IPC 2025 : Haïti parmi les pays les plus corrompus des Amériques

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Par CTN News
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Port-au-Prince, mercredi 11 février 2026 – Les Amériques ne montrent aucun progrès dans la lutte contre la corruption, selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 publié mardi 10 février 2026 par Transparency International.

Avec un score de 16 sur 100, Haïti figure une nouvelle fois parmi les pays les plus mal classés de la région, aux côtés du Venezuela (10) et du Nicaragua (14).

L’IPC classe 182 pays et territoires selon le niveau perçu de corruption dans le secteur public, sur une échelle allant de zéro (très corrompu) à 100 (très intègre).

La moyenne régionale des Amériques s’établit à seulement 42 sur 100, révélant une stagnation préoccupante et un recul dans plusieurs pays.

Haïti, institutions fragilisées et corruption enracinée

Dans le cas d’Haïti, le score de 16 sur 100 reflète la profondeur de la crise institutionnelle que traverse le pays.

Pour Haïti, où la crise institutionnelle et sécuritaire persiste, le rapport 2025 apparaît comme un nouvel avertissement : sans réformes profondes et renforcement des institutions, la corruption continuera d’alimenter l’instabilité et de peser lourdement sur le quotidien des citoyens.

Transparency International souligne que les pays aux institutions « défaillantes ou capturées », comme Haïti et le Nicaragua, continuent de lutter contre une corruption enracinée et l’emprise de réseaux criminels.

Des années d’inaction gouvernementale ont contribué à éroder davantage la démocratie, affaiblir les services publics et compromettre la sécurité des citoyens.

La corruption, en facilitant l’infiltration du crime organisé dans les sphères politiques et économiques, a aggravé l’instabilité et fragilisé les droits humains.

Une décennie d’efforts stagnants

Selon Transparency, depuis 2012, 12 des 33 pays des Amériques ont enregistré une détérioration significative de leur score. Seule la République dominicaine (37) et le Guyana (40) ont connu une amélioration notable. Cette tendance met en lumière une décennie d’efforts stagnants, voire inversés, dans la région.

Dans plusieurs pays, la corruption a permis au crime organisé d’infiltrer la politique, notamment en Colombie (37), au Mexique (27) et au Brésil (35).

Même les démocraties les plus solides de la région, comme le Costa Rica (56) et l’Uruguay (73), ne sont plus épargnées par la violence alimentée par la corruption et les réseaux criminels.

Les effets de la corruption se traduisent concrètement dans la vie des citoyens. Au Pérou (30), un scandale de pots-de-vin présumés aurait permis de contourner des inspections sanitaires, conduisant à la distribution d’aliments contaminés dans des écoles publiques.

En Argentine (36), des enquêtes sur la gestion de fonds destinés aux médicaments pour les personnes handicapées révèlent des risques similaires pour les groupes vulnérables.

Au Venezuela (10), la corruption généralisée et les activités illicites ont contribué à l’explosion de la pauvreté et de la malnutrition, des millions de familles survivant avec un accès limité à la nourriture, à l’eau et à l’électricité.

Le rapport souligne également l’affaiblissement des mécanismes de contrôle et de responsabilité dans plusieurs pays.

Au Salvador (32), les restrictions imposées aux organisations de la société civile limitent le suivi indépendant des actions gouvernementales. Au Guyana (40), le harcèlement des médias indépendants et des organisations citoyennes entrave la reddition de comptes.

Des pays comme le Salvador (32) et l’Équateur (33) connaissent un recul de la transparence et des libertés civiques, avec des lois limitant l’accès des ONG au financement et entravant leurs activités, ainsi que des actes d’intimidation visant les médias indépendants.

Les États-Unis (64) enregistrent également leur score le plus bas jamais atteint.

Transparency International évoque des inquiétudes liées à l’affaiblissement de l’indépendance judiciaire et au gel temporaire de l’application du Foreign Corrupt Practices Act, ainsi qu’aux réductions de l’aide américaine à la société civile à l’étranger.

Des modèles sous pression

Les meilleurs scores dans les Amériques sont obtenus par le Canada (75), l’Uruguay (73) et la Barbade (68). Toutefois, même ces démocraties solides font face à des défis croissants, écrit Transparency .

Pour Luciana Torchiaro, conseillère régionale pour l’Amérique latine et les Caraïbes à Transparency International, la priorité est claire : « Pour améliorer la vie des populations et renforcer la résilience face au crime organisé, les gouvernements doivent placer la lutte contre la corruption au cœur de leur agenda. Cela signifie protéger les libertés fondamentales, faire respecter la loi grâce à un système judiciaire fort et indépendant, renforcer la coopération internationale dans les affaires de corruption et rendre les marchés publics plus transparents. »

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