Haïti multiplie les initiatives diplomatiques à la 50e réunion ordinaire de la CARICOM

CTN News

Port-au-Prince, mercredi 25 février 2026_En déplacement officiel à Saint-Kitts-et-Nevis à l’occasion de la 50ᵉ réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la Communauté caribéenne (CARICOM), le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a mené une série d’initiatives diplomatiques majeures, centrées sur la sécurité, la transition politique et la relance économique, selon un communiqué de la Primature.

En marge des travaux tenus à Basseterre du 24 au 27 février, le chef du gouvernement haïtien s’est entretenu avec  Carla Barnett, Secrétaire Générale de la Communauté Caribéenne.

Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affirmée du Gouvernement haïtien de consolider son engagement au sein des mécanismes régionaux et de renforcer la solidarité caribéenne face aux défis communs, lit-on dans le communiqué.

Les échanges ont porté en priorité sur la situation sécuritaire en Haïti, notamment le renforcement des capacités opérationnelles des Forces Armées d’Haïti (FADH) et de la Police Nationale d’Haïti (PNH), ainsi que sur la mobilisation d’appuis en faveur du déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG).

Les discussions ont également abordé l’accompagnement régional au processus électoral en cours et les nouvelles bases du redressement économique et social, à travers la structuration des pôles de développement du Grand Nord et du Grand Sud.

Le Premier mnistre a réitéré la détermination des autorités haïtiennes à restaurer pleinement la sécurité, à organiser des élections crédibles et inclusives, et à engager le pays sur une trajectoire durable de stabilité et de prospérité, avec l’appui solidaire de la communauté caribéenne.

Fils-Aimé s’est aussi entretenu avec le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness.

Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de renforcer le partenariat stratégique entre leurs pays, dans un contexte marqué par une insécurité persistante en Haïti et des défis communs à l’ensemble de la région caribéenne.

Le Premier ministre haïtien a sollicité un appui accru pour consolider les capacités opérationnelles des Forces armées d’Haïti et de la Police nationale, ainsi qu’un soutien coordonné au déploiement de la Force de répression des gangs (FRG).

Les discussions ont également porté sur le renforcement de l’intégration économique régionale et sur les perspectives de développement des pôles du Grand Nord et du Grand Sud d’Haïti.

Autre temps fort de  cette mission: la rencontre bilatérale entre  Fils-Aimé et le secrétaire d’État américain, Marco Rubio.

Les échanges ont été qualifiés de  » francs  » et  » orientés vers des résultats concrets « , autour d’un objectif partagé : rétablir durablement la stabilité institutionnelle et créer les conditions d’élections crédibles.

Au cœur des discussions figurait le Pacte national pour la stabilité et des élections crédibles en Haïti.

Le chef de la diplomatie américaine a salué cette initiative, la présentant comme un signal fort d’unité politique et de responsabilité collective, susceptible de restaurer la confiance nationale et internationale, selon la primature haïtienne.

Les deux responsables ont accordé une attention prioritaire à la situation sécuritaire.

Le Premier ministre haïtien a exposé les mesures engagées pour démanteler les réseaux criminels et restaurer l’autorité de l’État, plaidant pour un renforcement de la coopération bilatérale, notamment en matière d’équipements stratégiques, d’appui logistique et de soutien financier à la FRG.

Un Pacte national comme pierre angulaire de la transition

En amont de ce déplacement, le 23 février à Port-au-Prince, le Premier ministre avait procédé à la présentation officielle du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, à l’occasion d’une cérémonie organisée à la Villa d’Accueil.

Signé par des représentants du gouvernement, des partis politiques, du secteur économique, de la société civile et du corps diplomatique, ce Pacte est présenté comme une étape stratégique majeure du processus de transition.

Il vise à créer les conditions indispensables à la tenue d’élections crédibles, inclusives et transparentes, tout en renforçant la sécurité publique et la stabilité institutionnelle.

Dans son allocution, le chef du gouvernement avait salué « le choix du dialogue et de la responsabilité historique  » opéré par les signataires, soulignant que l’accord est le fruit de plusieurs jours de consultations intensives et de convergences responsables.

Le gouvernement s’est engagé à assurer la mise en œuvre effective des dispositions du Pacte, en mettant l’accent sur le renforcement de la sécurité, la consolidation institutionnelle, la transparence électorale, l’implication de la jeunesse et la relance économique.

Le déplacement à Saint-Kitts-et-Nevis, pour participer à cette réunion des dirigeants de la région placée sous le thème  » Aller au-delà des paroles : agir aujourd’hui pour une CARICOM prospère et durable « , s’inscrit dans une stratégie plus large de diplomatie active.

Le gouvernement haïtien entend ainsi consolider ses relations avec les États membres de la CARICOM et renforcer les mécanismes de coopération régionale face aux défis sécuritaires, économiques et climatiques.

Le Premier ministre, dont le retour à Port-au-Prince est prévu ce jeudi 26 février,  affiche une ligne claire : conjuguer mobilisation interne et appui international afin de conduire le pays vers des élections libres, transparentes et démocratiques, considérées comme le socle d’un renouveau institutionnel durable.

Partager cet article