Des agents de l’ICE sont à nouveau accusés d’usage excessif de la force : une intervention musclée en Colorado, filmée par la famille visée, montre une vitre de voiture brisée alors qu’un nourrisson se trouvait à bord.
Une vidéo partagée par Mirror US et d’autres médias américains a suscité de nouvelles inquiétudes concernant les pratiques d’arrestation de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
Les images montrent des agents en civil, masqués, pointant leurs armes et brisant la vitre d’une voiture occupée par un couple et leur nouveau-né d’un mois, à Alamosa, dans le Colorado.
L’incident s’est produit la semaine dernière, après que la famille revenait d’une audience de contrôle au tribunal du comté d’Alamosa concernant leur dossier d’immigration.
Maya England, 21 ans, assise à l’arrière avec le bébé, raconte que trois véhicules SUV banalisés ont commencé à les suivre avant d’activer leurs gyrophares. L’un d’eux s’est déporté pour bloquer la route. À un carrefour, les véhicules ont encerclé leur voiture. Des agents de l’ICE en tenue civile, visages dissimulés, sont alors intervenus, armes pointées.
La séquence filmée par England montre un agent qui ordonne : « Ouvrez la porte ! » Quand elle demande la raison de l’intervention, un agent commence à frapper violemment la vitre avec une matraque jusqu’à la briser. England crie désespérément : « Il y a un enfant ! » puis « Il y a un bébé ! » Un autre agent hurle : « Ouvrez cette putain de porte ». Malgré les supplications de la mère mentionnant la présence d’un nourrisson d’un mois, la situation continue de s’aggraver, selon Mirror US.
Jose Aguilera, le conducteur, qui avait déjà baissé les vitres pour communiquer, finit par sortir et se rendre. Les agents déclarent qu’il fait l’objet d’un mandat pour des questions d’immigration. England demande à voir le mandat, mais on lui suggère de se rendre au bureau de l’ICE. Elle suit alors le convoi jusqu’aux locaux, sans jamais obtenir le document demandé.
D’après Mirror US, Aguilera, citoyen mexicain, a été placé en détention. Il a pu joindre England lundi soir, mais le lendemain, son nom n’apparaissait plus dans le système public de localisation des détenus de l’ICE.
Une intervention aux limites du cadre légal
La situation juridique rend l’incident encore plus complexe. Une législation du Colorado, en vigueur depuis 2020, prohibe à l’ICE d’interpeller des individus à l’entrée ou à la sortie des tribunaux. La famille en question sortait justement d’une visite de contrôle au palais de justice, comme le précise Mirror US. L’ICE n’a jusqu’à présent fourni aucune clarification sur l’incident ni justifié la légalité de son intervention.
La publication de la séquence vidéo par England sur les plateformes sociales a provoqué une vive réaction des organisations de défense des droits des migrants. Tim Macdonald, responsable juridique de l’ACLU du Colorado, décrit la scène comme « extrêmement préoccupante » et estime qu’elle « devrait alarmer chaque citoyen américain », selon Mirror US. Les juristes spécialisés en droit de l’immigration, cités par le média, insistent sur le fait que même avec un mandat, les procédures d’intervention doivent protéger les personnes vulnérables, particulièrement les bébés.
L’incident d’Alamosa s’inscrit dans une série de controverses liées aux pratiques opérationnelles de l’ICE. Mirror US évoque notamment un incident au 26 Federal Plaza à New York, où des journalistes couvrant des arrestations ont été malmenés par des agents fédéraux près d’un tribunal d’immigration : L. Vural Elibol, photographe de l’agence Anadolu, a été hospitalisé après une blessure à la tête, tandis que Dean Moses (amNewYork) et Olga Fedorova (freelance) ont été bousculés, selon les informations rapportées par Documented et amNewYork.
En réponse aux critiques, Tricia McLaughlin, porte-parole adjointe du Department of Homeland Security (DHS), a soutenu les agents, affirmant qu’ils avaient été « encerclés par des manifestants et des journalistes, entravant leurs opérations ».
Elle ajoute : « Les agents ont dû à maintes reprises demander aux manifestants et aux journalistes de se disperser, de circuler et de quitter l’ascenseur ». Elle dénonce également « des émeutiers et des responsables politiques des zones sanctuaires qui incitent les citoyens à entraver les arrestations, créant ainsi des situations dangereuses pour les agents, les personnes arrêtées et le public », selon Mirror US.
À Alamosa, plusieurs questions cruciales restent sans réponse. Notamment concernant l’existence d’un mandat présenté à la famille ou transmis à l’avocat ; la légalité de l’arrestation au regard des protections spéciales accordées lors des déplacements judiciaires ; la localisation actuelle d’Aguilera après sa disparition des registres publics de l’ICE ; et la possibilité d’une enquête interne sur l’emploi de la force en présence d’un bébé.
Dans sa déclaration, England souligne que les agents n’ont pas clairement décliné leur identité avant de briser la vitre et n’ont pas justifié l’immobilisation du véhicule. Elle rapporte n’avoir reçu aucune information lors de sa visite au bureau de l’ICE pour consulter le mandat mentionné pendant l’arrestation. À ce jour, l’agence n’a communiqué aucun calendrier officiel, d’après Mirror US.
La vidéo filmée par England, où l’on perçoit clairement la détresse, est devenue virale. Pour les associations de défense des droits des migrants et certains élus, elle illustre parfaitement la nécessité de questionner l’équilibre entre l’application des lois migratoires et la protection des personnes non-violentes, particulièrement en présence d’un nourrisson.
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Source: Mirror US



