Eau potable : le MCI appelle à des mesures urgentes après une étude alarmante

CTN News
Par CTN News
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Port-au-Prince, samedi 7 février 2026_Une étude menée entre août 2025 et janvier 2026 par le Ministère du Commerce et de l’Industrie (Mci) révèle une situation préoccupante concernant la qualité de l’eau de consommation dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et ses environs.

Plus de 92 % des sachets d’eau analysés ne respectent pas les normes en vigueur, notamment en matière d’enregistrement et d’étiquetage.

Selon une note d’information en date du 6 février 2026, face à ce constat alarmant, le Mci, à travers la Direction du Contrôle de la Qualité et de la Protection du Consommateur (Dcqpc), appelle à des actions concrètes, rapides et coordonnées afin de protéger la santé des consommateurs.

Le ministère estime que l’application immédiate de mesures efficaces pourrait permettre de remédier à la situation à très court terme, en attendant la mise en place de solutions structurelles durables.

Pour les eaux conditionnées en sachet, le Mci recommande l’application stricte des règles de Bonnes Pratiques d’Hygiène (Bph), ainsi que des normes relatives au conditionnement, au stockage et au transport. Il préconise également le changement des types de sachets utilisés et la mise en place d’un étiquetage normalisé.

Par ailleurs, les entreprises productrices sont invitées à se doter de personnel technique qualifié et à réaliser des analyses régulières afin de détecter rapidement toute anomalie dans la chaîne de production et d’y apporter les corrections nécessaires.

Concernant les kiosques d’eau, considérés comme une autre catégorie à risque élevé, le ministère exige l’application des avis MCI/JM/DCQPC/0045/09/24 et MCI/JM/DCQPC/0044/09/24.

Il recommande notamment la désinfection régulière des camions-citernes, des réservoirs et des châteaux d’eau, (au moins toutes les deux semaines) , la gestion rigoureuse de la traçabilité, l’installation d’équipements supplémentaires tels que des filtres et des lampes UV, ainsi que la présence de personnel qualifié en traitement et contrôle de la qualité de l’eau.

Les coliformes détectés ne présentent pas de risque majeur immédiat

Le rapport de l’étude sur la qualité de l’eau de consommation précise que les bactéries majoritairement détectées, notamment les coliformes, ne sont pas nécessairement d’origine fécale.

Selon les experts, ces bactéries peuvent provenir de diverses sources et ne représentent pas, à ce stade, un risque imminent et majeur pour la santé de la population en général. Toutefois, les personnes les plus vulnérables, notamment celles ayant un système immunitaire fragile ainsi que les enfants, sont invitées à la prudence. Il leur est recommandé d’éviter la consommation d’eaux ensachées et celles provenant des kiosques non contrôlés.

Le ministère conseille également aux consommateurs de s’informer au maximum avant d’acheter de l’eau, qu’elle soit en sachet, en bouteille ou issue des kiosques.

« Il est préférable de s’approvisionner en eau traitée, conservée dans des récipients propres, désinfectés et hermétiquement fermés. Avoir sur soi un petit bidon d’eau lors des déplacements est aussi recommandé afin d’éviter la consommation d’eau de qualité douteuse. »

Par ailleurs, toute personne présentant des symptômes de gastro-entérite après avoir consommé de l’eau est invitée à déposer une plainte via le système de doléances mis en place par le Ministère du Commerce et de l’Industrie,(https://mci.gouv.ht/doleances.php), afin que des suites appropriées soient engagées,lit-on dans la note .

Menée dans une perspective de protection des consommateurs, cette étude avait pour objectif, selon le ministère, de s’assurer que les eaux mises sur le marché respectent les normes physico-chimiques et microbiologiques en vigueur.

Elle visait notamment à inspecter les entreprises et à contrôler la qualité des eaux, à évaluer la conformité des marques d’eau embouteillée et ensachée aux lois et règlements, à formuler des recommandations aux fournisseurs et aux autorités du Mci pour des mesures correctives, et à informer les consommateurs sur la qualité des produits disponibles.

Réalisée sur une période de six mois , cette étude a porté sur toutes les formes de commercialisation d’eau traitée dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, notamment les bouteilles, sachets, bidons de cinq gallons et kiosques.

Au total, 109 échantillons ont été analysés. Les résultats révèlent à la fois une insuffisance en minéraux essentiels et une contamination bactériologique.

Sur le plan physicochimique, 97,5 % des échantillons présentent une conductivité inférieure à 50 µS/cm, alors que l’Organisation mondiale de la santé (Oms) fixe une valeur seuil de 1 200 µS/cm.

Sur le plan bactériologique, des indicateurs de contamination fécale ont été détectés dans 83,5 % des échantillons, les coliformes totaux étant les plus fréquents, présents dans 97,8 % des échantillons positifs.

Le rapport précise que ces bactéries ne constituent pas nécessairement un danger immédiat pour la santé. En revanche, la présence d’Escherichia coli, principal indicateur de contamination fécale récente, a été relevée dans 15,6 % des échantillons analysés et dans 18,7 % des échantillons positifs, exclusivement dans les sachets d’eau (20 %) et les kiosques (19 %), signalant un risque sanitaire potentiel, notamment pour les personnes vulnérables.

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