À compter du 1er janvier 2026, les ressortissants de sept nouveaux pays ne pourront plus se rendre aux États-Unis, tandis que de nouvelles règles sur les visas H-1B entrent également en vigueur.
L’année 2026 débute sous le signe du durcissement migratoire aux États-Unis.
Selon des directives actualisées du Service des douanes et de la protection des frontières (CBP) obtenues par ABC News, les ressortissants de sept pays supplémentaires se voient désormais interdire l’entrée sur le territoire américain.
Les pays concernés par ces nouvelles restrictions sont le Burkina Faso, le Laos, le Mali, le Niger, la Sierra Leone, le Soudan du Sud et la Syrie. Le président Donald Trump avait signé des décrets exécutifs limitant les voyages en provenance de ces nations plus tôt dans l’année, mais c’est ce 1er janvier que ces mesures entrent officiellement en vigueur.
Selon le document du CBP daté du 29 décembre, ces restrictions s’appliquent tant aux immigrants qu’aux non-immigrants, ce qui signifie que même les voyageurs temporaires, touristes ou hommes d’affaires, ne pourront plus obtenir de visa pour entrer aux États-Unis.
La Maison-Blanche justifie ces mesures par des impératifs de sécurité nationale et de sécurité publique. Cependant, les défenseurs des droits des immigrants dénoncent une interdiction qui cible principalement les pays africains et musulmans, ravivant les controverses qui avaient entouré le premier « Muslim ban » du président Trump lors de son premier mandat.
Une liste qui s’allonge considérablement
Ces sept nouveaux pays viennent s’ajouter à une liste déjà conséquente de nations soumises à des restrictions de voyage. L’interdiction continue de s’appliquer aux ressortissants d’Afghanistan, de Birmanie (Myanmar), du Tchad, de la République du Congo, de la Guinée équatoriale, de l’Érythrée, d’Haïti, d’Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan et du Yémen.
Par ailleurs, des restrictions partielles demeurent en vigueur pour les personnes en provenance du Venezuela et de Cuba, selon le document officiel.
Cette extension massive des interdictions de voyage illustre la volonté de l’administration Trump de restreindre drastiquement les flux migratoires en provenance de régions considérées comme présentant des risques sécuritaires.
Parallèlement à ces interdictions de voyage, de nouvelles règles concernant les visas H-1B sont entrées en vigueur lundi dernier. Ce programme permet aux employeurs américains d’embaucher des travailleurs étrangers possédant des compétences spécialisées.
Jusqu’à présent, la sélection des bénéficiaires de ces visas s’effectuait de manière relativement aléatoire par le biais d’une loterie. Les modifications apportées par l’administration instaurent désormais un système pondéré qui privilégie les candidats susceptibles de percevoir des salaires plus élevés.
Matthew Tragesser, porte-parole de l’USCIS (Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis), défend cette réforme : « Le processus de sélection aléatoire existant des inscriptions H-1B était exploité et détourné par des employeurs américains qui cherchaient principalement à importer des travailleurs étrangers à des salaires inférieurs à ceux qu’ils auraient payés à des travailleurs américains. »
Le porte-parole ajoute : « La nouvelle sélection pondérée servira mieux l’intention du Congrès pour le programme H-1B et renforcera la compétitivité de l’Amérique en incitant les employeurs américains à parrainer des travailleurs étrangers mieux rémunérés et plus qualifiés. »
Les critiques dénoncent une « fuite des cerveaux »
Cette réforme ne fait pas l’unanimité, y compris au sein de certains partisans du président Trump. Des voix se sont élevées dans les rangs du mouvement MAGA pour critiquer les commentaires du président sur les visas H-1B, illustrant les tensions au sein de sa base électorale sur cette question.
Rosanna Beradi, avocate spécialisée en immigration, met en garde contre les conséquences de cette réforme : « Ce changement limitera sévèrement le nombre de candidats éligibles au programme H-1B. Il rendra encore plus difficile pour les étudiants internationaux de rester aux États-Unis après l’obtention de leur diplôme, ce qui aggravera la fuite des cerveaux. »
L’avocate précise que « la nouvelle règle élimine effectivement le système de loterie et donne la priorité aux personnes à hauts revenus », excluant de facto de nombreux jeunes diplômés et professionnels en début de carrière.
Selon l’USCIS, le programme H-1B compte un total de 85 000 demandes de visa, un chiffre qui pourrait diminuer significativement avec ces nouvelles exigences.
Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de l’administration Trump visant à resserrer les conditions d’octroi des visas pour de nombreux pays. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président a multiplié les décrets exécutifs ciblant différentes catégories d’immigrants et de visiteurs étrangers.
La combinaison des interdictions de voyage élargies et de la réforme des visas H-1B témoigne d’une volonté de transformer en profondeur le système d’immigration américain, tant pour les travailleurs qualifiés que pour les réfugiés et demandeurs d’asile.
Pour les ressortissants des pays nouvellement visés par l’interdiction de voyage, ainsi que pour les professionnels espérant obtenir un visa H-1B, l’année 2026 commence dans l’incertitude et l’inquiétude face à un paysage migratoire américain en pleine mutation.
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Source : ABC News



