L’opération militaire américaine au Venezuela aurait causé la mort d’au moins 40 personnes, parmi lesquelles des civils, selon des informations rapportées par The New York Times.
Ces frappes, menées dans la nuit de vendredi à samedi, s’inscrivent dans une intervention directe des États-Unis visant à capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro, qualifié de “dictateur” par Washington.
D’après la journaliste Mariana Martinez, citée par le quotidien new-yorkais, les victimes comprennent à la fois des militaires et des civils. Ces informations proviennent d’un haut responsable vénézuélien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, et reposent sur des rapports préliminaires établis dans les heures suivant l’attaque.
À ce stade, aucun autre grand média international n’avait confirmé, samedi soir, un bilan humain aussi élevé.
Une opération militaire à haut risque
L’intervention américaine a conduit à l’arrestation spectaculaire du président Nicolás Maduro et de son épouse, qui ont été transférés aux États-Unis.
Selon les autorités américaines, le dirigeant vénézuélien a été inculpé par un tribunal fédéral à New York pour conspiration de narcoterrorisme, infractions liées aux armes et complot visant à importer de la cocaïne sur le sol américain.
L’acte d’accusation affirme que Maduro, ainsi que trois autres coaccusés, auraient participé à l’acheminement de milliers de tonnes de cocaïne vers les États-Unis.
Le document judiciaire décrit Maduro comme le “dirigeant illégitime” d’un régime corrompu qui, depuis des décennies, aurait utilisé le pouvoir de l’État pour protéger et encourager des activités criminelles, notamment le trafic de drogue, au bénéfice des élites politiques et militaires du pays.
Trump assume une administration temporaire du Venezuela
S’exprimant devant la presse samedi, le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient administrer temporairement le Venezuela, le temps de stabiliser la situation. Il a également affirmé que Washington comptait relancer la production pétrolière vénézuélienne, estimant que les États-Unis avaient historiquement contribué à bâtir l’industrie pétrolière du pays.
Réactions contrastées à Washington
Aux États-Unis, l’opération a suscité des réactions contrastées.
The Washington Post a qualifié la capture de Nicolás Maduro de “victoire majeure pour les intérêts américains”, soulignant l’impact stratégique de cette arrestation sur la scène régionale.
Plusieurs responsables démocrates ont également salué la fin du régime Maduro. La représentante Debbie Wasserman Schultz a estimé que cette arrestation constituait une bonne nouvelle pour les communautés ayant fui le Venezuela. Dans un message publié sur le réseau X, elle a écrit que la chute de ce dirigeant “brutal et illégitime” était un soulagement pour ceux qui avaient échappé à un régime marqué par la violence, l’illégalité et l’échec économique.
D’autres élus démocrates, tout en se réjouissant du départ de Maduro, ont cependant critiqué le président Trump pour ne pas avoir informé le Congrès en amont de l’opération militaire. Interrogé sur ce point, le président américain a répondu qu’il ne pouvait prévenir les parlementaires en raison de leur “ tendance à divulguer des informations sensibles”.
Des zones d’ombre persistantes
Malgré les annonces officielles, de nombreuses zones d’ombre demeurent, notamment concernant le bilan humain exact, les circonstances précises des frappes et le cadre juridique de l’intervention américaine. Les autorités vénézuéliennes n’ont pas publié de chiffre officiel indépendant, et l’accès à certaines zones touchées resterait limité.
Alors que la communauté internationale observe avec attention les conséquences de cette opération sans précédent, les questions humanitaires et politiques liées à la mort de civils risquent d’alimenter un débat intense dans les jours à venir.



