et renforcer la crédibilité de l’appareil judiciaire.

Plus tôt ce mois-ci, le ministre s’était rendu au Collège Canapé-Vert, où il s’est entretenu avec la directrice de l’institution, Madame Franck Paul, dont l’école était menacée d’expulsion. Il avait tenu à souligner que le Collège Canapé-Vert constitue un patrimoine éducatif, précisant que de telles menaces ne sauraient être tolérées. Fondé il y a un demi-siècle, ce prestigieux établissement a contribué à la formation de plusieurs générations d’Haïtiens, a rappelé Patrick Pélissier.

Enfin, le ministre a annoncé l’adoption prochaine de dispositions destinées à mettre un terme aux mouvements de grève qualifiés d’« injustifiés », qui pénalisent les justiciables et entravent les efforts dans la lutte contre les gangs armés. L’objectif, a-t-il souligné, demeure le rétablissement d’un climat de sécurité durable, condition essentielle à l’organisation d’élections libres et apaisées.

Partager cet article