Le chef de l’exécutif monocéphale d’Haiti, Alix Didier Fils-Aimé, a acté le remaniement ministériel lors d’un Conseil des ministres spécial tenu lundi soir, au terme d’environ trois semaines de négociations avec les signataires du pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections. Une dizaine de nouveaux ministres ont été nommés.
Parmi les nouvelles têtes de l’équipe gouvernementale figurent notamment Sandra Paulemon au ministère de la Planification et de la Coopération externe, Raïna Forbin au ministère des Affaires étrangères et des Cultes, ainsi que Mario Andrésol, qui s’est vu confier le ministère de la Défense. L’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti occupait jusqu’ici le poste de secrétaire d’État à la Sécurité publique.
Les autres nouveaux membres du cabinet ministériel sont : Pasteur Vijonet Déméro, ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle ; Marc Élie Nelson, ministre des Affaires sociales et du Travail ; Joseph Almathe Pierre-Louis, ministre des Travaux publics ; Maxime Aubourg, ministre de l’Agriculture ; Dumas Pythagore, ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique ; Emmanuel Ménard, ministre de la Culture et de la Communication ; Stéphane Smith, ministre du Tourisme ; et Moïse Louis, ministre de l’Environnement.
Par ailleurs, six ministres du gouvernement sortant ont été maintenus dans leurs fonctions, dont le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Dr Patrick Pélissier, et le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Colin, récemment nommé. Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pédrica St-Jean, la ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Kathia Verdier, le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, ainsi que celui de la Santé publique et de la Population, Dr Bertrand Sinal, ont été également reconduits.
Dans une publication sur X dans la soirée, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a « félicité les ministres sortants pour leur sens élevé du devoir, leur responsabilité et leur maturité politique. »
« Dans un contexte national particulièrement exigeant, ils ont su faire preuve de dépassement de soi, d’engagement et d’esprit de sacrifice au service de l’État. La Nation haïtienne leur exprime sa reconnaissance pour leur contribution à la continuité républicaine et à la stabilité des institutions », a écrit le chef de l’exécutif monocéphale.
Alors que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé gouverne avec le soutien affirmé de puissances étrangères qui ont bloqué toute tentative de l’éjecter du pouvoir, l’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux, a prévenu, dans un entretien au Nouvelliste et à Radio Magik9, que « ce soutien n’est ni aveugle ni inconditionnel. »
« Avec plus de pouvoirs viennent plus de responsabilités. Je sais qu’il en est bien conscient, mais je peux vous dire de notre côté que la seule chose qui a guidé et qui continuera à guider l’engagement et l’action du Canada, c’est le bien-être du peuple haïtien, sa sécurité et son droit constitutionnel de choisir ses dirigeants », a déclaré le diplomate, qui a clairement fixé les attentes de la communauté internationale envers le chef du gouvernement.
André François Giroux a également exhorté les acteurs politiques à soutenir la transition au lieu de la torpiller. Pour le représentant du Canada, l’équation est simple : « Tant et aussi longtemps qu’on ne redonnera pas au peuple haïtien sa sécurité et son droit souverain et constitutionnel de choisir ses dirigeants, on aura échoué. »
L’ambassadeur a tenu à dissiper tout malentendu sur la nature de l’engagement canadien : « Nous ne sommes pas attachés à des individus, mais à des objectifs, à la démocratie, au retour au fonctionnement des institutions prévu par la Constitution haïtienne. Tous les individus, tous les acteurs qui sont en jeu actuellement sont là pour faire un travail, ils sont là pour défendre un principe, ils sont là pour avancer. C’est vraiment le collectif qui doit prendre le relais. On doit y croire, mais on doit l’appuyer aussi. »
L’arrêté nommant les nouveaux ministres doit être publié incessamment en vue de faciliter leur investiture, afin qu’ils puissent se mettre au travail et commencer à poser des actions pour permettre au gouvernement d’accomplir les engagements pris dans le cadre du pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections.


