Cette interview a été réalisée le mercredi 23 février, la veille de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Avant le début de l’offensive russe contre l’Ukraine, jeudi 24 février, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne, le Japon et le Canada ont annoncé une série de sanctions contre Moscou. Les Occidentaux espèrent ainsi faire pression sur la Russie, qui a reconnu lundi l’indépendance des séparatistes prorusses dans le Lougansk et le Donetsk, dans l’est de l’Ukraine.
Mais quel poids ont ces sanctions face au géant russe ? Pour le savoir, Franceinfo a interrogé David Teurtrie, docteur en géographie et chercheur associé au Centre de recherches Europes-Eurasie (Cree) de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Il est l’auteur de Russie – Le retour de la puissance, paru en 2021.
Franceinfo : A quoi servent les sanctions contre la Russie ?
David Teurtrie : C’est un acte d’abord politique qui a des conséquences économiques. Les sanctions permettent de marquer la désapprobation des pays occidentaux envers les méthodes russes, notamment la reconnaissance par Moscou de l’indépendance des républiques séparatistes du Donbass.
Elles permettent aussi d’en rester là et de ne pas intervenir au niveau militaire. Les Européens et les Américains ont fait comprendre qu’ils n’enverraient pas de soldats. Il y a des ventes et des livraisons d’armes, mais pas d’intervention occidentale.
D’autres mesures plus coercitives seraient compliquées à mettre en œuvre, car face à l’Occident se trouve quand même la deuxième puissance nucléaire mondiale.
Ces sanctions sont-elles inédites ?
Non, les Occidentaux prononcent des sanctions régulièrement contre la Russie. Les premières sanctions ont été annoncées au tout début de la crise ukrainienne de 2014. Assez faibles après l’annexion de la Crimée, elles sont devenues plus lourdes avec le conflit dans le Donbass, tout en restant mesurées. L’Union…


