Les autorités de la République Dominicaine ont découvert les corps de quatre femmes haïtiennes près de la frontière sud du pays avec Haïti.
Ces ressortissantes haïtiennes ont été tuées et décapitées.
Selon des informations publiées par le journal portoricain El Nuevo Día citées par The Latin Times, ces quatre femmes avaient été expulsées de Porto Rico quelques mois avant leur assassinat.
Leonard Prophil, un leader communautaire qui représente les Haïtiens vivant à Porto Rico, a déclaré que les femmes avaient disparu depuis deux semaines, selon Latin Times.
Prophil a expliqué que les femmes étaient arrivées à Porto Rico en décembre 2024. Elles résidaient dans les quartiers de Barrio Obrero et Puerto Nuevo, deux quartiers de la zone métropolitaine de San Juan où vivent de nombreux immigrants.
« L’une d’entre elles a été expulsée il y a deux mois, et les autres ont été expulsées il y a trois mois et quinze jours », a déclaré Prophil, selon The Latin Times.
Le leader communautaire a expliqué que ces assassinats pourraient être liés à des gangs qui kidnappent des femmes pour exiger des rançons auprès de leurs familles. Souvent, ces familles vivent aux États-Unis.
Prophil n’a pas caché son émotion lorsqu’il s’est adressé à la presse : « Laissez ces gens en paix. Les expulser, c’est les condamner à mort », tel est le message que Prophil a adressé aux autorités américaines qui ont expulsé ces quatre femmes.
Il a poursuivi en demandant au gouvernement américain de réfléchir aux conséquences de ses actions : « Si le gouvernement veut aider, il devrait aider ces personnes à régulariser leur situation, car chaque fois qu’ils expulsent quelqu’un de cette manière, c’est l’envoyer à la mort. »
Les autorités dominicaines arrêtent un suspect
Les autorités de République dominicaine ont annoncé l’arrestation d’un jeune homme haïtien identifié comme Chin Laduse. Il est soupçonné d’être lié à ces crimes.
Selon les premiers rapports, les assassins ont tué les femmes puis jeté leurs corps dans une rivière. Le courant a emporté les corps jusqu’à l’endroit où ils ont été découverts.
Les opérations d’arrestation d’immigrants qui se déroulent à travers les États-Unis ont également atteint des territoires comme Porto Rico.
Depuis plusieurs mois, les agents fédéraux ciblent les communautés et les quartiers connus pour abriter de nombreux immigrants, en particulier des Dominicains et des Haïtiens, selon Latin Times.
Selon un rapport de l’agence EFE, environ 20 000 personnes sans papiers vivent à Porto Rico.
En novembre dernier, le gouvernement de Porto Rico a remis aux autorités fédérales des informations confidentielles concernant environ 6 000 immigrants qui s’étaient inscrits pour obtenir un permis de conduire.
Les données d’immatriculation des véhicules peuvent permettre aux autorités de surveiller les véhicules et les personnes qui y sont associées.
Les agents d’immigration peuvent identifier un(e) conducteur (trice) d’un véhicule en recherchant le numéro de plaque d’immatriculation ou en le suivant grâce aux lecteurs automatiques de plaques.
Lorsque ces informations sont combinées avec des dossiers identifiant la nationalité d’une personne, ces données deviennent un outil puissant pour les autorités d’immigration dans le cadre de leurs efforts d’expulsion, a fait remarqué Latin Times.
Cette tragédie illustre une réalité difficile pour de nombreux Haïtiens : retourner en Haïti aujourd’hui peut être synonyme de la mort, a regretté Leonard Prophil notant que le pays est sous le contrôle de gangs armés qui kidnappent, tuent et extorquent des rançons quotidiennement.
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Crédit : El Nuevo Día, Latin Times, EFE



