Après Charlottes, l’ICE met désormais le cap sur New Orleans

Emmanuel Paul
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Emmanuel Paul
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Emmanuel Paul est un journaliste chevronné et un conteur accompli, animé par un engagement profond envers la vérité, la communauté et l’impact social. Il est le...

L’opération fédérale de répression de l’immigration déclenchée à Charlotte, en Caroline du Nord, a officiellement pris fin après moins d’une semaine.

Les autorités fédérales s’apprêtent désormais à redéployer des agents et des troupes vers la région de La Nouvelle-Orléans, prochaine cible annoncée des opérations massives d’arrestations menées par l’administration Trump.

Selon le bureau du shérif du comté de Mecklenburg, la police des frontières a confirmé jeudi que l’opération baptisée “Operation Charlotte’s Web”, déployée ces derniers jours dans la plus grande ville de l’État, était désormais close. “Aucun déploiement d’agents n’aura lieu aujourd’hui”, a également précisé le bureau du shérif dans un communiqué.
L’agence fédérale n’a pas répondu immédiatement aux demandes de confirmation.

Une opération éclair au cœur de la Caroline du Nord

L’intervention, commencée le week-end précédent, était la nouvelle étape d’une série de vastes opérations de l’administration Trump visant les grandes villes dirigées par des élus démocrates — de Chicago à Los Angeles. En Caroline du Nord, les agents, parfois lourdement armés et circulant dans des véhicules banalisés, ont procédé à plus de 250 arrestations jusqu’à mardi soir, selon le Department of Homeland Security (DHS).

Mardi, l’opération s’est élargie à des zones situées autour de Raleigh, la capitale de l’État, notamment dans une banlieue où près de 20 % des habitants sont nés hors des États-Unis.

La maire de Charlotte, Vi Lyles, élue démocrate, a salué la fin de l’opération. « Je suis soulagée pour notre communauté, pour nos résidents, nos entreprises et tous ceux qui ont été ciblés ou affectés par cette intrusion », a-t-elle écrit sur X. « Il est essentiel désormais de nous rassembler — non pas comme des groupes divisés par les événements récents, mais comme une seule communauté de Charlotte. »

Climat de peur dans les quartiers immigrés

La stratégie fédérale a rapidement créé un climat d’angoisse dans plusieurs quartiers de Charlotte et de Raleigh. Des commerces ont fermé temporairement, la fréquentation scolaire a chuté et de nombreuses familles ont évité de sortir par peur de tomber sur des agents fédéraux.

Un propriétaire de laverie de Charlotte a affirmé que des clients terrifiés avaient abandonné leurs vêtements dans les machines pour s’enfuir lorsque des agents ont été aperçus dans des magasins voisins. Les scènes se sont multipliées dans la ville. Mercredi, environ 100 manifestants se sont rassemblés devant un magasin Home Depot où des agents fédéraux avaient été vus à plusieurs reprises.

Les autorités fédérales affirment avoir ciblé la Caroline du Nord en raison de ce qu’elles qualifient de « politiques sanctuaires », limitant la coopération entre les forces locales et les agents de l’immigration.

Prochaine étape :La Nouvelle-Orléans

Alors que l’opération de Charlotte s’achève, les autorités fédérales se tournent vers la Louisiane. Selon des responsables fédéraux cités par le Los Angeles Times, la prochaine grande offensive — baptisée « Swamp Sweep » — doit débuter début décembre dans la région métropolitaine de La Nouvelle-Orléans. Jusqu’à 250 militaires et agents fédéraux pourraient être déployés dès vendredi pour cette opération qui devrait durer plusieurs mois.

Cette intensification s’inscrit dans une campagne nationale d’arrestations sans précédent. Depuis janvier, les autorités de l’immigration opèrent dans l’ensemble du pays, portant le nombre de personnes détenues à plus de 60 000, un record absolu. De grandes villes comme Portland, dans l’Oregon, ont enregistré des centaines d’arrestations — plus de 560 rien qu’en octobre — mais des actions plus discrètes ont également eu lieu dans de petites localités.

Une stratégie nationale de longue haleine

Depuis le début de l’année, les opérations quotidiennes menées par les agents de l’immigration touchent tous les États, parfois sans annonce préalable, parfois dans le cadre d’opérations massives telles que celle de Charlotte. Outre les métropoles démocrates, des zones rurales et suburbaines sont également ciblées, contribuant à une hausse des tensions et à une profonde insécurité dans de nombreuses communautés immigrées.

Le reportage du Los Angeles Times précise que plusieurs informations proviennent de journalistes de l’Associated Press. Les reporters Gary D. Robertson et John Seewer ont contribué à ces informations, ce dernier depuis Toledo, dans l’Ohio.

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