Envoi de militaires en Haïti: des officiels américains peinent à donner une réponse définitive

CTN News

La crise haïtienne a encore été au menu ce jeudi 13 octobre lors d’une grande conférence de presse réunissant des personnalités influentes du département d’état américain dont le secrétaire d’état Antony Blinken et ses homologues des départements de l’intérieur et de la justice sur la sécurité globale du monde.

Le chef de la diplomatie américaine en a profité pour revenir sur les déclarations tenues le mercredi 12 octobre sur la situation d’Haïti ayant trait notamment aux sanctions annoncées contre des personnalités haïtiennes qui soutiennent les gangs armés.

‘’Nos nations travaillent […] côte à côte avec les Nations-Unies pour faire avancer une résolution cruciale qui sanctionnera les responsables de la violence des gangs, la corruption et les violations des droits de l’homme en Haïti, alors que le pays connaît une dangereuse résurgence du choléra et une insécurité généralisée” a déclaré Antony Blinken devant un parterre de journalistes.

À la question de savoir si l’administration Biden envisage d’envoyer des troupes en Haïti, le diplomate a voulu bien saisir le sens de la question avant de se lancer dans ce que plus d’un qualifient de réponse diplomatique.

‘’En ce qui concerne Haïti, le peuple haïtien est confronté à une situation incroyablement difficile et à une multiplicité de problèmes : plus récemment, bien sûr, l’épidémie de choléra mais, plus largement, un problème profond en termes d’insécurité, où de grandes parties de la capitale et d’autres parties d’Haïti sont en fait contrôlées par des gangs et non par l’État’’, analyse-t-il.

Pour taper dans le vif du sujet, le numéro 3 de l’administration américaine estime que ‘’si l’on ne traite pas efficacement ce problème d’insécurité, il est très difficile de relever les autres défis ; considérant que les ports et les routes sont bloqués’’. Ainsi selon M Blinken ‘’certaines des choses nécessaires pour faire face à l’épidémie de choléra ne peuvent tout simplement pas être acheminées là où elles doivent l’être’’.

Jusque-là aucune réponse définitive et claire de l’administration américaine sur l’envoi des troupes en Haïti en vue d’aider le pays à surmonter ce défi de taille qu’est la terreur des gangs qui empêchent la circulation des biens et des personnes.

Toujours dans une logique de langue de bois, Blinken indique que’’ nous (les États-unis, ndlr) travaillons ensemble et avec d’autres pays depuis un certain temps pour faire un certain nombre de choses. L’une d’entre elles est d’augmenter la capacité de la police nationale haïtienne ; l’autre, dit-il est de soutenir un dialogue politique avec le premier ministre, avec le groupe Montana, avec d’autres parties prenantes, pour essayer de faire avancer Haïti vers des élections’’, fin de citation.

C’était aussi l’occasion pour le secrétaire d’Etat américain de revenir sur les annonces concernant la lutte ‘’efficace contre l’insécurité’’.
‘’Nous avons donc travaillé ensemble avec les Nations Unies, y compris cette semaine, pour imposer des sanctions à ceux qui agissent en faveur de la violence et des gangs a-t-il redit reprenant les mêmes thèmes communiqués dans sa note annonçant les sanctions dont les suspensions de visas pour ceux et celles soutenant les gangs en Haïti.

Selon Antony Blinken, il est nécessaire de prendre des mesures pour soutenir efficacement la police nationale haïtienne et voir si la communauté internationale peut faire d’autres choses pour aider Haïti à assurer efficacement sa sécurité. C’est exactement ce que nous sommes en train d’examiner dit-il arguant que les États-unis sont en discussion avec les différents pays de l’hémisphère et au-delà, et bien sûr nous en parlons aux Haïtiens’’ a-t-il conclu.

Il faut rappeler par ailleurs que l’assistant secrétaire d’état américain Brian Nichols s’est entretenu mercredi 12 octobre avec les représentants de l’accord de Montana, le premier ministre Ariel Henry, des membres du secteur privé et des représentants d’organisations de la société civile. Ces rencontres se sont déroulées autour ‘’du besoin urgent de faire face à l’épidémie de choléra et au blocage du carburant qui entravent la réponse humanitaire’’ à t-on appris via un message posté sur compte Twitter Brian Nichols dans lequel il a indiqué que ‘’les parties prenantes doivent développer de toute urgence un consensus sur un accord menant à l’amélioration de la sécurité, des élections et de la prospérité pour tous les Haïtiens.’’

Notons que ces prises de paroles et visites en Haïti des officiels américains interviennent dans un contexte où la population ne cesse de gagner les rues pour dénoncer l’insécurité, exiger la basse des prix du carburant et surtout réclamer la démission du premier ministre de facto Ariel Henry au pouvoir depuis plus d’un an avec le support de la communauté internationale et des États-Unis en particulier.

Share This Article