Les communautés haïtiennes semblent plus que jamais déterminées à se faire représenter au niveau municipales des principales grandes villes du Massachusetts.
Pour les prochaines municipales du 4 novembre, plus d’une douzaine de personnalités d’origine haïtienne se portent candidates. Une preuve de la volonté des Haïtiens d’origine de donner une voix à leur communauté. Mais cela pourrait aussi avoir l’effet inverse, considérant que plusieurs candidats se présentent pour le même poste dans certaines municipalités.
À Boston, au moins quatre Haïtiens d’origine se portent candidats.
Dans le cinquième district, comprenant les quartiers de Hyde Park, Mattapan, et une partie de Readville et Roslindale, ce sera une bataille entre deux voisins historiques. L’Haïtien d’origine Winston Pierre sera opposé au conseiller sortant Enrique Pepén, fils de deux immigrants dominicains.
Sur son site internet, Winston Pierre se présente comme un candidat conciliant, prêt à écouter et œuvrer à l’avancement de sa communauté.
« De mon tout premier emploi au Fenway Park à mes stages au Beacon Hill et au Capitole, j’ai vu de mes propres yeux le pouvoir de l’opportunité. Lorsqu’on ouvre des portes, des vies entières peuvent être transformées. C’est pourquoi je me présente au Conseil municipal de Boston : pour être une voix pour tous les quartiers, quelqu’un qui écoute, comprend et se bat pour un progrès réel et durable. »
Trois autres personnes d’origine haïtienne sont également candidates au poste de conseillère municipale générale (City Councilor At Large).
Ruthzee Louijeune
Ruthzee Louijeune
Première Haïtienne d’origine à être élue conseillère municipale dans la ville de Boston, Ruthzee Louijeune entend briguer un troisième mandat.
Grâce à ses travaux de leader communautaire et son parcours académique glorieux, Ruthzee Louijeune bénéficie du soutien de poids de l’establishment démocrate de l’État du Massachusetts.
Détentrice d’un diplôme en droit de l’Université Harvard, Ruthzee a été élue pour la première fois en 2021. Depuis, elle n’a cessé de briller au conseil municipal de Boston jusqu’à en devenir présidente.
Arrivée en troisième position lors de sa première campagne en 2021, Ruthzee a été confortablement réélue en 2023 en obtenant plus de voix que tous les autres concurrents.
Quatre candidats sont élus au conseil municipal général de la ville de Boston.
Pour son troisième mandat, Ruthzee ne sera pas la seule Haïtienne d’origine. Elle sera accompagnée de deux autres membres importants de la communauté haïtienne.
Marvin Mathelier
Vétéran de l’armée américaine, Marvin D. Mathelier est aussi fils d’immigrants haïtiens bien connus de la communauté haïtienne de Boston pour leur engagement en faveur des immigrants. Il est l’actuel directeur du Centre Culturel Toussaint Louverture, le premier centre haïtien de ce genre dans toute la Nouvelle-Angleterre (Connecticut, Massachusetts, Maine, New Hampshire, Rhode Island et Vermont).
Marvin Mathelier mise beaucoup sur sa capacité à entendre tous les secteurs importants de la ville. Il prend notamment en exemple le fait qu’il a pu rendre possible un projet vieux de plus de 20 ans en collectant des fonds ayant permis au centre qu’il dirige d’avoir un nouveau local. Au conseil municipal de Boston, Marvin Mathelier entend adresser les grands problèmes que confronte la ville de Boston, comme il l’a mentionné sur son site de campagne.
« Je me présente au Conseil municipal parce que nous avons besoin de solutions audacieuses et durables, pas de mesures temporaires. L’Hôtel de Ville doit servir les citoyens, et non les intérêts particuliers. Ensemble, nous pouvons bâtir un Boston accessible à tous, améliorer nos écoles et garantir la sécurité dans nos rues. »
YVES MARY JEAN
Très connu dans la communauté haïtienne de Boston, Yves Mary Jean entend aussi siéger à l’un des quatre sièges du conseil municipal général de Boston.
Détenteur d’une maîtrise en science politique de la prestigieuse Université Suffolk, Yves Mary Jean est aussi romancier. Il a occupé plusieurs postes à la mairie de Boston, notamment dans le secteur éducatif. Pour se faire élire, Yves entend axer sa campagne sur l’un des problèmes cruciaux de la ville : le logement.
« Le logement abordable est ma priorité absolue. Je m’engage à défendre des politiques qui protègent les locataires et offrent aux familles la stabilité qu’elles méritent. Je suis également déterminé à améliorer les transports et à veiller à ce que nos aînés reçoivent les soins et l’attention qu’ils méritent. »
Quatre postes sont à pourvoir au conseil municipal général de Boston et cinq dans les districts. « Ils sont responsables de représenter leurs électeurs, d’élaborer et d’adopter les politiques municipales, ainsi que de superviser le budget et les opérations de la ville. »
Dans moins de deux mois, soit le 9 septembre prochain, les quatre premiers candidats au poste de conseiller municipal général seront choisis lors des primaires considérées « non partisanes ». Cinq autres conseillers municipaux de districts seront également élus. Les élections générales se tiennent le 7 novembre. Mais ces élections seront largement symboliques pour les conseillers municipaux déjà élus lors des primaires du 9 septembre.
