Disparitions  de plus de 1200 détenus dans la base publique d’ICE : le centre  » Alligator Alcatraz » au cœur des inquiétudes

CTN News

Près des deux tiers des quelque 1 800 personnes détenues en juillet dans le centre de rétention surnommé « Alligator Alcatraz », en Floride, ne figurent plus dans l’outil de recherche en ligne d’ICE (le Online Detainee Locator System). C’est ce qu’ont révélé le Miami Herald et Democracy Now, s’appuyant sur des relevés effectués ces dernières semaines (24 septembre 2025). Environ 800 détenus auraient purement et simplement disparu de la base publique, tandis qu’environ 450 dossiers n’affichent plus qu’un message invitant à « appeler ICE pour plus de détails », a révélé Miami Herald.

Ces anomalies ont semé la confusion parmi les proches et les conseils juridiques de nombreux immigrants.

Interrogés par Democracy Now, des familles et des avocats expliquent ne pas être en mesure de déterminer si les personnes concernées ont été expulsées, transférées vers d’autres établissements ou maintenues en détention hors de la vue du public.

Cette opacité alimente la crainte d’un « angle mort » administratif où l’accès à l’information — étape préalable à tout recours effectif — se trouve entravé, selon le Miami Herald et Democracy Now.

Le complexe floridien, rapidement affublé du surnom « Alligator Alcatraz » par ses détracteurs, représente un investissement d’environ 2 milliards de dollars, d’après le Miami Herald. Sa mise en service a été accompagnée de plusieurs recours en justice. Un juge fédéral avait ordonné sa fermeture, avant qu’un collège d’appel n’autorise la poursuite des opérations — une séquence qui a renforcé les critiques sur la gouvernance et la supervision du site.

D’après les deux médias, l’ampleur de la « disparition » de dossiers dans l’outil public d’ICE serait sans précédent. L’indexation des détenus dans cette base en ligne constitue, en pratique, l’un des seuls moyens pour les proches et les défenseurs d’identifier rapidement le lieu de détention d’une personne, d’organiser une visite, d’assurer la continuité de la représentation légale, ou de vérifier l’existence d’un transfert ou d’une expulsion en cours. Perdre cette visibilité à grande échelle revient, pour des centaines de cas, à basculer dans une zone grise procédurale où l’initiative revient entièrement à l’administration.

Ce que disent (et ne disent pas) les données accessibles

Les relevés cités par Democracy Now et le Miami Herald font état de deux catégories problématiques :

  • des profils introuvables, qui ne renvoient plus aucun résultat ;

  • des fiches résiduelles, limitées à une mention invitant à prendre contact par téléphone avec ICE pour obtenir des précisions.

Dans les deux cas, précisent les médias, la conséquence est la même pour les familles et les avocats : l’impossibilité de confirmer rapidement la situation réelle des personnes détenues (transfert, expulsions déjà exécutées ou en préparation, maintien dans une autre installation). À ce stade, les articles cités ne rapportent pas de réponse de l’agence susceptible d’expliquer ces défaillances, leur calendrier et leur correction éventuelle.

Sur le plan pratique, cette rupture d’information compromet des démarches essentielles : dépôt de requêtes, demandes de mise en liberté sous caution, organisation d’audiences, recours contre des décisions d’expulsion imminentes. Democracy Now indique que des avocats se disent incapables de localiser leurs clients, une situation qui, dans les faits, peut retarder des procédures urgentes et aggraver la vulnérabilité juridique des personnes concernées.

Les deux médias soulignent que la massification du phénomène — plusieurs centaines de cas simultanés — dépasse le cadre d’un simple aléa informatique. Le Miami Herald rappelle que l’établissement floridien fait déjà l’objet de vives controverses depuis son ouverture estivale et se trouve sous le feu de la contestation judiciaire. Dans ce contexte, l’absence de traçabilité documentée dans l’outil public d’ICE apparaît comme un nouveau front de critique, centré cette fois sur la transparence et la reddition de comptes.

Les reportages ne font pas état, à ce stade, d’un calendrier officiel de correction ni d’un audit public détaillant l’origine des anomalies, leur étendue exacte et les mesures prises pour rétablir les données. Pour les familles et les représentants légaux, la priorité est claire : obtenir la localisation précise des personnes disparues de l’index public et la confirmation, le cas échéant, d’un transfert ou d’une expulsion. Democracy Now et le Miami Herald indiquent que des démarches de vérification se poursuivent, y compris par des organisations de défense des droits.

(Sources : Miami Herald ; Democracy Now, 24/09/2025.)

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