À l’initiative de la coprésidente du Caucus haïtien au Congrès américain, une séance de travail s’est tenue ce mardi 20 janvier 2026 sur le dossier du Statut de Protection Temporaire (TPS) des immigrants haïtiens aux États-Unis.
La rencontre a eu lieu à Mattapan, quartier de Boston considéré comme le bastion de la communauté haïtienne au Massachusetts.
Le sénateur démocrate Ed Markey et le député du 6e district du Massachusetts, Seth Moulton, ont pris part à cette activité aux côtés de la députée Ayanna Pressley du 7e district. L’objectif était de recueillir les témoignages des membres de la communauté sur les impacts de la décision de l’administration Trump de mettre fin au Statut de Protection Temporaire pour les immigrants haïtiens.
Pour la députée Ayanna Pressley, cette décision est motivée par une volonté raciste du président Trump et de son cabinet.
Madame Pressley estime que les conditions ne sont pas réunies pour contraindre plus de 350 000 Haïtiens à retourner en Haïti.
C’est également la position du sénateur Markey, qui dénonce le double standard de l’équipe Trump concernant Haïti.
Comment peut-on demander aux Américains de ne pas voyager en Haïti en raison de la situation sécuritaire et, en même temps, prétendre que la situation est totalement propice au retour des Haïtiens, s’est interrogé Ed Markey.
Pour sa part, le député Seth Moulton s’en est pris à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, qu’il a qualifiée de « cruelle et incompétente ».
Les trois parlementaires de l’État de la Baie promettent de tout mettre en œuvre pour protéger le TPS des Haïtiens.
Témoignages et contributions économiques
Plusieurs bénéficiaires du TPS ainsi que des représentants d’organisations de défense des droits des immigrants ont également pris la parole lors de cette séance d’audition, enregistrée dans les archives du Congrès.
Les trois membres de la délégation du Massachusetts ont insisté sur la contribution économique des bénéficiaires du TPS, dont la plupart vivent aux États-Unis depuis plus d’une dizaine d’années.
Le système de santé américain subirait de graves conséquences si les plus de 350 000 Haïtiens devaient perdre leur statut légal, ont averti les parlementaires.
Interrogés sur les discussions en cours au Congrès en vue d’adopter une pétition de décharge qui permettrait de préserver le TPS, les membres de la délégation n’ont pas souhaité entrer dans les détails. « Toutes les options sont à l’étude », ont-ils assuré.
Le leader communautaire, le pasteur Dieufort Fleurissaint, qui a participé à cette activité, affirme être confiant quant à la préservation du TPS.
Il confirme que des démarches sont en cours auprès des parlementaires en vue de voter la pétition de décharge. « La réception est très positive », affirme le docteur en théologie.
Dieufort Fleurissaint indique que d’autres organisations dans d’autres États sont également impliquées dans les discussions sur cette pétition, qui semble être pour l’instant la seule option viable pour protéger le Statut de Protection Temporaire des Haïtiens.
Plusieurs représentants d’autres communautés ont apporté leur soutien à cette activité tenue à Mattapan ce mardi, une date symbolique marquant le premier anniversaire du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.