À côté de Boston, les Haïtiens sont également très représentés au scrutin municipal de Brockton.
Au total, 5 candidats, dont deux au poste de maire et trois au conseil municipal général.
Jean Bradley Derenoncourt
Jean Bradley Derenoncourt est un habitué du scrutin dans la ville de Brockton. Il participe depuis 2017 aux élections, lorsqu’il avait créé la surprise en arrivant à la quatrième position avec 5 256 voix synonymes d’un siège au conseil municipal général. Deux ans plus tard (2019), il avait tenté sa chance au poste de maire, mais a été battu aux primaires. Le même scénario s’est reproduit en 2021 au poste de conseiller municipal. Mais en 2023, il est retourné en force au conseil municipal général. En 2025, le natif de Port-au-Prince veut encore croire qu’il est possible de gagner le poste de maire de Brockton. Mieux armé cette fois, Derenoncourt entend capitaliser sur ses réalisations au conseil municipal.
« Durant son mandat au sein du Conseil municipal, il s’est engagé à améliorer les services aux personnes âgées, à garantir un financement adéquat pour l’éducation, à renforcer la présence de la ville auprès de la jeunesse de Brockton, à plaider pour la revitalisation du centre-ville, et à élargir les opportunités d’inscription sur les listes électorales pour les résidents », a-t-il écrit sur son site de campagne. « Il espère poursuivre ce travail en tant que prochain maire de Brockton », a-t-il ajouté.
Mais les élections primaires de cette année peuvent s’avérer très difficiles pour M. Derenoncourt, qui sera cette fois accompagné d’une autre Haïtienne d’origine.
Mais les élections primaires de cette année peuvent s’avérérer très difficile pour Monsieur Derenencourt qui sera cette fois accompagné d’une autre haiïtienne d’origine.
Carina L. Mompelas
Peu d’informations sont disponibles sur Carina Mompelas, candidate à la mairie de Brockton.
Inscrite comme candidate à la mairie sur le site officiel de la ville de Brockton, Carina Mompelas n’est pas à sa première participation aux élections au poste de maire.
Dans une brève intervention diffusée sur The Brockton Channel, Mme Mompelas a reconnu que « changer une ville n’est pas une tâche facile », mais elle estime que cela reste possible avec les ressources adéquates. « Je suis une battante. J’ai combattu un cancer, j’ai surmonté bien des épreuves dans ma vie. Et à travers tout cela, je n’ai jamais abandonné », a-t-elle déclaré lors d’un débat en 2019.
Malgré son jeune âge, Carina Mompelas n’en est pas à sa première expérience politique. Elle a notamment été candidate au poste de trésorière du comté de Plymouth en 2020. Elle y avait alors fait forte impression en recueillant 98 050 voix, bien qu’elle ait été battue par Thomas J. O’Brien.
Notre rédaction n’est pas parvenue à trouver des informations supplémentaires sur le profil de Mme Mompelas. Le site internet mentionné sur son profil Facebook ne fonctionne pas, et nos tentatives pour la joindre par téléphone à l’un des numéros indiqués sont restées vaines.
À côté de Jean Bradley Derenoncourt et Carina Monpelas, trois autres candidats d’origine haïtienne briguent un poste de conseiller municipal général à Brockton.
Jeff Charnel
Jeff Charnel est un banquier commercial et leader communautaire fortement impliqué dans le développement de sa ville, selon la biographie publiée sur son site de campagne. Président de la Commission des licences et membre actif de plusieurs conseils locaux, il s’efforce depuis plusieurs années de rendre les services municipaux plus accessibles, de défendre les petites entreprises et d’encourager une nouvelle génération de leaders civiques.
« Mon objectif est d’apporter des solutions concrètes et un leadership centré sur la communauté à l’hôtel de ville de Brockton », affirme-t-il.
Matthieu Delisme
Mathieu C. Delisme, lui aussi candidat pour l’un des quatre sièges de conseiller municipal général, semble axer sa campagne sur une approche spirituelle et citoyenne.
Dans un message trilingue – en anglais, français et espagnol – publié sur son site internet, il lance officiellement sa candidature et s’adresse aux électeurs : « Vote, Vota, Votar Matthieu Delisme – Brockton Councilor At Large. »
Il introduit son annonce par une proclamation religieuse : « C’est ici la journée que l’Éternel a faite : qu’elle soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie ! »
Connu pour son engagement communautaire, M. Delisme souhaite insuffler un renouveau au sein du conseil municipal.
