La députée démocrate Frederica Wilson a annoncé samedi avoir adressé une lettre au président Donald Trump et à la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem pour réclamer le maintien du statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens.
« Mettre fin au TPS mettrait en danger 350 000 familles haïtiennes travailleuses », a déclaré l’élue de Floride sur sa page officielle. « Voici nos voisins, nos travailleurs et l’épine dorsale de notre communauté. Nous ne pouvons pas leur tourner le dos. »
La missive, datée du vendredi 24 janvier, intervient à dix jours de l’expiration prévue du programme le 3 février 2026. Cette date butoir place environ 560 000 Haïtiens — incluant ceux qui ont bénéficié de la redesignation de 2024 sous l’administration Biden — dans une incertitude juridique aiguë.
« Prolongez TPS maintenant ! » a martelé la représentante Wilson, dont la circonscription dans le sud de la Floride compte une importante communauté haïtienne. La Floride abrite l’une des plus importantes populations haïtiennes des États-Unis, avec des concentrations significatives dans les comtés de Miami-Dade et Broward.
Mobilisation au Congrès
D’autres actions sont également en cours au niveau du Congrès pour éviter la fin du TPS qui permet à des centaines de milliers d’Haïtiens d’avoir un statut légal aux États-Unis.
Cette semaine, la députée du 7ème district du Massachusetts Ayanna Pressley a introduit une pétition de décharge (discharge petition) au Congrès en vue de faire échec à la décision de l’administration Trump de mettre fin au statut de protection temporaire pour les immigrants haïtiens aux États-Unis.
Une discharge petition est un mécanisme parlementaire rare qui permet à une majorité de membres de la Chambre des représentants (218 signatures sur 435) de forcer un vote sur un projet de loi bloqué en commission. Si elle recueille suffisamment de signatures et est adoptée, cette pétition pourrait permettre de préserver le TPS indépendamment de la position de l’administration.
Bataille juridique en cours
Dans l’intervalle, tous les yeux sont rivés sur le tribunal du district fédéral de Washington où la juge Ana C. Reyes devrait se prononcer sur une plainte des défenseurs du TPS contre l’administration Trump.
L’affaire, National TPS Alliance et al. v. Noem et al., conteste la légalité de la tentative de l’administration de mettre fin au TPS pour Haïti. Les plaignants soutiennent que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) n’a pas procédé à une évaluation appropriée des conditions en Haïti avant de décider de la résiliation du programme.
La juge fédérale devrait rendre sa décision avant le 2 février, suivant un délai qu’elle s’était elle-même imposé. Une décision favorable aux plaignants pourrait bloquer temporairement la fin du TPS, comme ce fut le cas en 2017 lorsque des tribunaux fédéraux avaient émis des injonctions préliminaires contre la première tentative de Trump de mettre fin au programme.
Un contexte sécuritaire alarmant en Haïti
Le TPS avait été accordé à Haïti à la suite du séisme dévastateur de 2010 qui avait tué plus de 300 000 personnes et déplacé 1,5 million d’autres. Le programme a été renouvelé successivement en raison de l’instabilité persistante dans le pays caribéen.
La situation sécuritaire actuelle, marquée par l’emprise de coalitions de gangs armés sur environ 85% de la capitale Port-au-Prince et une grande partie du territoire national, rend tout rapatriement particulièrement périlleux. Selon les Nations Unies, plus de 5 000 personnes ont été tuées en Haïti en 2025 dans le contexte de la violence des gangs, et près de 700 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.
Le gouvernement haïtien lui-même, dirigé par le Conseil présidentiel de transition et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a publiquement reconnu son incapacité à assurer la sécurité de ses citoyens et à absorber un retour massif de ressortissants expulsés.
L’administration Trump n’a pas encore répondu publiquement à la demande de prolongation de la représentante Wilson. Le président Trump avait déjà tenté de mettre fin au TPS haïtien durant son premier mandat en 2017, mais cette décision avait été bloquée par les tribunaux fédéraux suite à des contestations judiciaires qui se sont poursuivies jusqu’à ce que l’administration Biden reverse la décision en 2021.
La secrétaire Noem et le DHS ont maintenu une position ferme sur la fin du TPS, malgré les avertissements d’experts en immigration et de responsables locaux concernant les conséquences humanitaires et économiques d’une telle décision.
Avec moins de dix jours avant l’échéance, l’avenir de centaines de milliers de familles haïtiennes vivant et travaillant légalement aux États-Unis demeure suspendu aux décisions judiciaires et politiques qui se joueront dans les prochains jours.
https://ctninfo.com/fr/la-representante…nce-du-3-fevrier/
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