Port-au-Prince, mercredi 21 janvier 2026 – Les États-Unis ont exprimé leur soutien au Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, alors que des rumeurs de destitution circulent à l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin théorique du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Dans une déclaration ferme, Washington a averti : « L’objectif des États-Unis pour Haïti demeure l’instauration d’un niveau minimal de sécurité et de stabilité. Toute tentative de modification de la composition du gouvernement par le Conseil présidentiel de transition (CPT), non élu, à ce stade avancé de son mandat, serait considérée par les États-Unis comme une manœuvre visant à saper cet objectif et, de ce fait, serait nulle et non avenue. Les États-Unis considéreraient que toute personne soutenant une telle initiative déstabilisatrice, favorable aux gangs, agirait à l’encontre des intérêts des États-Unis, de la région et du peuple haïtien, et prendront les mesures qui s’imposent en conséquence. »
Cette prise de position intervient quelques heures après une matinée tendue, ce mercredi 21 janvier, dans plusieurs quartiers de la capitale. Des barricades de fortune et des pneus enflammés ont été érigés à divers endroits, perturbant brusquement la circulation sur plusieurs axes routiers et paralysant les activités économiques.
Dans un communiqué, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a condamné avec la plus grande fermeté ces blocages. « Ces agissements portent une atteinte grave à la liberté de circulation des citoyens, entravent le fonctionnement normal des activités économiques et sociales et menacent la cohésion nationale », a-t-il déclaré.
Affirmant son attachement au rétablissement de l’ordre public, à la sécurité collective et à l’État de droit, le chef du gouvernement a réaffirmé « avec autorité que nul ne saurait, sous quelque prétexte que ce soit, prendre en otage l’espace public au détriment de la population. »
« Le Chef du Gouvernement assume pleinement les responsabilités que lui confère la Constitution, notamment en matière de protection des personnes, des biens et des infrastructures stratégiques de la Nation », poursuit le texte, indiquant que l’État « demeurera ferme, vigilant et résolu face à toute tentative de désordre, de blocage ou de déstabilisation », tout en veillant au respect des droits fondamentaux.
L’avertissement américain survient dans un contexte particulier, alors que le CPT a lancé un dialogue national le 18 janvier. La troisième et dernière journée de ces consultations politiques s’est achevée le mardi 20 janvier. Ces rencontres visaient à dégager un consensus haïtien autour d’un mécanisme de gouvernance capable d’assurer la stabilité après le 7 février.
Selon des informations relayées dans la presse, plusieurs Conseillers-présidents envisageraient pourtant un possible remplacement du Premier ministre à moins de trois semaines de la fin de leur propre mandat.
Les premières réactions enregistrées mercredi soir ont fustigé la prise de position des États-Unis, y voyant un nouvel acte d’ingérence dans les affaires internes d’Haïti. Cette défense ouverte du Premier ministre par Washington ajoute une dimension géopolitique complexe à la crise politique et sécuritaire que traverse le pays.
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