Huit membres de gangs tués au marché Salomon, la PNH progresse au centre-ville de Port-au-Prince

Darbouze Figaro

Les forces de l’ordre haïtiennes ont mené une opération musclée au Marché Salomon dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, tuant huit membres de gangs et saisissant des armes. Cette action s’inscrit dans une intensification des efforts pour reprendre le contrôle de zones stratégiques de Port-au-Prince, longtemps aux mains de groupes armés.

Une intervention conjointe de la Police Nationale d’Haïti et de la Task Force a permis de neutraliser huit membres de gangs armés au Marché Salomon, en plein centre-ville. Les forces de l’ordre ont également saisi deux fusils d’assaut, quatre chargeurs et des munitions. Les affrontements, marqués par de fortes détonations, ont persisté jusqu’à tard dans la nuit, nécessitant une présence sécuritaire prolongée pour consolider le terrain repris.

Cette opération s’inscrit dans une série d’actions offensives visant à démanteler les réseaux criminels qui terrorisent commerçants et riverains. Les forces de sécurité progressent simultanément dans d’autres secteurs névralgiques, tels que l’avenue Magloire Amboise et la ruelle Waag, souvent avec l’appui de véhicules blindés.

Ces avancées, qui suivent des combats intenses, sont immédiatement suivies par des interventions d’autres institutions étatiques pour le nettoyage et la sécurisation des zones reconquises. Cette coordination traduit une volonté de rétablir l’autorité publique par une approche multidimensionnelle.

Ces derniers jours, le Président du CPT, Laurent Saint Cyr, et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ont effectué une série de visites officielles destinées à afficher l’unité et la fermeté de l’exécutif face à l’insécurité.

Ces visites ont pour objectif, selon les autorités d’« encourager et soutenir les forces de l’ordre » et donner des « instructions claires pour l’intensification des opérations » contre les groupes criminels.

Les autorités promettent que « les territoires aujourd’hui affectés par la violence seront progressivement et durablement récupérés ». Cette reconquête, affirment-elles, « ouvrira la voie à un climat de sécurité propice à la réorganisation de la vie démocratique, à la tenue d’élections libres, inclusives et démocratiques en 2026, et au retour de l’espoir pour le peuple haïtien ».

Ces déclarations s’appuient sur des succès opérationnels récents, comme la saisie d’un important arsenal à Bel-Air le 30 décembre dernier – incluant des milliers de munitions de guerre et des armes d’assaut – lors d’une opération visant le fief du chef de gang Jamesley.

Parallèlement, ce mardi 27 janvier 2026 fait exactement un an, jour pour jour depuis que des gangs lourdement armés ont envahi des localités de la commune de Kenscoff.
Le bilan, douze mois plus tard, est catastrophique. Des centaines de civils ont été tués. Des quartiers entiers ont été vidés de leurs habitants, contraints à l’exode. Maisons brûlées, terres abandonnées, économie paralysée.

La police aussi a payé un lourd tribut, perdant plusieurs de ses hommes dans des affrontements directs avec les bandits.

Aujourd’hui, malgré les promesses d’opérations de sécurité, la situation reste critique. Les groupes armés occupent toujours des zones de Kenscoff. Les assassinats et les menaces contre les civils se poursuivent. Le retour des déplacés est toujours impossible.

Bien que les opérations conjointes de la PNH et des autres forces présentes sur le terrain nourrissent un espoir de stabilisation, la paix durable à Port-au-Prince dépendra de la continuité de cette pression sécuritaire et de la capacité à transformer ces gains militaires en une sécurité palpable pour la population.

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