2026 : l’administration Trump prépare une intensification sans précédent de la répression migratoire

Emmanuel Paul
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Emmanuel Paul est un journaliste chevronné et un conteur accompli, animé par un engagement profond envers la vérité, la communauté et l’impact social. Il est le...

Après avoir épargné certaines entreprises et usines des raids de l’ICE en 2025, l’administration Trump annonce un revirement : les opérations de déportation seront intensifiées sur l’ensemble du territoire en 2026.
Avec un budget de 170 milliards de dollars et un objectif d’un million d’expulsions par an, le gouvernement américain se dote des moyens d’une campagne de déportation massive. Mais le soutien populaire s’effrite.

L’année 2025 aura été celle d’un tournant historique dans la politique migratoire américaine. Mais selon les plans de l’administration Trump, ce n’était qu’un prélude.

Avec l’adoption du « One Big Beautiful Bill » par le Congrès en juillet dernier et un financement colossal de 170 milliards de dollars alloué à l’application des lois sur l’immigration, les autorités fédérales se préparent à intensifier drastiquement leurs opérations en 2026, rapporte The Inquisitr.

Le gouvernement s’est fixé un objectif clair : expulser un million de personnes par an. Jusqu’à présent, environ 622 000 personnes ont été renvoyées du territoire américain depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, selon Reuters. Mais l’administration considère ce chiffre comme un simple point de départ.

Un arsenal budgétaire sans précédent

Le « One Big Beautiful Bill », adopté avec la voix décisive du vice-président J.D. Vance au Sénat, constitue l’investissement le plus massif jamais consenti par le Congrès américain dans l’application des lois sur l’immigration. Selon le Brennan Center for Justice, ce budget dépasse les dépenses annuelles de l’ensemble des forces de police locales et étatiques des 50 États américains réunis.

L’agence de l’immigration et des douanes (ICE) reçoit à elle seule près de 75 milliards de dollars sur quatre ans, dont 45 milliards pour la construction de nouveaux centres de détention et 30 milliards pour les opérations d’arrestation et d’expulsion. « Le projet de loi va surcharger l’application des lois sur l’immigration », a déclaré Kathleen Bush-Joseph, avocate au Migration Policy Institute, à CBS News.

Cette manne financière permettra notamment à l’ICE de recruter 10 000 nouveaux agents, doublant ainsi ses effectifs actuels. L’agence prévoit également l’achat de nouveaux avions, dont un Boeing 737, pour accélérer les vols d’expulsion, indique The Inquisitr.

Des raids étendus à l’ensemble du territoire

En 2026, l’administration prévoit d’étendre ses opérations d’arrestation à davantage de villes, y compris dans les « villes sanctuaires » qui limitent traditionnellement leur coopération avec les autorités fédérales d’immigration. Les raids sur les lieux de travail, partiellement épargnés cette année en raison de leur impact économique, seront désormais menés « à plein régime », selon The Inquisitr.

Le gouverneur démocrate de l’Illinois, JB Pritzker, a vivement critiqué ces opérations lors d’une interview avec NBC Chicago. « Ils appellent ça de l’application de la loi. Nous appelons ça du harcèlement », a-t-il déclaré. « Nous ne savons pas combien de temps ils resteront. Il semble qu’ils soient là pour au moins quelques jours, sinon plus. »

L’American Immigration Council note que le budget prévoit également 13,5 milliards de dollars pour rembourser les États ayant participé aux efforts d’application des lois sur l’immigration, notamment le Texas pour son opération « Lone Star » et la Floride pour la mise à disposition de centres de détention comme le controversé « Alligator Alcatraz » dans les Everglades.

Les citoyens légaux également visés

L’intensification de la répression ne concerne pas uniquement les personnes en situation irrégulière. Selon The Inquisitr, l’administration a donné instruction aux services de citoyenneté et d’immigration (USCIS) de traiter entre 100 et 200 dossiers de dénaturalisation par mois — contre une moyenne de seulement 11 cas entre 1990 et 2017.

Des cas de conjoints de résidents permanents ou de citoyens américains contraints de quitter le pays ont été signalés, tout comme des vétérans de l’armée américaine visés par des procédures d’expulsion, rapporte The Inquisitr. Ces situations alimentent les critiques des organisations de défense des droits civiques.

Sarah Mehta, directrice adjointe des affaires gouvernementales de l’ACLU, a qualifié le projet de loi budgétaire de dangereux. « Avec plus de 170 milliards de dollars, l’ICE deviendra la plus grande agence d’application de la loi aux États-Unis, avec un budget supérieur à celui de la plupart des armées du monde », a-t-elle déclaré à Newsweek. « Armée de ce financement, cette administration pourra multiplier ses raids violents et détenir plus de 750 000 enfants, parents et résidents de longue date. »

Un soutien populaire en déclin

Malgré la rhétorique triomphante de l’administration, le soutien de l’opinion publique à ces politiques s’érode.

Selon un sondage AP-NORC de décembre 2025, seuls 38 % des Américains approuvent désormais la gestion de l’immigration par Trump — une chute de 11 points depuis mars. Chez les électeurs indépendants, ce chiffre tombe à 26 %, rapporte MS NOW.

The Inquisitr note une tendance similaire : alors que 50 % des Américains soutenaient l’agenda anti-immigration de Trump en mars, ce chiffre est tombé à 41 % à l’approche des fêtes.

Un sondage CBS News/YouGov de juillet 2025 révèle que 51 % des Américains désapprouvent désormais le programme de déportation de l’administration, contre 41 % en février. Les divisions partisanes restent toutefois marquées : seuls 9 % des républicains s’opposent à ces politiques, contre 59 % des indépendants et 86 % des démocrates, selon le Chicago Council on Global Affairs.

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Les élections de mi-mandat en ligne de mire

À moins d’un an des élections de mi-mandat de 2026, certains observateurs espéraient un assouplissement de la politique migratoire. Il n’en sera rien. L’administration a clairement indiqué que la répression s’intensifierait l’année prochaine, les fonds du « One Big Beautiful Bill » devant être dépensés d’ici 2029.

Le Brennan Center for Justice qualifie cette évolution de création d’un « complexe industriel de la déportation ». L’organisation note que malgré ces investissements massifs, moins de 8 % du budget de 170,7 milliards de dollars sera consacré au traitement des dossiers par les tribunaux de l’immigration, créant un déséquilibre entre les moyens de répression et les garanties procédurales.

Pour les millions de personnes en situation irrégulière aux États-Unis, mais aussi pour les immigrants légaux et même certains citoyens, 2026 s’annonce comme une année de tous les dangers.

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Sources: The Inquisitr (Jashandeep Singh), Reuters, CBS News, Brennan Center for Justice, Migration Policy Institute, Newsweek, NBC Chicago, AP-NORC

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