Alix Arthur Gayaud
Peu d’informations sont disponibles sur Alix Arthur Gayaud. Dans une vidéo publiée en 2023 sur sa chaîne YouTube, il affirmait vouloir représenter « les sans-voix » et capitaliser sur son engagement communautaire pour convaincre les électeurs de Brockton.
Il annonçait alors vouloir se concentrer sur les questions de sans-abrisme, de logement, d’éducation publique et de transport en commun. Cette année encore, il se représente pour le même poste, déterminé à défendre les mêmes priorités en 2025.
Everett
Dans la ville d’Everett, la conseillère municipale générale Guerline Alcy, également connue sous le nom de Guerline Jabouin Alcy, sollicite un nouveau mandat.
À l’image d’Alix Arthur Gayaud, elle affirme vouloir continuer à représenter « les sans-voix ». Ses priorités demeurent la lutte pour un meilleur accès au logement, l’amélioration du transport public et une meilleure prise en charge des personnes âgées.
« En ce moment, trop de gens dans notre ville se sentent laissés pour compte, invisibles et oubliés. Les résidents luttent contre la hausse des loyers et des prêts hypothécaires. Les personnes âgées et les petits entrepreneurs se sentent abandonnés. Le nombre de sans-abris augmente, et de plus en plus de personnes font la queue pour obtenir de la nourriture et un abri », a-t-elle écrit dans un long message publié sur sa page Facebook.
Randolph City Councilor at-Large
A la ville de Randolph où une réside une improtante communauté d’immigrants haïtiens, deux compatriotes sont en lice pour les postes de conseillers municipaux.
Randolph – Deux candidatures haïtiennes en lice
À Randolph, ville où réside une importante communauté haïtienne, deux compatriotes sont en lice pour les postes de conseiller municipal général.
Natacha Clerger
Déjà élue à ce poste, Natacha Clerger a officiellement lancé sa campagne pour un nouveau mandat au sein du Town Council de Randolph.
« Je m’engage à continuer à me concentrer, dans mon futur mandat, sur l’éducation, la sécurité, la sensibilisation communautaire, les taxes foncières, le développement économique, l’immigration et la qualité de l’eau », a-t-elle déclaré.
Mme Clerger souligne avoir travaillé sans relâche ces deux dernières années avec l’ensemble des parties prenantes de la ville : élus, chefs d’entreprise, responsables religieux. Son objectif est d’adapter les institutions municipales aux réalités actuelles des habitants.
« J’ai travaillé sans relâche avec tous les acteurs de Randolph […] afin de moderniser les institutions de la ville pour mieux répondre aux attentes des citoyens », a-t-elle ajouté.
Figure bien connue de la diaspora haïtienne dans la région, Mme Clerger entend mobiliser une nouvelle fois les électeurs autour d’un programme axé sur l’efficacité, l’équité et l’inclusion.
Guerlince Semerzier
Candidat pour la première fois, Guerlince Semerzier se distingue par un parcours professionnel remarquable dans les secteurs associatif et privé. Il a exercé des fonctions dans le développement des organisations à but non lucratif, le coaching exécutif et la gestion de projets, avec une expertise dans l’éducation, la santé et le travail communautaire.
« Je suis profondément convaincu que le service public doit s’appuyer sur une vision inclusive, ancrée dans l’écoute des besoins réels des citoyens », affirme-t-il.
Sa réputation dépasse les frontières du Massachusetts grâce à ses nombreuses interventions dans les médias, conférences, publications et enseignements. M. Semerzier souhaite renforcer la représentation politique de la diaspora haïtienne et bâtir des ponts entre les sphères communautaires, économiques et institutionnelles.
Une représentation historique en jeu pour la diaspora haïtienne
Si tous ces candidats étaient élus, la communauté haïtienne obtiendrait une représentation sans précédent dans plusieurs villes clés du Massachusetts : Boston, Brockton, Everett et Randolph.
Cependant, la forte présence de candidats haïtiens pourrait aussi fragmenter le vote communautaire et réduire les chances globales d’obtenir davantage de sièges, notamment à Brockton. Dans cette ville, deux candidats d’origine haïtienne sont également en lice pour le poste de maire, et plusieurs autres pour les sièges au conseil municipal.
Les électeurs peuvent choisir jusqu’à quatre candidats pour les postes de conseiller municipal général. Toutefois, les données historiques montrent qu’ils sont souvent moins nombreux à utiliser pleinement leurs quatre votes, ce qui pourrait jouer en défaveur d’une représentation renforcée.
Note de la rédaction
Il est important de préciser que cette liste n’est pas exhaustive. Il est fort probable que d’autres candidats, non identifiés par notre rédaction, soient également engagés dans la course électorale. Nous n’avons en aucun cas l’intention de minimiser ou d’ignorer la candidature de nos compatriotes qui aspirent à représenter leurs communautés au sein du Commonwealth. »