L’administration Trump entend annuler toutes les demandes d’asile des immigrants arrivés aux États-Unis à travers la frontière sud.
Les officiers de l’USCIS ont donc reçu des consignes de la part du DHS d’annuler toutes les applications pour les personnes en situation irrégulière arrivées par voie terrestre.
Dans les tribunaux, les représentants du gouvernement ont formulé des demandes similaires, selon l’avocate spécialiste d’immigration Maître Nadine Gédéon, citant le cas de plusieurs clients qu’elle représente au tribunal.
Toutes les demandes d’asile ne sont pas concernées par les mesures restrictives de l’administration Trump, mais uniquement celles déposées par des personnes ayant traversé la frontière Sud après le 19 Novembre 2019, a précisé la professeure d’université, répondant aux questions de CTN sur ce dossier.
L’avocate explique que le gouvernement tente, par voie judiciaire, de retirer certains droits aux demandeurs d’asile. Il travaillerait actuellement sur un accord signé avec l’Ouganda et l’Équateur, qui stipule que certaines nationalités ayant traversé irrégulièrement la frontière après le 19 novembre 2019 ne sont plus éligibles à l’asile.
Dans le cadre de procédures de « suspension de l’expulsion » (withholding of removal) ou de protection contre la torture, ces personnes pourraient être expulsées vers ces pays tiers.
« C’est la première fois que je me retrouve dans une situation où le gouvernement fait tout son possible pour contourner les normes établies », déplore l’ancienne présidente de l’association des avocats haïtiano-américains en Floride.
Elle ajoute que lorsque le dossier est traité par les services d’immigration (USCIS), la défense devient extrêmement difficile.
L’USCIS peut en effet retirer le dossier de ses registres. Parfois, l’affaire est renvoyée devant un juge, parfois non, a ajouté Maitre Gédéon.
En dernier recours, si l’avocat ne parvient pas à convaincre le juge que l’accord avec ces pays tiers ne s’applique pas à son client, ce dernier peut émettre une ordonnance de déportation, ouvrant la voie à une expulsion.
Trump rejette des demandes d’asile via des accords avec des pays tiers
L’administration Trump a lancé une vaste initiative nationale visant à faire rejeter les demandes d’asile de milliers de migrants en instance devant les tribunaux de l’immigration, en arguant qu’ils peuvent être expulsés vers des pays tiers, selon des données internes obtenues par CBS News.
Cette stratégie, qui s’est intensifiée ces dernières semaines, cible notamment des demandeurs d’asile dans des villes comme Atlanta, New York, Miami, Los Angeles, San Francisco, ainsi qu’au Texas et dans d’autres États.
Concrètement, les procureurs de l’ICE soumettent aux juges des « requêtes de pré-expulsion », leur demandant de rejeter les demandes d’asile sans même en examiner le fond. Ils soutiennent que certains demandeurs, bien qu’en danger dans leur pays d’origine, peuvent être expulsés vers des États tiers comme le Guatemala, le Honduras, l’Équateur ou l’Ouganda, qui ont signé des accords avec les États-Unis pour accepter des ressortissants étrangers.
Selon des documents judiciaires et des témoignages d’avocats, si ces requêtes sont acceptées, elles annulent de facto la demande d’asile et autorisent l’expulsion du migrant sans autre recours.
Des données gouvernementales internes révèlent qu’au début du mois de décembre, plus de 8 000 de ces requêtes avaient été déposées, illustrant l’ampleur de cette campagne menée par l’administration Trump.
Parallèlement, en septembre 2025, environ 8 400 passages illégaux ont été détectés par l’U.S. Border Patrol à la frontière sud entre les États-Unis et le Mexique, un niveau historiquement bas comparé aux années précédentes.
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