Le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, a fixé un délai clair pour le rétablissement de la libre circulation sur les axes essentiels à l’économie et à la vie sociale du pays. « Je peux garantir que Port-au-Prince n’est pas tombée et ne tombera pas », a-t-il assuré lors d’une intervention à l’émission Panel Magik sur radio Magik9 le mercredi 7 janvier 2026. « Les voies menant vers le Sud et le Nord seront ouvertes avant le 7 février. », a annoncé Andrésol dont les propos ont été retranscrits dans un article du Nouvelliste. Cette date marque la fin théorique du mandat du Conseil présidentiel de transition, ajoutant une dimension symbolique et politique à cet engagement.
L’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti a reconnu que son arrivée à la secrétairerie d’État, en mars 2025, s’était heurtée à des « incompréhensions » avec la direction policière de l’époque, entravant la mise en place d’une synergie efficace. « À ce moment-là, les forces de l’ordre avaient besoin d’un leadership capable de les aider à donner le maximum », a-t-il expliqué, sans détailler les divergences passées.
Aujourd’hui, Mario Andrésol se dit plus confiant. Il souligne une meilleure cohésion entre la PNH, les Forces armées d’Haïti (FAD’H), la Force de suppression des gangs (FSG) et la Task Force. Cette coordination améliorée permet, selon lui, de mener des opérations plus structurées pour « reprendre progressivement le centre-ville » de la capitale, théâtre d’affrontements quotidiens.
Interrogé sur le calendrier précis de la réouverture des routes nationales, le secrétaire d’État a indiqué que le directeur général actuel de la PNH lui avait soumis un plan spécifique pour la reprise de la route du Sud. Il l’a jugé « correct », tout en refusant d’en dévoiler les détails pour des « raisons de sécurité opérationnelle ».
La confiance affichée par Mario Andrésol repose en grande partie sur l’attente de matériels lourds commandés depuis novembre 2025. « Nous espérons qu’ils seront livrés dans les jours à venir. C’est ce qui fonde notre confiance quant à l’ouverture des routes avant le 7 février », a-t-il insisté. Ces équipements, notamment des véhicules blindés déjà déployés à Mirebalais et dans l’Artibonite, doivent permettre aux forces de « faire face avec plus de sécurité aux pièges des bandits ».
Le responsable a admis une difficulté majeure : l’incapacité actuelle à « neutraliser systématiquement les chefs de gangs les plus influents ». La stratégie adoptée consiste donc à démanteler leurs dispositifs. « Même si on n’atteint pas les grands caïds, l’objectif est de s’attaquer aux moyens qu’ils ont mis en place et d’isoler les chefs de leurs troupes », a-t-il détaillé.
Dans ce cadre, il a confirmé l’utilisation « systématique » et « efficace » de drones explosifs pour « neutraliser de nombreux bandits ». Les équipes spécialisées disposeraient désormais de « l’ensemble des équipements commandés ».
Cette annonce intervient dans un contexte d’intensification des opérations militaires et policières au cœur de la capitale. Depuis début janvier, la PNH et la Force de répression des gangs (FRG) mènent des assauts pour reprendre le contrôle de quartiers du centre-ville devenus des zones de non-droit. Des témoins rapportent des explosions de drones et des échanges de tirs nourris à longueur de journée.


