Le CPT maintient sa décision de remplacer Alix Didier Fils-Aimé, un Premier ministre a.i déjà désigné

CTN News
Par CTN News
Categories: Haïti Politique

Port-au-Prince, vendredi 23 janvier 2026 – Les conseillers-présidents Leslie Voltaire et Edgard Leblanc Fils ont tenu une conférence de presse, ce vendredi 23 janvier 2026 à la Villa d’Accueil, consacrée à la situation politique du pays et à la manière dont le Conseil présidentiel de transition (CPT) entend gérer la fin de son mandat, prévue pour le 7 février prochain.

Dans son intervention, le conseiller-président Leslie Voltaire a déclaré que, malgré les efforts déployés par le CPT pour soutenir l’action gouvernementale, les attentes de la population n’avaient pas été pleinement satisfaites.

Dans ce contexte, le Conseil a décidé d’adopter une résolution visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et à désigner un autre chef de gouvernement issu de la même équipe, afin d’assurer l’intérim et d’aider le pays à trouver une meilleure formule pour gérer la période de transition politique après son départ.

« Le 7 février 2026, le CPT cédera le pouvoir. Depuis six mois, plusieurs pôles politiques se sont régulièrement réunis, et nous avions espéré qu’ils proposeraient une formule de gouvernance en prévision de cette date. À ce jour, aucune proposition concrète n’est venue de ces pôles. Nous-mêmes avons engagé le dialogue avec de nombreux partis politiques et différents secteurs de la société civile, en prenant en compte toutes leurs revendications », a-t-il expliqué.

« La première revendication majeure est la libération du terrain politique, afin que toutes les questions – primature, présidence, etc. – puissent être discutées ouvertement lors des négociations. Nous y avons répondu : démocratiquement, nous avons voté pour demander au Premier ministre en fonction de se retirer, afin de nommer un Premier ministre par intérim capable de faciliter ces négociations », a-t-il poursuivi.

« Sur la scène internationale, à la CARICOM comme à l’OEA, tout le monde recherche une solution à la crise. Cependant, une fois sur la bonne voie, des interventions étrangères trop insistantes compliquent le processus. Nous accueillons favorablement l’aide internationale, notamment lorsqu’elle renforce la mission de lutte contre les gangs. Mais lorsque les Haïtiens tentent de récupérer une part de leur souveraineté, de nombreuses objections se font entendre », a-t-il ajouté.

« C’est nous qui avons nommé Didier Fils-Aimé en novembre 2024 et nous l’avons accompagné pendant un an. Aujourd’hui, il revient à notre responsabilité de signer un décret nommant un nouveau Premier ministre, un nouveau gouvernement et, le moment venu, une nouvelle présidence. Nous devons garantir que ce nouveau gouvernement puisse gouverner efficacement, sans blocage national. Nous pensions pouvoir proposer une pause, le temps pour les pôles politiques et la société civile de se réunir afin de définir une formule de gouvernance acceptée par tous et capable d’assurer la transition jusqu’au 7 février », a-t-il conclu.

De son côté, le conseiller-président Edgard Leblanc Fils a expliqué que cette décision de remplacer le Premier ministre visait à permettre une meilleure efficacité dans le court laps de temps qu’il reste au CPT. « Conformément au décret organisant le Conseil présidentiel de transition (CPT), nous nous sommes réunis et, dans le respect de la collégialité ainsi que des articles 11 et 22 de ce décret, une décision a été prise à la majorité qualifiée », a-t-il fait savoir.

Il a été décidé de remplacer le Premier ministre actuel par un Premier ministre à la tête d’un gouvernement par intérim, avec un délai maximal de 30 jours. Pour lui, cette période permettra aux forces vives de la nation – partis politiques, société civile, organisations religieuses et autres acteurs – de se réunir pour définir une formule haïtienne appropriée, capable de surmonter l’impasse liée au 7 février et de tracer une orientation claire pour le pays après cette date.

« L’objectif est de restaurer pleinement la sécurité et la stabilité, d’initier un cycle de développement durable, de corriger les erreurs du passé et de regarder résolument vers l’avenir », a-t-il ajouté. « C’est pour ces raisons que les décisions ont été prises avant-hier et hier. Nos partenaires et amis doivent désormais prendre acte de ces décisions et nous accompagner dans cette étape cruciale pour le pays. »

Leslie Voltaire et Edgard Leblanc Fils ont aussi rappelé que la communauté internationale ne disposait d’aucun pouvoir pour dicter les décisions à prendre en Haïti. Selon eux, « il revient aux Haïtiens de prendre des décisions pour les Haïtiens, afin de favoriser la stabilité du pays ».

Depuis l’annonce de la décision de remplacer le Premier ministre, plusieurs voix se sont élevées pour s’y opposer. La dernière en date est celle du secrétaire d’État américain, ce 23 janvier.

En effet, Marco Rubio s’est entretenu avec le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, afin de réaffirmer le soutien des États-Unis à la stabilité et à la sécurité d’Haïti. Il a souligné l’importance du maintien de Fils-Aimé à son poste de Premier ministre d’Haïti pour lutter contre les gangs terroristes et stabiliser l’île.

« Seul un leadership constant et robuste, bénéficiant du soutien total du peuple haïtien, permettra de mettre fin à la violence actuelle causée par les gangs », a-t-il déclaré.

Le Secrétaire d’Etat américain a ajouté que le Conseil présidentiel de transition (CPT) devait être dissous d’ici le 7 février, sans que des acteurs corrompus ne cherchent à s’ingérer, à des fins personnelles, dans le processus de transition d’Haïti vers une gouvernance élue. « Les dirigeants haïtiens doivent privilégier la stabilité du pays. Les États-Unis veilleront à ce que des conséquences sévères soient imposées aux politiciens corrompus qui soutiennent les gangs violents et sèment la terreur en Haïti. »

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